Docteurs en sciences du mouvement humain, Mélanie et Jérôme Vaulerin de Monaco Care Concept vous expliquent l’impact des additifs sur la santé.
Acide citrique (E330), nitrites (E249 et E250), benzoate de sodium (E211), acide ascorbique (E300) sont autant d’additifs alimentaires ajoutés intentionnellement aux aliments par les industries agroalimentaires pour exercer certaines fonctions spécifiques. Leurs rôles sont multiples : allonger la conservation, rehausser le goût, ou encore colorer un aliment. Si certains additifs sont naturels (comme les amidons), d’autres sont synthétisés par l’industrie chimique. Il est important de noter qu’entre 30 à 60 % de l’apport énergétique total des adultes proviendrait d’aliments industriels (ultra-transformés) et qu’en moyenne, une personne consommera environ 4 à 5 kg d’additifs alimentaires par an, principalement à travers les produits transformés et les boissons.
Y compris dans le dentifrice !
S’ils sont présents dans de nombreux aliments industriels et transformés, notamment dans les biscuits, les crèmes desserts, les viennoiseries, les bonbons, les chewing-gums, on en trouve également… dans le dentifrice. Par exemple, on peut retrouver du E171 (dioxyde de titane) dans certains dentifrices, considéré comme un agent blanchissant pourtant interdit en France dans l’alimentaire depuis 2020 et 2022 pour l’Union européenne ! A l’origine de cette interdiction, un risque avéré pour la santé. En effet, ces nanoparticules invisibles à l’œil nu s’accumuleraient dans l’organisme et augmenteraient le risque de cancers. Le E171 était présent dans les confiseries, certaines pâtisseries et plats cuisinés industriels. Depuis plusieurs années, les autorités sanitaires mettent donc en garde les consommateurs vis-à-vis des aliments ultra-transformés. C’est une consommation importante et régulière d’additifs qui s’avère néfaste pour la santé. Prenez donc l’habitude de bien lire les étiquettes alimentaires afin de bien les identifier et d’en limiter leur consommation.
Quels sont leurs effets sur la santé ?
De nombreuses études ont montré que ces additifs peuvent être responsables de maladies cardiovasculaires, de cancers, et/ou de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (maladie de Crohn ou rectocolite hémorragique). Les émulsifiants alimentaires (exemples : E339 phosphates ; E322 lécithines ; amidon modifié) seraient quant à eux associés à des troubles métaboliques, à une surcharge pondérale, et à un état inflammatoire au niveau de l’intestin. Les émulsifiants perturberaient le microbiote intestinal en favorisant l’accès de bactéries pathogènes à la barrière intestinale, et augmenteraient potentiellement le risque de cancer colorectal. Ainsi, privilégier une alimentation équilibrée et naturelle autant que possible permet de limiter ces effets.
Classement : les différentes familles d’additifs
L’usage des additifs alimentaires est strictement réglementé au niveau européen, et impose aux industries agroalimentaires que leur présence soit obligatoirement indiquée dans la liste des ingrédients, soit sous leur forme abrégée composée de la lettre E suivie d’un numéro (E249) permettant d’identifier rapidement la catégorie, soit sous leur forme complète nominative (nitrites de potassium).
Les additifs sont classés en différentes catégories :
• Les colorants (E100 – E199)
• Les conservateurs (E200 – E299) qui empêchent le développement des bactéries et autres micro-organismes.
• Les antioxygènes (E300 – E399) qui agissent contre les réactions d’oxydation,
• Les agents de texture (E400 – E499) incluant les épaississants, les gélifiants et les stabilisants.
• Les régulateurs d’acidité (E500 – E599) qui agissent comme des antiagglomérants, des agents levant, des stabilisants ou des épaississants.
• Les exhausteurs de goûts (E600) qui intensifient le goût d’un aliment.
