vendredi 13 mars 2026
plus
    AccueilInfosSociétéJeunes diplômés à Monaco : voici les secteurs qui recrutent

    Jeunes diplômés à Monaco : voici les secteurs qui recrutent

    -

    Créée en 2010, la Commission d’insertion des diplômés (CID) aide la jeunesse de la Principauté — et désormais celle des communes limitrophes — à trouver un stage, une alternance, ou un premier emploi à Monaco. Comment ces jeunes lycéens et étudiants sont-ils accompagnés dans le grand bain de la vie active ? Quels sont les secteurs d’activité qui recrutent et ceux qui embauchent peu en Principauté ? Et quel est l’intérêt des entreprises monégasques à collaborer avec cette commission ? L’Obs’ vous dit tout.

    Un diplôme en poche, mais pas de travail au bout… C’est souvent l’amère réalité que vivent de nombreux jeunes fraîchement diplômés. Pour épauler cette jeunesse qui s’apprête à faire le grand saut dans la vie active, il existe à Monaco depuis 15 ans la Commission d’insertion des diplômés (CID) devenue une passerelle essentielle entre les jeunes de la Principauté et les entreprises locales. Son rôle ? Aider les lycéens, étudiants à décrocher un stage, une alternance ou un premier emploi à Monaco. Depuis 2010, la structure a suivi 2 480 jeunes : 607 ont été accompagnés avec succès, dont 359 Monégasques. À l’origine centrée sur les nationaux et les résidents, cette commission a récemment élargi son champ d’action aux communes voisines. « Nous avons récemment fait évoluer les textes de la CID, précise en effet Christophe Robino, conseiller de gouvernement aux Affaires Sociales et à la Santé. Désormais, les jeunes des communes limitrophes ayant suivi leur scolarité secondaire ou supérieure à Monaco peuvent eux aussi bénéficier de ces services. »

    Depuis 2010, la Commission d’insertion des diplômés a suivi 2 480 jeunes : 607 ont été accompagnés avec succès, dont 359 Monégasques. © Image Foto / Shutterstock

    Près de 270 entreprises partenaires

    Pour faire en sorte que cette jeunesse fasse un premier pas dans le monde du travail, des entreprises partenaires sont essentielles. Elles sont à l’heure actuelle au nombre de 269. Quel est l’intérêt pour elles de collaborer avec cette commission ? « Les entreprises partenaires reçoivent uniquement des profils que ma collaboratrice ou moi-même avons rencontrés en entretien au préalable. Nous leur proposons ainsi un vivier de jeunes disponibles sur le marché. Concrètement, nous n’adressons jamais de CV sans avoir d’abord échangé avec le candidat, ne serait-ce qu’un minimum, sur son projet professionnel. Cela constitue déjà une première garantie de sérieux et de pertinence », indique Héloïse Boin, responsable de la CID. L’autre avantage est financier. Une entreprise monégasque peut bénéficier, pendant deux ans maximum, du remboursement intégral de ses charges sociales patronales. Mais l’aide n’est accordée qu’à certaines conditions. Le recrutement doit se faire sous contrat à durée indéterminée ou déterminée d’au moins deux ans. Aucun lien de parenté, jusqu’au quatrième degré, ne doit exister entre le salarié embauché et les responsables de l’entreprise. Enfin, le poste ne peut en aucun cas servir à remplacer un salarié licencié (1).

    © Photo Drozdin Vladimir / Shutterstock

    Les secteurs porteurs : finance, yachting, numérique…

    La Commission d’insertion des diplômés (CID) a aussi un autre rôle : faire en sorte que les lycéens et les étudiants évitent de futures impasses professionnelles. « Nous menons des actions auprès des lycéens pour leur parler de l’employabilité à Monaco et pour éviter qu’ils ne s’engagent dans des cursus qui ne seraient pas porteurs en Principauté », explique Héloïse Boin. Quels sont alors les domaines qui affichent une forte dynamique de recrutement sur le territoire monégasque ? Le yachting, la finance, les métiers comptables, le numérique, ainsi que la bureautique et les fonctions de secrétariat, d’assistanat ou de management, sont des secteurs qui recrutent fortement. « Il existe d’ailleurs d’excellentes formations à Monaco dans ces domaines, rappelle la responsable de la structure. Mais ces jeunes diplômés, nous avons du mal à les accompagner, car dès la fin de leur formation, ils sont immédiatement embauchés. Ils n’ont pas besoin de nous pour trouver un emploi. » La commission mène également des actions de découverte auprès des jeunes pour susciter des vocations. « Nous mettons en avant certains secteurs ou métiers en tension, vers lesquels les jeunes ne s’orientent pas spontanément, comme la comptabilité. La mission de la Commission consiste notamment à organiser des journées découverte, par exemple, une visite d’un cabinet comptable en Principauté avec les lycéens, afin de susciter des vocations. Dans le même esprit, nous avons également valorisé les métiers juridiques : les élèves ont ainsi pu visiter le Palais de justice et assister à une audience. » Bien sûr, comme partout en France, les secteurs de la santé et du social de manière générale, sont très demandeurs, notamment pour des postes d’infirmiers, d’aides-soignants, ou encore d’éducateurs …

    Des filières saturées : marketing, mode, ostéopathie…

    En ce qui concerne les secteurs qui recrutent peu ou pas à Monaco, le marketing est l’un d’eux. « Ce qui le rend complexe, c’est aussi le grand nombre de jeunes formés dans cette spécialité. On observe la même difficulté pour les métiers liés à la mode, rajoute Héloïse Boin. De nombreux diplômés s’y engagent, mais ce sont des carrières qui demandent souvent de commencer dans de grandes capitales à l’étranger, avant d’envisager un retour. À Monaco, l’insertion dans ces parcours reste compliquée. » Quid du secteur immobilier ? Dans un pays où le m² est le plus cher au monde, l’activité fait forcément rêver, mais le secteur reste plutôt inaccessible aux jeunes diplômés. Secteur réglementé, il repose sur un marché très concurrentiel, des transactions à plusieurs millions et une clientèle exigeante qui attend expertise et discrétion. Autant de critères qui favorisent les profils expérimentés au détriment des débutants. Pour les jeunes, l’entrée se fait généralement par des postes opérationnels ou de back-office, avant de gravir les échelons. En revanche, des opportunités existent dans les métiers de la gestion immobilière ou du syndic, encore peu connus mais porteurs pour les nouvelles générations.

    Ostéopathie : un trop-plein résolu

    L’ostéopathie illustre également les limites de certains choix d’orientation. Ces dernières années, leur nombre n’a cessé de croître à Monaco, au point que la Principauté a atteint un record mondial : un ostéopathe pour 2 000 habitants. Cette profession a séduit de nombreux jeunes, car elle représentait une alternative aux longues études de médecine ou d’autres filières de santé. Mais le revers de la médaille est vite apparu : face à une offre trop importante, il devenait presque impossible d’ouvrir de nouveaux cabinets sur le territoire monégasque, faute de place. « Le problème a été résolu, assure toutefois sur ce point Christophe Robino. Nous n’orientons plus activement les jeunes vers cette discipline, comme cela a pu être le cas par le passé. Par ailleurs, à l’instar de ce qui a été fait pour d’autres professions de santé, j’ai autorisé l’exercice sans cabinet fixe. Concrètement, neuf jeunes ostéopathes qui peinaient à lancer leur activité peuvent désormais exercer uniquement à domicile. Ils n’ont donc plus besoin d’une adresse professionnelle, et cela fonctionne très bien. » Ainsi les difficultés exprimées par les jeunes liées au coût élevé d’un local, au manque de patientèle ou à l’impossibilité de démarrer une activité, faute d’un local, sont désormais plus rares. « Nous avons modifié les textes pour les ostéopathes, mais aussi pour plusieurs professions paramédicales ou auxiliaires de santé. Ces professionnels peuvent ainsi débuter leur activité sans cabinet, en travaillant essentiellement à domicile, ce qui a grandement simplifié les choses. »

    (1) L’aide octroyée est directement payée trimestriellement à l’employeur, en remboursement de la totalité des charges patronales versées auprès des organismes sociaux.

    CID : les chiffes à retenir

    En 2024, 183 jeunes ont été reçus par la CID, dont 75 Monégasques :

    98 jeunes ont été insérés avec succès dans le monde professionnel, parmi lesquels :

    75 dans le secteur privé (26 MC – 49 autres nationalités)
    23 dans le secteur public (dont 16 MC).

    Le réseau de la CID compte désormais 269 entreprises partenaires. Les filières plébiscitées par les jeunes concernent le marketing, suivi par la finance, l’architecture et les arts. Toutefois, les métiers en tension identifiés par les entreprises partenaires concernent les secteurs du juridique, de la comptabilité, de l’administratif RH et du bâtiment.

    -

    Les dernières news

    L’Observateur de Monaco

    Créé en 2005, L’Observateur de Monaco s’est progressivement imposé comme un rendez-vous mensuel d’information et d’analyse consacré à la vie de...

    Plongée nostalgique dans le Monaco des années 50 à 70

    C’est une immersion dans le Monaco d’hier. À travers un document baptisé Florilège d’actualités monégasques filmées par TMC, la plateforme de l’Institut audiovisuel de Monaco a exhumé des mini-reportages tournés entre 1956 et 1974 par Télé Monte-Carlo.

    Sécurité, projets pour le Devens, salles de prières, relations avec Monaco… Les propositions des candidats aux municipales de Beausoleil

    De la sécurité au réaménagement du Devens, en passant par la question des lieux de prière, les candidats aux municipales de Beausoleil déclinent leurs priorités et leurs propositions.

    La Sélection

    Activités immobilières à Monaco : le grand ménage législatif

    Avec plus de 160 agences immobilières, une surreprésentation de marchands de biens, et une multitude d’intermédiaires non autorisés, une concurrence féroce et parfois déloyale se joue. Pour professionnaliser et encadrer ce secteur central de l’économie monégasque, deux textes de loi ont récemment émergé avec des mesures clés : obligation d’une résidence effective à Monaco, fin des prête-noms, mandat écrit obligatoire, ou encore carte professionnelle et formation continue. Voici ce qu’il faut retenir.

    Monaco veut défendre son image à l’international face aux critiques

    Face à des articles de presse considérés comme « dévalorisants », le gouvernement monégasque et le Conseil national souhaitent mettre en place une communication plus proactive à l’international pour défendre l’image de la Principauté.

    De plus en plus de jeunes et de familles s’installent en Principauté

    Si la Principauté a longtemps accueilli une clientèle plutôt âgée, une bascule s’est visiblement opérée. De plus en plus de jeunes entrepreneurs et de familles en quête de stabilité et de qualité de vie souhaitent désormais poser leurs valises à Monaco. Un rajeunissement qui ne change pas l’ADN d’un marché fondé sur la valeur patrimoniale.