Monaco a décidé de déconfiner et d’autoriser l’ouverture des commerces, le 4 mai, soit une semaine avant la France. Alors que la Principauté a souvent suivi le rythme et le calendrier français, pourquoi cette fois-ci, le territoire monégasque s’est-il démarqué et a-t-il anticipé ? Selon le président de l’UCAM, Nicolas Matile-Narmino, « il y a eu une énorme pression du monde économique monégasque ». Une fronde même se préparait… « Nous étions nombreux à dire — et j’en fais partie — que l’on ouvrirait nos commerces dans tous les cas le 4 mai. Quitte à faire de la désobéissance civile. » Selon ce professionnel, la date du 4 mai était même bien trop tardive. Les commerces de rue auraient dû ouvrir, selon lui, bien plus tôt. « 70 % des magasins à Monaco ne sont pas des enseignes et ce sont des boutiques qui ont une fréquentation journalière très raisonnable. On n’accueille pas des centaines de clients par jour comme la Fnac, Carrefour ou Sephora, qui, effectivement, brassent beaucoup de monde. Dans la plupart des commerces à Monaco, sur 10 heures d’ouverture, il doit y avoir 2 à 5 clients par heure. Dans ces circonstances, les mesures barrières et la distanciation sociale ne sont pas compliquées à respecter. Il aurait donc fallu dans les 15 jours ou trois semaines suivant le début du confinement, remettre les gens au travail avec, bien sûr, des mesures sanitaires. D’autant qu’à Monaco, il y a eu très peu de malades du Covid-19. » Le président de l’UCAM cite notamment la Suède, la Hollande, ou encore la Suisse, pays dont les commerces n’ont pas fermé durant la crise sanitaire, ou ont ouvert bien plus tôt « A Monaco et en France, on a tout bonnement tué l’économie », regrette-t-il. Cette pression du monde économique monégasque, le directeur du Monaco Economic Board (MEB) l’a également constatée et ressentie. La date du 4 mai était dans toutes les bouches : « La plupart des entreprises nous ont dit qu’elles peuvent résister à deux mois d’inactivité, grâce à un peu de trésorerie, mais pas au-delà, au risque de couler. Nos membres nous l’ont dit clairement. L’économie dicte ceci : soit on ouvre le 4 mai, soit on va vers un clash massif », nous expliquait il y a quelques semaines Guillaume Rose.
