À Villefranche-sur-Mer, la disparition des commerces de proximité agace les habitants permanents. La mairie a décidé de se saisir du problème en achetant des locaux vacants. Après un diagnostic précis de la situation, elle pourra ainsi choisir elle-même l’offre commerciale.
A Villefranche-sur-Mer, le déclin progressif de la population résidente, attriste les habitants restants qui regrettent de voir leur ville s’éteindre pendant l’hiver. Une impression de « ville morte » qui s’accentue d’année en année avec la fermeture progressive des commerces de proximité. Rencontrée en novembre dans l’un des seuls cafés ouverts à cette période, une septuagénaire raconte : « Je suis ici depuis toujours. Je ne veux pas partir, mais ça devient compliqué. Il n’y a pas de supermarché, plus de banque, une seule boulangerie qui n’est pas toujours ouverte… Je dois appeler mon fils quand j’ai besoin pour qu’il m’emmène à Beaulieu ». Le propriétaire du café, lui, nous a confié qu’il songeait à fermer l’hiver à partir de l’année prochaine comme la plupart des restaurateurs villefranchois faute de clientèle suffisante.
Un diagnostic pour identifier les besoins
Outre l’offre de restaurants qu’il juge satisfaisante, Christophe Trojani, le maire de la ville, admet une carence en petits commerces. « Nous avons demandé à la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI) de Nice de nous aider à établir un diagnostic précis pour pouvoir apporter des correctifs adaptés », a-t-il dévoilé à L’Obs’. Ce travail permettra d’identifier les besoins spécifiques de chaque quartier. « Nous avons une boulangerie et une boucherie place de la Paix, mais peut-être qu’il en faut aussi dans la vieille ville par exemple, il y en avait avant. Il ne reste effectivement qu’une banque au col de Villefranche, mais il y en a cinq à Beaulieu qui est tout près et nous avons installé des distributeurs automatiques de billet. Est-ce qu’il faut obligatoirement en avoir d’autres ? Je ne sais pas. La CCI nous le dira », a-t-il poursuivi. Même chose pour le supermarché.
La ville veut pouvoir décider de l’offre commerciale
La municipalité a récemment acquis une ancienne pharmacie et une ancienne agence bancaire. Elle a également récupéré, près de l’église, le local autrefois occupé par la Maison des Jeunes. Ces locaux stratégiques seront rénovés et mis à disposition à la location pour de nouveaux commerces de proximité. « Une fois le diagnostic de la CCI livré, nous choisirons à qui nous les louerons en fonction des besoins de la population », a assuré l’élu. Reste à espérer qu’il y aura des candidats. La mairie pourra par ailleurs utiliser des terrains lui appartenant, notamment près de la maison de retraite, de la gare ou encore des établissements Durand, à l’entrée de la ville. « Ces projets nécessitent de monter une déclaration d’utilité publique, c’est du travail, mais nous avons les espaces et la volonté », a promis le maire.
18 agences immobilières
Avec un marché immobilier aussi lucratif, il y a en revanche une activité sur-représentée à Villefranche-sur-Mer, c’est l’immobilier. 18 agences, pour une commune de 5 000 habitants « bien sûr que c’est beaucoup trop, la commune n’a pas besoin de ça », déplore le maire. « Mais on ne peut pas empêcher une agence d’ouvrir comme le fait Monaco. Le maire d’une commune n’a pas la même marge de manœuvre que Monseigneur le Prince… », a-t-il terminé.
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