C’est une situation à laquelle tous les restaurateurs de la Principauté ont été confrontés… Lorsque le gouvernement a décidé la fermeture le samedi 14 mars des restaurants et des bars, la question s’est posée de savoir, que faire des denrées alimentaires ? Les professionnels du secteur à Monaco se sont retrouvés avec des stocks colossaux sur les bras. « Ce fut une très grosse perte car nos stocks étaient pleins, se souvient Iacopo la Guardia, à la tête du Bella Vita et du Jack. Dans notre esprit, nous allions affronter une semaine normale. Tous les produits périssables ont donc été donnés aux employés et à des personnes que l’on connaissait. Mais entre le Jack et le Bella Vita, nous avions, à l’achat, entre 8 000 et 10 000 euros de marchandises. » En revanche, ce restaurateur n’a pas souhaité congeler les denrées, car ses établissements n’utilisent que des produits frais. De son côté, dès l’annonce de la fermeture, Riccardo Giraudi a appelé les directeurs de tous ses restaurants et donné l’ordre de faire le ménage et de stocker la marchandise qui pouvait l’être. « On a donné beaucoup de denrées périssables aux employés et on a fermé. On le sentait venir, car l’Italie avait fermé et la France avait commencé à fermer aussi. On savait qu’on n’allait pas y échapper. On s’y attendait », a-t-il expliqué. Même si la fermeture a été effective le 14 mars à minuit, du personnel a tout de même dû revenir les jours suivant la fermeture pour ranger et nettoyer les établissements. Le personnel présent a donc été nourri avec les stocks encore disponibles. « Ensuite, certains restaurateurs ont transformé les produits pour les stocker, d’autres en ont donné un peu à leurs salariés ou à des associations caritatives », a constaté de son côté Jean-Pierre Messy, secrétaire général du syndicat des cuisiniers et pâtissiers, affilié à l’USM.
Plexiglas : une option trop onéreuse ?
Comment respecter la distanciation physique dans les bars ou les restaurants ? Les établissements monégasques ont surtout opté pour un espacement entre les tables d’1 m 50 (et de 50 centimètres sur une même table). L’option d’utiliser des plexiglas a en revanche vite été balayée. « Nous n’allons pas mettre de plexiglas pour deux raisons : la première est qu’ils sont très chers. Un plexiglas d’une hauteur convenable coûte entre 500 et 700 euros l’unité, explique Iacopo la Guardia. Nous n’avons pas la force monétaire actuellement pour faire un tel achat. De plus, les délais de livraison sont très longs. Environ un mois. D’ici à ce qu’on les reçoive, il n’y aura peut-être même plus les distances à respecter… » Sur le Rocher dans le bistrot français Le Petit Bar, pas de plexiglas non plus car « cela casse vraiment l’ambiance du restaurant », estime le gérant, John Contente. Dans les restaurants de Flavio Briatore, pas de vitre de séparation non plus, « car les établissements sont suffisamment grands pour pouvoir espacer les tables », nous explique-t-on.
