mercredi 29 avril 2026
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    Les malades psychiatriques ont « 10 à 20 ans d’espérance de vie en moins »

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    L’espérance de vie des patients atteints de troubles psychiatriques serait réduite de 10 à 20 années. Plusieurs spécialistes de la Principauté expliquent les causes majeures de ce problème de santé publique.

    C’est un constat qui est communément admis dans la communauté médicale. L’espérance de vie des patients atteints de troubles psychiatriques est réputée moindre (de 10 à 20 années) qu’en population générale, toutes catégories de pathologies mentales confondues. Les causes sont multiples, et se cumulent parfois : « L’espérance de vie de ces patients est réduite en raison notamment d’une mauvaise qualité et hygiène de vie. Une part vient également de la pathologie en elle-même qui isole. Ces patients ont du mal à sortir et à communiquer. Il y a également une part iatrogène (1). Malheureusement, les traitements psychotropes sont en effet de grands pourvoyeurs de syndromes métaboliques et d’obésité. Ce sont souvent aussi des patients qui ont des ressources modestes », énumère Valérie Aubin, chef du service psychiatrique au CHPG. Un risque plus élevé de comorbidités somatiques, (en particulier des accidents cardiovasculaires et des diabètes) ainsi qu’un taux élevé de suicide expliquent également que l’espérance de vie décline fortement pour ces patients.

    Déficit d’accès aux soins

    Les autorités sanitaires monégasques ont globalement constaté que ces malades, au-delà de la prise en charge purement psychiatrique, ne prennent pas soin de leur santé de manière générale.  « Nous avons observé qu’un certain nombre de personnes qui ont des troubles psychologiques ont tendance à avoir un certain laisser-aller par rapport au reste de la prise en charge médicale, explique Alexandre Bordero, directeur de l’action sanitaire à Monaco. Ils ne vont pas se faire vacciner, ils ne vont pas chez le dentiste, ou chez leur médecin généraliste. Ce sont des patients qui ne réalisent pas toujours qu’ils peuvent avoir une maladie sous-jacente qui peut dégénérer rapidement. » Voilà pourquoi, les autorités sanitaires monégasques souhaitent que la santé somatique de ces patients atteints de troubles psychiques soit mieux prise en charge. « Le but c’est qu’à l’hôpital mais aussi à la Roseraie, nous améliorions le repérage de ces patients pour les inciter à aller voir un médecin généraliste régulièrement et systématiquement », conclut Alexandre Bordero.

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    « Les traitements psychotropes sont de grands pourvoyeurs de syndromes métaboliques et d’obésité. » © Photo DR

    Logement : des appartements thérapeutiques à l’étude pour des patients atteints de troubles psychiatriques

    C’est une problématique plutôt méconnue. Des patients atteints de troubles psychiatriques peuvent rencontrer de grandes difficultés pour se loger. C’est vrai en France, mais aussi à Monaco. A l’heure actuelle par exemple, trois patients psychiatriques chroniques vivent constamment au CHPG, et ce, depuis plus de 3 ans, voire 5 ans pour certains. « Ces patients sont hospitalisés à temps plein à l’hôpital. L’une des raisons est que lorsque les patients sont âgés, il n’y a plus de famille pouvant les prendre en charge », explique Valérie Aubin, chef du service psychiatrique du CHPG. D’autres patients sont hospitalisés à temps partiel. D’autres encore restent à domicile mais reçoivent la visite plusieurs fois par semaine d’une équipe médicale. « Pour certains malheureusement, cela ne suffit pas car ils sont trop instables », note encore cette professionnelle. Voilà pourquoi, les autorités sanitaires souhaiteraient créer des appartements dits “de coordination thérapeutique” pour prendre en charge ce type de patients qui ont besoin de soins réguliers, sans pour autant être hospitalisés. Il s’agirait d’appartements avec un accompagnent médical et médicosocial spécifique et seraient destinés aux patients âgés entre 18 et 60 ans qui résident à Monaco. Le but est également de les aider à s’autonomiser. « L’appartement de coordination thérapeutique permettrait un encadrement médical et éducatif beaucoup plus étayé. Cela répond vraiment à un besoin », insiste Valérie Aubin. La création de ces appartements en Principauté a été intégrée au plan quinquennal sur la santé mentale.

    Témoignage : faire intervenir des “patients experts”

    Cela pourrait devenir un acteur clé du système de santé monégasque. Le patient-expert désigne celui qui est atteint d’une maladie chronique et qui a développé au fil du temps une connaissance fine de sa maladie. Il dispose ainsi d’une réelle expertise. Ce concept, déjà développé dans plusieurs pays, Monaco souhaiterait à son tour le mettre en place. « C’est un patient qui va être en mesure d’aider d’autres personnes en souffrance en partageant son vécu, et son parcours de soin. Il amène donc une connaissance de la maladie chronique dont il est atteint, et favorise les échanges entre les malades et les professionnels de santé, explique Virginie Van Klaveren, administrateur principal au sein de l’Action Sanitaire. Sur la base du volontariat, nous voudrions donc créer un pool de quelques patients experts. Ils pourraient intervenir sur demande, ou de façon régulière, soit au sein du CHPG, soit en ambulatoire à la Roseraie, ou dans tout autre établissement de santé public ou privé. » Problème, pour devenir patient-expert, il est nécessaire d’obtenir un diplôme universitaire. Cela demande une formation sur deux ans. Or, cette formation universitaire n’existe pas dans la région. « Des patients à Monaco ont envie de faire cette formation mais ils ne peuvent ni la financer ni se déplacer. Nous n’avons donc pas de patient-expert actuellement, explique Valérie Aubin. En revanche ce que l’on souhaite développer c’est ce que l’on appelle la pair-aidance. Ce sont des patients qui s’entraident et vont témoigner à propos de leur maladie. » A Monaco, quelques patients bipolaires participent déjà à cette psycho-éducation.

    (1) Iatrogène : se dit d’un trouble, d’une maladie provoqués par un acte médical ou par les médicaments, même en l’absence d’erreur du médecin.

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