Le gouvernement monégasque a une nouvelle fois confirmé qu’un immeuble situé au 5 rue Louis Auréglia sera entièrement construit pour loger les enfants du pays
C’était une promesse faite il y a quelques années, qui semblait être tombée aux oubliettes, mais qui devrait finalement bel et bien se concrétiser : la création d’un immeuble pour les enfants du pays. Le mercredi 20 avril dernier, après une nouvelle rencontre avec l’association des enfants du pays, le gouvernement monégasque, par la voix du ministre d’État Pierre Dartout, a de nouveau confirmé que la villa les Lucioles, située au 5 rue Louis Auréglia, sera un immeuble destiné à loger les enfants du pays (et uniquement les enfants du pays). Si cette association a récemment sollicité un entretien avec l’Exécutif, c’est que les membres craignaient une remise en cause de cette opération.
« Le ministre d’État nous a demandé quels étaient selon nous les besoins au niveau de la topologie des appartements. Nous avons répondu qu’il serait sans doute judicieux de s’orienter vers des trois et quatre pièces pour pouvoir loger des familles »
La crainte vis-à-vis du Bel air
Pourquoi ? « Le gouvernement nous avait confirmé l’opération Les Lucioles lors d’une réunion au mois de juin dernier mais depuis, nous avons appris que les travaux de l’immeuble domanial le Bel air au Jardin exotique avaient pris du retard. Nous craignions donc que les Lucioles bascule dans les domaines », indique Géraldine Motillon, la présidente. Cette association craignait en effet que le scénario “Ida” se répète une nouvelle fois et que les espoirs soient à nouveau douchés. Petit rappel : à l’origine en 2009, l’État monégasque avait acheté pour 16 millions d’euros la Villa Ida, située dans le quartier Plati. Avec un objectif précis : construire une trentaine de logements uniquement destinés aux enfants du pays. Quelques années plus tard, gouvernement et élus du Conseil national de l’ancienne mandature ont toutefois décidé un tout autre projet, beaucoup plus vaste, à savoir une restructuration totale du quartier : le projet Grand Ida. Dans ce vaste programme immobilier actuellement en cours de construction, plusieurs centaines de logements domaniaux seront construits pour les Monégasques, mais pas un seul pour les enfants du pays, alors même, qu’à l’origine, ce projet leur était destiné « Le ministre d’État nous a toutefois rassuré sur ce point. L’immeuble Les Lucioles sera bel et bien destiné aux enfants du pays », souligne la présidente.
« Il y a urgence. Nous recevons régulièrement des courriers d’enfants du pays qui ont plus de 30 ans et qui vivent toujours chez leurs parents. Ou des mères avec leurs enfants qui vivent là encore chez leurs parents […] Ce sont des situations très compliquées »
Besoin de trois et quatre pièces
Pour autant, pleins de questions restent encore en suspens. Tout d’abord, combien de logements au total seront construits ? Le gouvernement avait évoqué initialement une trentaine d’appartements, mais rien de confirmé à ce stade. « Le ministre d’État nous a demandé en revanche quels étaient selon nous les besoins au niveau de la topologie des appartements. Nous avons répondu qu’il serait sans doute judicieux de s’orienter vers des trois et quatre pièces pour pouvoir loger des familles », indique encore Géraldine Motillon. Concernant la date du début des travaux et sa finalisation, là encore, rien de certain. Selon nos informations, la livraison de cet immeuble ne devrait pas intervenir avant 2024-2025. À l’heure actuelle, les prix qui seront appliqués dans ces appartements et les critères de sélection pour y accéder ne sont pas connus. Tout est encore à l’étude au sommet de l’État.
Libération du secteur protégé
En attendant la livraison de cette opération destinée à loger cette communauté très attachée à Monaco, l’association des enfants du pays espère toujours que des logements du secteur protégé, occupés aujourd’hui par des Monégasques, soient peu à peu libérés lorsque les nationaux seront logés dans les nouveaux appartements domaniaux. La libération de ces logements du secteur protégé devrait commencer a priori en 2023.
« Il y a urgence »
Seule certitude à ce stade : les besoins en logements pour cette communauté sont toujours aussi criants, « Il y a urgence, déplore Géraldine Motillon. Nous recevons régulièrement des courriers d’enfants du pays qui ont plus de 30 ans et qui vivent toujours chez leurs parents. Ou des mères avec leurs enfants qui vivent là encore chez leurs parents et qui se font convoquer par la Sûreté publique car il y a trop d’habitants dans un même appartement. Ce sont des situations très compliquées. »
