Parmi les nombreuses missions du Centre Communal d’Action Sociale (CCAS) de Beausoleil, l’aide au logement revêt une importance capitale. Dans une commune où les prix de l’immobilier sont particulièrement élevés, cet accompagnement devient essentiel pour soutenir les Beausoleillois en difficulté. Quelles aides la ville propose-t-elle concrètement ? Combien de logements sociaux ont été construits et quels sont les projets futurs en la matière ? Existe-t-il des logements transitoires d’urgence ? Les réponses avec Céline Tavares, directrice du CCAS (1).
En raison de sa proximité avec la Principauté, les prix de l’immobilier à Beausoleil sont particulièrement élevés. Avez-vous évalué à quel point le logement pèse sur le budget des foyers ?
L’aide au logement est un axe fort de notre politique sociale car, effectivement, la proximité avec la Principauté fait que les loyers sont très élevés. Récemment, nous avons évalué que le coût du logement à Beausoleil peut représenter jusqu’à 70 % du budget d’un foyer. Ce qui est considérable. L’aide au logement peut donc concerner tous les habitants de la commune.
Les Beausoleillois se plaignent-ils des prix pratiqués sur la commune ?
A l’instar d’autres communes de l’Est des Alpes-Maritimes, en raison des prix assez élevés, de nombreuses familles vivent dans des logements trop petits par rapport à leurs besoins. Pour rendre cette situation moins pesante, nous avons créé des équipements socio-culturels comme le Centre culturel Prince Héréditaire Jacques de Monaco, ou encore le Village Charlot (2), dont l’inauguration est prévue pour le printemps 2025.
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Ce sera un espace supplémentaire dans lequel les habitants et les jeunes pourront se détendre et où les enfants pourront faire leurs devoirs dans un environnement agréable. C’est en quelque sorte la pièce de vie en plus qu’ils n’ont pas chez eux.
Quelles sont concrètement les aides au logement que vous proposez via le CCAS ?
Nous avons construit de nombreux logements sociaux, notamment sur le boulevard Guynemer. Le maire de Beausoleil porte, avec son équipe municipale, une forte volonté politique sur ce point. Nous avons également créé un service logement qui assure une médiation entre propriétaires et locataires, et qui travaille également sur la prévention des expulsions. Ce service n’existe pas dans toutes les villes et montre en ce sens l’engagement de la ville de Beausoleil en la matière.
Si un habitant rencontre des difficultés financières pour payer son loyer, nous essayons également d’intervenir rapidement pour mobiliser des fonds. Si la personne travaille à Monaco, nous cherchons à obtenir des fonds auprès d’associations monégasques pour éviter l’aggravation de la situation et maintenir la personne dans son logement. Enfin, nous facilitons l’accès à l’allocation logement assurée par la CAF.

Pourtant, Beausoleil tout comme Beaulieu-sur-Mer, Cagnes-sur-Mer ou encore Le Cannet ont été épinglés en raison d’un manque de logements sociaux…
Au niveau national, effectivement, mais au niveau départemental, nous sommes sortis de la carence entre 2014 et 2022. La Préfecture a reconnu la politique volontariste de construction que nous avons mise en place. Rappelons également que, malheureusement, nous nous confrontons à un PLU (programme local d’urbanisme) ce qui contraint les possibilités de construction. La commune doit trouver un équilibre entre l’urbanisation d’une part et la protection de la qualité de vie de et de l’environnement d’autre part. C’est l’enjeu de la révision du PLU actuellement en cours.
Justement, dans le quartier de Grima à Beausoleil, 259 logements devaient être bâtis mais le projet a déclenché l’hostilité des riverains et des associations. Il a donc été abandonné…
Le projet a été soumis conformément à la règlementation à une enquête publique. Le maire de Beausoleil, Gérard Spinelli, a décidé de ne pas donner suite à la demande de permis. Il a, effectivement, tenu compte des avis émis par la population et les associations. Il est complexe de trouver un juste équilibre, car il y a une partie de la population qui souhaite des logements sociaux et une autre partie de la population qui veut aussi conserver un cadre de vie agréable.
Concrètement, à ce jour, combien avez-vous de logements sociaux à Beausoleil ?
Actuellement, nous disposons de 855 logements sociaux à Beausoleil, ce qui représente 11,79 % des résidences principales au 1er janvier 2023.
Quel nombre devriez-vous atteindre pour ne pas subir de pénalités ?
Pour respecter les 25 % exigés par la loi SRU, au 1er janvier 2023, il nous manque encore 791 logements.
Des programmes de construction sont-ils en cours ?
Actuellement, cinq programmes de construction sont en cours, incluant un total de 218 logements sociaux.
Proposez-vous également des logements transitoires, d’urgence ?
Nous en développons de plus en plus et en gérons actuellement huit. L’objectif est de fournir une solution temporaire à des personnes sans logement, qu’il s’agisse de celles en attente d’un logement social ou d’une place en maison de retraite par exemple. Pour financer ces logements transitoires, nous bénéficions d’une subvention de l’État de 23 000 euros par an. Les logements sont soit la propriété de la ville, soit de bailleurs sociaux. De son côté, le CCAS en est locataire et les sous-loue aux usagers. L’usager pour sa part participe au loyer à hauteur de 1/5ème de ses revenus. Ils peuvent y rester maximum un an.
Ouvert à tous : « Notre politique d’aide ne s’adresse pas qu’aux plus démunis »
Le Centre Communal d’Action Sociale (CCAS) a pour missions d’accueillir et d’accompagner les Beausoleillois confrontés à des difficultés liées à l’emploi, au logement, à la santé, au maintien à domicile, ainsi qu’aux démarches administratives. Il favorise également le lien social entre les habitants de la commune par l’organisation de diverses activités et animations. Au-delà de l’aide au logement, la politique sociale impulsée par le maire, Gérard Spinelli, s’articule aussi autour de deux autres axes. Il y a tout d’abord le pôle petite enfance puisque le CCAS gère les crèches et propose un relais pour les assistantes maternelles. « Nous avons également créé un lieu d’accueil enfants/ parents », rappelle la directrice, Céline Tavares. Le deuxième grand axe concerne les seniors. « Nous organisons régulièrement des animations, notamment des sorties, des repas, ou encore divers ateliers ludiques. Nous pouvons également apporter une aide pour des démarches administratives, sans oublier le service de téléalarme ou encore le portage de repas à domicile. » La directrice du CCAS insiste également sur un point : la politique d’aide proposée par l’organisme qu’elle dirige ne se limite pas aux plus démunis ou aux plus fragiles. L’assistance sociale ne gère d’ailleurs actuellement qu’une cinquantaine de dossiers RSA. « Les actions conduites par le CCAS sont ouvertes à toutes et à tous, indique-t-elle. De plus, s’adresser au CCAS ne signifie pas forcément rencontrer des difficultés financières. Le maire de Beausoleil souhaite promouvoir une politique pour que chacun trouve sa place. Nous essayons au maximum d’organiser des ateliers et des animations pour tous. On peut citer également La Maison des Habitants où l’on trouve un espace numérique, un espace jeunesse et un espace famille. Ces actions sont ouvertes à tous les habitants de la commune. »
Hébergement d’urgence : une Maison des Solidarités pour les victimes de violence et les sans-abris
C’est une première sur la Côte d’azur. Durant le mois de mai, la « Maison des Solidarités » de Beausoleil a été officiellement inaugurée. Elle est destinée à offrir un hébergement d’urgence aux victimes de violences intrafamiliales ainsi qu’aux personnes sans domicile fixe. Ce projet est piloté par Novaxia. Le concept est simple : ce groupe d’investissement rachète des logements vacants ou délabrés et les met à disposition des associations, gratuitement, en attendant que des travaux soient réalisés et que les logements soient loués. Situés dans l’Impasse des Garages, les deux maisons et le parking acquis l’année dernière ont ainsi été transformés en logements d’urgence, épicerie solidaire et espace de stockage, offrant ainsi 800 mètres carrés d’espace utilisable. Les bâtiments sont prêtés pour une durée d’un an. Les locaux sont gérés par quatre associations : l’association ALC (Agir pour le Lien social et la Citoyenneté) et le Secours Populaire gèrent les deux chambres réservées aux personnes sans domicile fixe, accueillies en urgence, le Secours Populaire gère également l’accueil de jour et l’épicerie solidaire, le CCAS de Beausoleil prend en charge les deux chambres réservées aux personnes victimes de violences, quant à l’association Une Voix Pour elles bénéficie de 200 mètres carrés pour stocker les meubles et affaires des personnes devant quitter leur foyer en urgence.
(1) Gérard Spinelli est président du CCAS de la ville de Beausoleil et président du conseil d’administration du CCAS.
(2) Le Village Charlot est un espace culturel et créatif comprenant une bibliothèque-médiathèque de 30 000 ouvrages, une ludothèque, un musée numérique Micro-Folie et une salle de libre expression artistique. Il offre également une résidence d’artistes, un parcours d’exposition, un espace de restauration solidaire, des jardins remarquables et un centre social.

