À l’occasion de l’ouverture du Village Charlot, le maire de Beausoleil, Gérard Spinelli, revient sur ce projet majeur de son mandat. Un lieu pensé comme une véritable extension du foyer pour les habitants, et accessible aussi aux résidents monégasques.
Le Village Charlot a ouvert ses portes au public le 6 décembre dernier. Ce projet est-il l’un des plus importants de votre mandat ?
Oui, c’est un projet auquel je suis profondément attaché. Lorsque nous avons acquis le domaine Charlot en 2008, notre intention première était de préserver cette villa de maître, un élément essentiel du patrimoine de Beausoleil, et d’éviter qu’elle ne soit transformée en programme immobilier privé. Pour moi, ce domaine n’a jamais été un bien foncier comme un autre, mais un bien commun, destiné à tous les Beausoleillois. Nous avons surtout voulu en faire un véritable lieu de vie : un espace qui crée du lien, mélange les générations et favorise les rencontres. C’est aussi un cadre exceptionnel pour les enfants de la commune, qui pourront y découvrir une grande variété d’activités.
Les résidents monégasques pourront également profiter de cet équipement ?
Bien sûr. Il a toujours existé une réciprocité entre les équipements de Monaco et ceux de Beausoleil. Les Monégasques fréquentent nos structures, et les Beausoleillois se rendent dans les leurs. Comme le rappelle souvent le prince Albert II, nous formons une véritable « communauté de destin », qui s’exprime concrètement chaque jour.
Céline Tavares, directrice du Centre communal d’action sociale, a eu cette formule pour qualifier cet équipement : le Village Charlot « c’est une pièce en plus pour tous » ? Partagez-vous cette vision ?
Tout à fait. Beausoleil est une ville belle et vivante, mais aussi très dense, avec des logements souvent exigus. Il manque parfois un espace pour souffler, lire, se retrouver. Avec le domaine Charlot, notre volonté était justement d’offrir cette respiration. Comme l’a joliment résumé Céline Tavares, permettre à chacun d’avoir, symboliquement, “une pièce en plus”.
Pourquoi avoir choisi d’intégrer le CCAS et la Maison des Habitants au sein du Village Charlot ?
Nous avons beaucoup travaillé avec le ministère de la Culture sur cette dimension sociale. Ensemble, nous avons souhaité qu’un équipement culturel soit véritablement ouvert à tous les publics, y compris les plus fragiles. C’est pour cette raison que nous avons intégré les services sociaux dans le projet. Cela surprend parfois, mais ce sont bien les services du ministère de la Culture qui ont financé la construction de ces locaux.
Le projet représente un investissement de 28 millions d’euros, dont dix millions pris en charge par la commune. Ce montant ne risque-t-il pas de peser sur les finances de la Ville ?
Non, car pour donner un ordre d’idée, les travaux des trottoirs du boulevard Guynemer coûtent déjà 20 millions d’euros. Nous avons également réalisé un nouveau commissariat, pour environ 4 millions d’euros, et financé d’importants aménagements d’escaliers mécaniques en ville. Le Village Charlot est un équipement utile, un investissement pensé pour les Beausoleillois. L’idée de “pièce en plus” prend tout son sens, et les premiers retours des enfants sont extrêmement enthousiastes.
