La crise sanitaire a eu des conséquences sur de nombreux pans de l’économie monégasque. Quelle a été la répercussion du Covid-19 sur le secteur immobilier à Monaco ? Plusieurs professionnels livrent leur analyse.
En raison de la crise sanitaire, les agences immobilières à Monaco ont dû, elles aussi, fermer leurs portes. Durant le confinement, les visites d’appartements ont donc été stoppées et les délais de traitement des dossiers, prolongés. « De ce point de vue, cela a donc été un vrai frein pour notre activité durant presque deux mois », constate un agent immobilier. Pas de visites physiques donc, et en Principauté (contrairement à la France), les visites virtuelles d’appartements sont très peu répandues. Depuis la survenue de la pandémie et de la crise économique qui en a découlé, de futurs acheteurs ont aussi remis en question leur projet d’achat, « soit parce que leur situation financière a changé, soit car ils préfèrent attendre que le marché économique se stabilise », explique un autre professionnel du secteur.
Des transactions finalisées malgré le confinement
Seule consolation durant ces deux mois d’arrêt : des transactions ont tout de même pu être finalisées à Monaco, y compris durant le confinement, avec les moyens du bord : « Le protocole était un peu particulier puisque les acheteurs et les vendeurs ne comparaissaient pas en personne devant les notaires. Les signatures d’actes se faisaient donc par procuration. Mais nous avons pu, en effet, conclure des affaires qui avaient été engagées juste avant le confinement », constate l’agence Miells and Partners. Depuis la fin du confinement comment se porte alors le marché de l’immobilier ? Si le président de la Chambre immobilière monégasque, Michel Dotta, estime que l’impact du Covid-19 n’a pas été lourd — 160 transactions ayant été finalisées de janvier à fin mai 2020, soit un chiffre quasi similaire à l’an dernier — dans les agences, le ressenti est beaucoup plus mitigé. Certaines constatent que la reprise depuis le 4 mai est très calme. D’autres, au contraire, assurent avoir beaucoup de demandes et de curiosité.
Peu de demandes étrangères
Les agents immobiliers s’accordent toutefois sur un point : la clientèle est majoritairement locale actuellement. « Ce sont principalement des personnes déjà établies à Monaco qui cherchent à changer de bien ou à réaliser un investissement, observe un professionnel. La crise a probablement fait prendre conscience à certains clients que l’immobilier demeure la valeur refuge par excellence, en particulier à Monaco. » Du fait des restrictions actuelles de déplacement liées à la crise sanitaire et des incertitudes toujours très fortes autour de l’impact du Covid-19, les demandes étrangères, en particulier extérieures à l’Europe, sont donc très rares pour le moment. Qu’en est-il alors des prix ? « Les propriétaires réagissent différemment. Il y a ceux qui redoutent une deuxième vague et qui estiment que l’incertitude liée au Covid-19 est encore trop grande. Ils acceptent donc des offres plutôt basses. Et ceux qui estiment que la situation va se stabiliser dans les prochains mois et qui misent et attendent des offres plus généreuses, explique Ekaterina Dorfman à la tête de l’agence Caroli Real Estate. Je pense pour ma part que le marché va reprendre très fort en janvier ou février de l’année prochaine. »
Une baisse des transactions durant la crise sanitaire ?
De nombreux secteurs de l’économie monégasque ont gravement souffert de la crise sanitaire. Est-ce également le cas du secteur immobilier ? Selon le département des finances et de l’économie, le nombre de reventes de biens anciens a diminué de 3,9 % entre le 1er janvier 2020 et le 31 juillet 2020, par rapport à la même période l’année dernière. Cette diminution s’établit à 2,9 % en terme de valeur des biens revendus. Ce recul a été plus marqué pendant la période du confinement (mois de mars à mai 2020 inclus), avec – 9 % en nombre de reventes et -14,8 % en valeur par rapport à la même période l’année précédente. « Cela étant, cette baisse pendant la période du confinement a été compensée par un marché particulièrement actif en début d’année 2020, antérieurement à la crise sanitaire. Et les derniers chiffres concernant le mois de juillet 2020 s’avèrent encourageants, nuance le département des finances et de l’économie. Dès lors si les reventes ont diminué de 18 % en nombre par rapport au mois de juillet 2019, leur augmentation en valeur s’établit à près de 30 %. » Toujours selon le département des finances, le marché de l’immobilier a par ailleurs été largement soutenu par la vente de biens neufs ou en l’état futur d’achèvement en très nette augmentation par rapport à l’année 2019 « grâce au dynamisme des promoteurs nationaux et aux programmes immobiliers en cours de réalisation », précise encore le gouvernement.
