De plus en plus prisé par une clientèle internationale ultra financée qui fait grimper les prix, l’immobilier à Villefranche-sur-mer est très lucratif. Le marché de la location, lui, est en grande tension, et la population résidente en déclin, ce que regrettent beaucoup de locaux qui ne veulent pas voir leur ville mourir en périodes creuses.
Nichée entre les collines des Monts Boron, Alban et Vinaigrier, Villefranche-sur-Mer, est l’une des pépites de la Côte d’Azur. Cette commune de 5 km² pour 4 900 habitants séduit par son charme méditerranéen et son emplacement privilégié entre Nice et Monaco, à environ 10 km de chaque. Son port, sa Vieille ville et ses plages en ont fait un lieu très touristique et très recherché, tant par les investisseurs que par les résidents étrangers. Comparée à Saint-Jean-Cap-Ferrat, la ville est moins exclusive et confidentielle, elle a une densité de population plus élevée et joui d’une ambiance plus animée. La ville est également un peu plus accessible, notamment grâce à un nombre plus important d’immeubles. Elle compte 60 % d’appartements contre 40 % de maisons.
Les prix montent
Selon la Fédération nationale de l’immobilier (FNAIM), en 2024, le prix moyen au m² est de 9 602 euros, ce qui en fait la 14ème ville la plus chère de France, juste devant Paris. Mais selon Adrien Camellini, directeur de l’agence Dumas Immobilier, les tarifs pratiqués tournent davantage autour des 10 000 ou 15 000 euros par m², les biens en bord de mer dépassent souvent les 20 000 €/m² et on peut aller bien au-delà encore pour certaines propriétés d’exception. Actuellement sur le marché, « Le Rêve d’Azur », une demeure de 545 m², style Belle Époque, datant de 1911 et entièrement rénovée en 2016, est en vente au prix de 47 millions d’euros. Elle a appartenu aux frères Voisin, pionniers de l’aviation française et créateurs du premier avion piloté d’Europe.
Globalement, les prix de l’immobilier à Villefranche sont en progression, notamment influencés par un attrait fort de la clientèle internationale fortunée comme c’est le cas sur la Côte d’Azur de manière générale. « Les acheteurs y sont pour beaucoup Européens, principalement des Français, des Britanniques et des Scandinaves âgés de 40 à 60 ans », précise Adrien Camellini qui cite aussi les Américains parmi les clients réguliers.
Un équilibre entre le neuf et l’ancien
Le Domaine du Castellet, la Vieille Ville et ses bâtisses colorées et le quartier de l’Ange Gardien sont les secteurs plus convoités. Ils offrent des panoramas spectaculaires sur la baie, des accès privilégiés à la mer et ont un charme historique indéniable. Pour trouver des tarifs plus bas, le quartier du Col de Villefranche et les Marinières peuvent être un compromis intéressant, avec un cadre qui reste agréable et des vues dégagées. « En matière d’architecture, il y a un équilibre entre logements neufs et propriétés historiques », explique le directeur de l’agence. Un programme immobilier baptisé « Azurra » est notamment en train de sortir de terre dans les hauteurs boisées de la ville, au sein d’un parc naturel situé face à la baie de Nice. Prévu pour 2027, il propose 20 maisons dont certaines avec piscine privée et vue mer. Prix pratiqués : 12 100 €/m². Comptez 820 904 € pour un trois-pièces et plus de 2 millions pour un logement de six-pièces.
Le marché locatif sous tension
Si « les biens à vendre sont aujourd’hui plus nombreux qu’il y a un an », comme l’affirme Adrien Camellini, le marché de la location annuelle, lui, reste tendu car trop dénué d’offres par rapport à la forte demande. Dans le même temps, les locations saisonnières de type Airbnb, elles, se multiplient, atteignant plus de 500 logements et provocant l’agacement des locaux. Certains habitants regrettent aussi la prolifération des agences immobilières — 18 pour une commune de 5 000 habitants — alors qu’il manque selon eux de commerces de proximité plus utiles, comme un supermarché ou des boulangeries. Ils déplorent par ailleurs l’absence de structures pour les jeunes.
Le maire veut éviter que la ville ne se meurt
Christophe Trojani, le maire de la ville, a dénoncé la baisse constante de la population, passée de 8 000 habitants en 1990 à 5 000 en 2020. Il a expliqué qu’il prendrait des mesures pour que Villefranche ne soit pas exclusivement composé de résidences secondaires (elles concernent déjà 65 % des propriétés) et de locations touristiques à court terme, notamment en limitant les Airbnb. Il s’efforce par ailleurs de développer des projets immobiliers permettant d’augmenter l’offre de logements abordables.
En clair, Villefranche-sur-mer offre une alternative plus accessible que Saint-Jean-Cap-Ferrat, et surtout plus vivante, du moins pour le moment… car l’attrait pour cette commune est grandissant, notamment à l’international, où les budgets que sont prêts à débourser les clients fortunés contribuent à faire grimper les prix d’année en année. Là encore, investir dans l’immobilier est intéressant mais le ticket d’entrée est important et il faut savoir être patient vu la saturation du marché.
