Contrairement à la France, où le débat reste ouvert et une légalisation possible, la Principauté ne souhaite pas mettre en place une aide active à mourir, en ligne avec ses principes religieux.
Après des années de débats houleux, la question de l’aide active à mourir en France est en suspens. La dissolution de l’Assemblée nationale en juin 2024 a en effet mis un coup d’arrêt à l’avancement d’un texte législatif visant à légaliser potentiellement cette pratique. Alors que les partisans espéraient un vote avant la fin de l’année 2024, la suspension des discussions législatives a repoussé ces espoirs à une échéance encore inconnue. A Monaco, où le catholicisme est religion d’État, la question est, sans surprise, d’ores et déjà tranchée. « Il n’y aura pas d’aide active à mourir à Monaco, c’est évident », a récemment indiqué à la presse, le conseiller-ministre aux Affaires sociales et à la Santé, Christophe Robino. Toutefois, si la France venait à adopter cette législation, que se passerait-il pour les résidents monégasques qui voudraient y avoir recours ? Selon Christophe Robino, cela se passerait comme pour l’interruption volontaire de grossesse (IVG), un acte médical interdit en Principauté (1). « Les personnes sont libres de se déplacer et d’aller ailleurs. Pour autant, il n’est pas dans notre objectif de cautionner ce genre de choses en Principauté », précise encore ce membre du gouvernement.
D’ailleurs, y a-t-il déjà eu déjà des cas d’aide active à mourir à Monaco ? « Je n’ai pas, officiellement, connaissance de situation équivalente, répond le ministre. Aujourd’hui, la seule chose dont je suis sûr, c’est le rappel à la loi, à savoir que l’euthanasie est interdite en Principauté. » Concernant la fin de vie à Monaco, un projet de loi avait été déposé, puis retiré. Christophe Robino a souhaité le déposer à nouveau pour évoquer, plus généralement, les soins palliatifs. « Le développement des soins palliatifs est, pour moi, extrêmement important. C’est une façon d’accompagner la douleur physique et psychologique des familles. Et ce n’est pas forcément la fin de vie. Il y a des patients atteints de maladies incurables, mais dont le pronostic vital n’est pas forcément engagé à court ou moyen terme, mais qui présentent des souffrances physiques importantes. On peut avoir des séjours de répit dans les unités de soins palliatifs pour administrer des traitements antalgiques, ou régler les schémas thérapeutiques de façon à ce qu’ils retrouvent un confort de vie leur permettant de rentrer chez eux. »
(1) En octobre 2019, les élus du conseil national ont voté à l’unanimité une loi dépénalisant l’avortement pour les femmes enceintes . Cette dépénalisation ne signifie toutefois pas légalisation. La pratique de l’IVG par les professionnels de santé monégasques reste en effet interdite sur le territoire (et passible de lourdes sanctions). Toutefois les médecins sont désormais autorisés à conseiller et à orienter leurs patientes vers un confrère étranger. A noter en revanche que depuis 2009, l’avortement thérapeutique (pour cause de malformation du fœtus, de maladie ou à la suite d’un viol) est autorisé à Monaco.
