Tables de jeux dans des salons privés ou ultra-privés, privilèges uniques au monde proposés aux clients, croupier personnalisé… Pour attirer et fidéliser les gros joueurs, la Société des Bains de Mer ne lésine pas sur les moyens et sort, dès qu’il le faut, le grand jeu.
En concurrence avec les villes-casinos du monde entier, la Société des Bains de Mer est obligée de se démener pour attirer de gros joueurs et les fidéliser. La seule légende des casinos monégasques ne suffit donc plus… « Nous avons compris que les années où les gros clients rentraient d’eux-mêmes dans les établissements de jeux sont finies. Il faut désormais aller les chercher. Nous sommes obligés de bouger », assure Rudy Tarditi, le directeur des casinos au sein de la SBM. Voilà pourquoi, lui et quelques prospecteurs, sillonnent le monde pour tenter d’appâter de gros clients. « Nous avons récemment passé deux à trois semaines en Amérique du Sud. Nous sommes allés au Mexique, au Panama, au Brésil, en Uruguay, ou encore en Argentine pour chercher ces immenses fortunes qui jouent beaucoup. Nous leur vendons Monaco : le Grand Prix, le cirque, la neige pas loin, le tennis, les beaux hôtels… » Pas étonnant donc que lors du dernier Grand Prix de Formule 1, on pouvait observer des terrasses entières remplies de Brésiliens survoltés agitant des drapeaux. Au-delà de l’Amérique du sud, la SBM s’est également rendue il y a quelques années en Chine, puis au Canada, aux États-Unis, ou encore en Turquie. « Nous avons également été à Dubaï, rajoute Rudy Tarditi. Nous avons rencontré midi et soir des clients. C’est très bien de les connaître sur place. Car lorsqu’ils arrivent ici, il est plus facile de les accompagner. »

Des salons de jeux personnalisés
Et pour bichonner cette clientèle ultra-fortunée, mieux vaut avoir des prestations à la hauteur. Des salons privés ont donc été aménagés pour ceux qui exigent un haut niveau de confidentialité. « Dans un salon privé, on peut également monter un peu les sommes maximales », précise encore Rudy Tarditi. Le nec plus ultra du salon privé est celui proposé au sein de l’Hôtel de Paris. Son nom : la suite Monte-Carlo. Elle fut créée en 2019 au moment de la métamorphose de cet établissement hôtelier. « Il s’agit du seul salon de jeux externalisé en dehors du Casino de Monte-Carlo. Le client peut y accueillir ses parents et amis », fait savoir la SBM. Cet espace est configuré comme une suite (mais sans chambre) avec une partie salon/ salle à manger, et une partie salle de jeux. Toute une infrastructure se met alors en place avec non seulement un croupier personnalisé, mais aussi un chef inspecteur, et du personnel hôtelier entièrement à disposition de cette clientèle ultra-VIP. « Il n’y a évidement pas de clients tous les jours pour ce type de prestations. De même pour les suites sur les toits de l’Hôtel de Paris. Mais il faut pouvoir le proposer à ces clients haut de gamme », rajoute la SBM.
« Le luxe, c’est l’ultra-personnalisation »
Ce qui intéresse ces gros joueurs fortunés pouvant déjà tout s’offrir, c’est aussi ce que l’argent ne peut pas acheter… Et c’est là que le groupe SBM peut déployer ses cartes maîtresses. « Le luxe, c’est l’ultra-personnalisation. Nous avons l’avantage d’avoir des atouts que l’on peut mettre à la disposition des clients de façon personnalisée. Pour celui qui aime le vin, nous pouvons lui déboucher une bouteille rarissime ou lui faire visiter la cave de l’Hôtel de Paris. Celui qui est passionné d’automobile, nous pourrions lui proposer pendant le Grand Prix un warm-up dans la safety car avant le grand départ de la compétition », énumère le groupe. Rudy Tarditi a lui-même donné de sa personne. Une demi-heure avant le départ du Grand Prix de Formule 1, le directeur des casinos a conduit sur le circuit une voiture prêtée par l’Automobile Club, avec à son bord, des clients. « C’était un moment d’exaltation immense pour eux car les tribunes et les bateaux étaient pleins. Il y avait une ambiance de folie, se souvient-il. C’est le type de prestation que seul Monaco peut offrir et qu’on ne peut pas acheter. ». Dernier exemple en date : le festival des étoilés, et en particulier la soirée de gala du 26 novembre dernier réunissant le gratin des chefs étoilés, Alain Ducasse, Yannick Alleno, Marcel Ravin ou encore Dominique Lory. « C’est unique au monde, se vante la SBM. Le dîner pouvait s’acheter, mais les grands joueurs du casino pouvaient être invités. Au-delà du fait que ces clients pouvaient dîner à la table de quatre chefs multi-étoilés, ce qui fait aussi la différence c’est la venue du chef d’État sur place. Le souverain a d’ailleurs honoré de sa présence tous les dîners premium de la SBM. »
Exception monégasque : la roulette européenne
Autre atout que le casino monégasque peut proposer aux férus de tapis verts : la présence de la roulette européenne. Un type de jeux très rare dans les casinos mondiaux car très coûteux pour les établissements. Cela nécessite en effet pas moins de quatre employés autour d’une table, et a minima 6 mois de formation pour les croupiers. « Pour la roulette anglaise ou américaine, chaque joueur se voit attribuer des jetons de couleur. Alors que pour la roulette française ou européenne, chaque employé de jeux est responsable de prendre les annonces pour chaque joueur. C’est ce qui contribue au grand art du jeu et à l’ultra-personnalisation. Le client n’est pas un numéro ni une couleur, mais a son croupier particulier, explique Rudy Tarditi. Voilà pourquoi cela nécessite que les employés de jeux aient des compétences plus élevées. Ils doivent être très concentrés et surveiller le moindre détail. » D’ailleurs, c’est précisément ce type de jeu “avec annonces” qui contribue au mythe des casinos. « Cela rappelle toujours la grande époque… Celle où le client arrivait et le physionomiste l’appelait de son nom. Le client était valorisé. Il arrivait à la table et disait “faites-moi mon jeu” devant ses amis. L’époque où les grandes fortunes se faisaient et se défaisaient… », rappelle encore le directeur des casinos. Si Monaco continue de proposer la roulette européenne — malgré le coût non négligeable que cela représente — c’est aussi parce que le directeur des opérations, Pascal Camia, a une « culture roulette européenne » affirme Rudy Tarditi. « Son père était inspecteur chez nous. Il a donc cette ADN des jeux européens. Nous avons cette chance… »
Le saviez-vous ? Des sommes colossales brassées chaque jour
Combien d’argent les casinos de Monaco distribuent-ils quotidiennement aux joueurs ? « Cela dépend des jackpots, mais cela peut aller de quelques centaines de milliers d’euros à 2 millions d’euros par jour », indique Rudy Tarditi, le directeur des casinos. A l’inverse, la SBM n’a pas souhaité révéler quelle est la moyenne des gains empochés quotidiennement par le groupe grâce aux joueurs malchanceux…
Des machines à sous allant de 1 centime… à 1250 euros
C’est l’une des particularités du casino monégasque. Les clients peuvent jouer sur des machines à sous dont la mise minimale est de seulement 1 centime… D’un extrême à l’autre, sur d’autres machines à sous, la mise peut en revanche grimper jusqu’à la coquette somme de 1 250 euros.
Des gains nets d’impôts
La Principauté de Monaco est connue pour sa fiscalité douce. Cet avantage se vérifie également dans les casinos. Les gains empochés dans les établissements de jeux monégasques sont en effet nets d’impôts, contrairement à Las Vegas (ou sauf exceptions sur certains jeux) ils sont imposés à hauteur de 30 %.
