vendredi 22 mai 2026
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    Villefranche-sur-Mer : l’impact économique de la réduction des croisières dévoilé dans une étude 

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    La réduction des croisières pourrait entraîner 7,5 millions d’euros de pertes en 2025 et 14 millions d’euros de pertes en 2026 à Villefranche-sur-Mer. Si les professionnels du tourisme grincent des dents, Christian Estrosi assume, privilégiant (cette fois) la santé des habitants. Les croisières ne font pas partie de sa stratégie touristique, qui mise principalement sur l’aéroport et les grands événements.

    Quelques semaines après l’annonce d’un compromis sur l’accueil des croisières à Villefranche-sur-Mer, la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI) Nice Côte d’Azur a publié une étude d’impact économique. Objectif : chiffrer les conséquences de la baisse du nombre de croisiéristes souhaitée par Christian Estrosi, maire de Nice et président de la métropole Nice Côte d’Azur. 

    De lourdes pertes à prévoir 

    En 2025, la baie de Villefranche-sur-Mer verrait passer de 88 à 60 le nombre d’escales, avec une jauge maximale de 2 500 passagers par bateau. Résultat : un manque à gagner estimé à 7,5 millions d’euros, répartis entre les dépenses des croisiéristes (4,2 M€), les redevances portuaires (535 000 €), et l’impact sur les activités locales (2,7 M€). En 2026, avec une baisse de 75 % du nombre de croisiéristes et un nombre d’escales réduit à 65 au lieu des 123 prévues, l’impact grimperait à 14 millions d’euros.Quant au port de Nice, l’interdiction des navires de plus de 450 passagers entraînerait une perte estimée à 643 600 € en 2025, et 1 million d’euros en 2026. « Cette étude, qui s’appuie sur les fichiers des escales prévisionnelles 2025 et 2026, estime les pertes financières liées aux dépenses des croisiéristes ainsi qu’aux redevances et taxes versées par les compagnies de croisière, mais ne prend pas en compte d’éventuels recours indemnitaires pour les annulations d’escales », a précisé la CCI. 

    « Le prisme économique ne peut pas être le seul critère de décision »

    Face à ces chiffres, Christian Estrosi, président de la Métropole Nice Côte d’Azur, n’a pas tardé à réagir. « Le prisme économique ne peut pas être le seul critère de décision », a-t-il déclaré dans un communiqué, pointant la récente étude d’ATMOSUD, l’observatoire de la qualité de l’air en Région Sud. Cette dernière révèle que le secteur maritime est la première source d’oxydes d’azote à Villefranche, avec 48 tonnes par an, soit 71 % des émissions sur la commune. Les émissions liées aux croisières ont augmenté de 25 % depuis 2015, et affecteraient également Nice, Beaulieu et Saint-Jean-Cap-Ferrat. « Tout cela a évidemment des conséquences pour la santé des habitants. Lorsque de telles évolutions en matière de pollution et de risques sanitaires me sont présentés, il est de mon devoir et de ma responsabilité de prendre des mesures adaptées et équilibrées pour y répondre. C’est tout le sens du tourisme choisi, plutôt que celui du tourisme subi», a souligné le maire de Nice. 

    La croisière ne génère que 4% du flux touristique annuel

    Un “tourisme choisi”, dopé par les grands événements internationaux. « Nous avons fait notre choix et notre stratégie porte ses fruits grâce à l’accueil de grands évènements internationaux dont les retombées dépassent largement le chiffre avancé par l’étude de la CCI». L’édile aligne alors les chiffres : 60 M€ pour l’arrivée du Tour de France (juillet 2024), 37,3 M€ pour l’Étape du Tour, 148 M€ pour la Coupe du Monde de Rugby 2023, 22,5 M€ pour l’Ironman,177 M€ pour l’Euro 2016Quant à l’événement le plus récent, le Carnaval de Nice, il a rapporté cette année près de 35 Millions d’euros de retombées économiques. Christian Estrosi a par ailleurs tenu à rappeler que la croisière ne générait que 4% du flux touristique annuel. « Une part marginale qui ne bénéficie pas directement à notre hôtellerie, et avec des retombées limitées sur la restauration. L’essentiel du budget d’un croisiériste est capté par les compagnies de croisière avecdes offres « all-inclusive ». Les clients des très grands navires restent peu de temps et ne vont pas dans les hôtels azuréens », a-t-il souligné. Les croisières ne font donc pas partie de la stratégie touristique du président de la Métropole, qui mise davantage sur les grands événements, et sur l’aéroport… Le débat devrait se poursuivre du 9 au 13 juin, alors que Nice accueillera la troisième Conférence des Nations Unies sur l’Océan (UNOC 3) à laquelle participeront de nombreux experts et une centaine de chefs d’État et de gouvernement.

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