jeudi 16 avril 2026
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    Ces boutiques monégasques qui s’ouvrent au e-commerce

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    La vente en ligne comporte son lot d’avantages. Elle permet notamment de pousser les frontières de la Principauté pour toucher la clientèle étrangère. À Monaco, de plus en plus de commerçants font le choix du e-commerce, notamment grâce au programme du gouvernement Extended Monaco pour l’Entreprise. Nous sommes allés à leur rencontre.

    Vendre sur Internet a du bon. La gérante de l’épicerie fine Maison Del Gusto a d’ailleurs décidé de miser uniquement sur la vente en ligne. « Je n’ai pas les moyens de prendre une boutique à Monaco. Il y a beaucoup de frais », constate Elisabetta Ierardi, qui a donc plutôt opté pour un showroom Rue Louis Aureglia. Dans le quartier de Fontvieille, le responsable de la marque de bracelets de luxe Albanu pense que sur le web, « on évite un certain nombre de désagréments. C’est un gain de temps, tout est automatisé. Le client saisit lui-même ses coordonnés, et puis évidemment, c’est plus simple de toucher la clientèle internationale », remarque Kevin Dejoie, le responsable. Autre point positif sur le site, le client peut découvrir et avoir accès à l’ensemble des produits proposés par l’enseigne. « Dans les bijouteries, seuls quelques modèles sont présentés. Certaines choisissent de prendre uniquement les bracelets en poils d’éléphants, d’autres ceux en crins de cheval, par exemple », poursuit le jeune homme. Aussi, avec Internet, les frontières disparaissent. Même si la majorité des clients de 5 Saveurs se trouvent à Monaco, la commerçante du Rocher reçoit des commandes en provenance de France, d’Italie, d’Allemagne et même d’Espagne. Et c’est encore plus pratique en période de pandémie. Avec les restrictions sanitaires, les touristes ont déserté les rues de la Principauté pendant des mois. Aujourd’hui, la situation tend à se normaliser, mais les « clients américains, ceux qui dépensent le plus, manquent toujours à l’appel », constate Alexandra Rinaldi.

    5 SAVEURS — La gérante de 5 Saveurs, Alexandra Rinaldi, a été accompagnée dans sa transition numérique en juillet 2021 grâce à Extended Monaco pour l’Entreprise. © Sarah Incari

    « Je suis d’une génération qui n’est pas forcément à l’aise avec le numérique. J’avais besoin de quelqu’un qui m’accompagne »

    La transformation numérique n’est pas toujours facile

    Le numérique a ses avantages mais il n’est pas l’ami de tous. « J’aimerais développer mon activité sur Internet, mais je ne sais pas comment faire », confie sur un ton navré la patronne de Chaussures Antoinette, magasin situé Boulevard de France. Elle est pourtant convaincue qu’une présence en ligne pourrait augmenter ses ventes… C’est là que le programme proposé par le gouvernement intervient. La gérante de 5 Saveurs a été accompagnée dans sa transition numérique en juillet 2021 grâce à Extended Monaco pour l’Entreprise. Celle qui a ouvert son commerce en 2019 a par ailleurs beaucoup apprécié le suivi. « Une personne s’est déplacée et m’a tout expliqué. Je suis d’une génération qui n’est pas forcément à l’aise avec le numérique. J’avais besoin de quelqu’un qui m’accompagne. » Après un peu plus d’un mois, son site était opérationnel.

    Boutiques e-commerce Monaco transformation digitale
    ALBANU — Le responsable d’Albanu, Kevin Dejoie, nous a ouvert les portes de l’atelier installé à Fontvieille. Cette marque de bracelets de luxe avait déjà un site Internet qui permettait de vendre, mais « il méritait d’être optimisé et mieux référencé », nous dit le responsable. © Sarah Incari

    « Le site manquait de visibilité et le design n’était pas abouti. Maintenant, ça va beaucoup mieux »

    Un coup de pouce financier

    Le fonds bleu, l’aide financière accordée par le gouvernement, a été un vrai moteur pour plusieurs enseignes. « Je voulais créer un site Internet depuis longtemps, mais avec la crise sanitaire, c’était difficile de pouvoir financer ce projet. » Pour la patronne de la boutique de souvenirs 5 Saveurs, le coup de pouce financier proposé par le programme a été le point de départ. De son côté, la marque de bracelets de luxe Albanu avait déjà un site Internet qui permettait de vendre, mais « il méritait d’être optimisé et mieux référencé », nous dit le responsable. « Quand on tapait Albanu dans la barre de recherche, notre site ne sortait même pas sur la première page. On manquait clairement de visibilité », poursuit le jeune homme. 30 % du projet a été financé par l’aide du gouvernement. Une subvention qui a permis de « doubler le chiffre d’affaires sur Internet » selon la marque. Même constat pour la boutique de seconde main de luxe Le Dressing, situé au cœur du quartier de La Condamine. « Le site manquait de visibilité et le design n’était pas abouti. Maintenant, ça va beaucoup mieux », sourit Helen Rimsberg, la fondatrice. « Ça a été un joli geste du gouvernement. On parle de beaucoup d’argent pour se mettre au niveau. Sans ce programme, je ne sais pas si j’aurais fait les démarches moi-même », poursuit la commerçante.

    « Pour l’instant, les retombées ne sont pas énormes. Je ne peux pas faire le poids face à Amazon »

    Pas de bras supplémentaire

    Les commandes sont croissantes mais aucun des commerces contactés n’a eu besoin d’engager du personnel supplémentaire. « Pour l’instant, les retombées ne sont pas énormes. Je ne peux pas faire le poids face à Amazon », regrette la gérante de la boutique de produits provençaux 5 Saveurs, située à deux pas du palais princier. Le géant du web « vend au prix auquel j’achète mes produits. Pour l’instant je gère toute seule », assure la patronne qui a maintenant sa petite routine à elle. « Entre neuf heures et dix heures, tous les matins, je m’occupe des colis. J’ai créé un compte Colissimo, je prépare mes envois et je les dépose à la poste, à Monaco-Ville. Concernant les commandes en Principauté, j’utilise mon scooter ou mes jambes ! », dit-elle amusée. Pas besoin de renfort non plus du côté du Dressing. « Avec les vendeuses, on fait tout nous-mêmes. On gère les commandes et les mises à jour quand il y a des soldes. Envoyer les colis, ça ne prend pas tant de temps que ça », tempère Helen Rimsberg. En revanche, le site nécessite la collaboration d’un « webdesigner et d’un photographe professionnel », précise la gérante qui dans son antre, conserve les vêtements des plus grandes maisons de haute couture.

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