Depuis longtemps, les barrières, rambardes, gouttières et autres rampes d’escaliers de Beausoleil sont encombrées par des antivols de vélos et scooters. Mais depuis l’essor des locations Airbnb, le mobilier urbain sert également à accrocher des boîtes à codes. Ce sont ces boîtiers qui permettent aux propriétaires de ne pas avoir à se déplacer pour accueillir leurs locataires. Ils n’ont qu’à placer les clefs dedans, à les installer dans l’espace public à proximité du logement et à leur communiquer le code pour qu’ils les récupèrent. Un phénomène qui « pullule de plus en plus » selon les mots de Philippe Khemila, adjoint au maire délégué à la sécurité. Le sujet a été abordé fin mai lors du conseil municipal, aboutissant à une interdiction officielle du matériel antivol et des boîtiers à code. Ils seront désormais retirés par les services techniques de la ville et leurs propriétaires pourront les récupérer au poste de Police municipale. Ils devront, au passage, s’acquitter d’une amende de 50 euros. Un montant jugé insuffisamment dissuasif par l’opposition. Depuis, 80 antivols et 20 boîtiers à code ont déjà été retirés. Beausoleil n’est pas la première ville à chasser ces dispositifs. Nice, Paris, Annecy, Lille, Saint-Malo ou encore Biarritz appliquent déjà des mesures similaires. Dans certaines communes, c’est même la police municipale qui se charge de les décrocher. Derrière cette décision, la municipalité envoie un signal contre les AirBnb et tente probablement de décourager certains propriétaires. Rappelons qu’outre les plaintes des lobbies hôteliers, ces locations saisonnières réduisent l’offre de logements pour les résidents permanents, font grimper les prix de l’immobilier, et risquent, à terme de dénaturer l’âme des quartiers.

