Depuis 1969, l’association des handicapés moteurs de Monaco située sur le Rocher, soutient les personnes à mobilité réduite vivant à Monaco et dans les communes limitrophes. Récit de leurs actions et de leurs combats.
Au cœur du Rocher, à quelques pas seulement de la mairie, un chaleureux local, bouillonnant d’activités, abrite l’association des handicapés moteurs de Monaco… C’est là, au 9 rue princesse Marie de Lorraine, que 70 bénévoles se relaient au quotidien pour soutenir une trentaine de personnes à mobilité réduite. Ces “PMR” âgées entre 25 et 40 ans vivent en Principauté mais aussi dans les communes limitrophes, à Beausoleil et Cap d’Ail essentiellement.
Lorsque l’on pénètre ce local, une franche bonne humeur et légèreté se dégagent spontanément. Pourtant, derrière les sourires se cachent des récits et des parcours de vie bien souvent tragiques. « Certains de nos adhérents sont handicapés de naissance. D’autres le sont devenus par maladie ou bien par accident, nous explique Annie Olivi, la présidente de l’association. Nous avons malheureusement de plus en plus d’handicapés suite à des accidents de voiture ou de moto. Il peut s’agir aussi de chutes accidentelles. »
Une mobilité sans entrave
Depuis plus de 50 ans, l’association se démène ainsi pour briser les barrières physiques et sociales que peuvent subir ces personnes déjà malmenées par la vie. L’un des premiers combats de cette association — encore et toujours d’actualité — est celui d’améliorer l’accessibilité et la mobilité dans les rues et les commerces de Monaco. « Nous avons par exemple œuvré au déploiement des ascenseurs sur le territoire. Nous nous sommes également battus pendant des années pour la mise en place de trottoirs bateaux. Et de manière générale, lorsqu’un projet de construction ou de rénovation est en cours à Principauté, nous veillons à ce qu’il y ait un accès pour les handicapés », rajoute Annie Ovili.
Aujourd’hui, la présidente de l’association estime que Monaco a fait une grande partie du chemin pour éliminer les entraves à la mobilité. Un coin du territoire reste toutefois encore difficile d’accès selon elle : le quartier de l’Annonciade, autour de la tour Odéon notamment.

Sortir de l’isolement
L’autre combat de cette association (qui vit uniquement grâce aux dons de fondations, de particuliers et de legs dans le cadre de successions) est de divertir et de créer du lien social entre les adhérents. « Le handicap est encore trop souvent synonyme d’obstacles et d’isolement. Pour l’association, il est capital que toutes ces personnes puissent vivre dignement, loin de tout sentiment d’isolement », insistent les bénévoles.
La structure propose ainsi régulièrement des loisirs très divers : danse, théâtre chant, cuisine, yoga, karaoké, voile et autres ateliers dédiés à la céramique ou encore à la broderie. « Pour le Grand Prix de Monaco, nous recevons également 50 fauteuils roulants et 50 accompagnateurs venus de toute la France, d’Italie, d’Angleterre ou encore d’Allemagne. Une tribune nous a été mise à disposition par l’Automobile Club de Monaco. »
La Casa Devota
Ces moments de vie, les membres parviennent également à en créer entre eux. C’est ainsi qu’un groupe de jeunes garçons en fauteuil roulant se réunit tous les jeudis soir à la Casa Devota. Cette structure créée il y a plus de 15 ans est située à Beausoleil, en dessous du Riviera Palace. Entièrement adaptée aux PMR, elle abrite 7 appartements, tous mis à la disposition des membres de l’association qui en ont besoin.
« Nous avons pu faire cette acquisition grâce à une succession dont nous avons été bénéficiaires, rajoute Annie Olivi. Les travaux de rénovation ont également pu être réalisés grâce à l’aide de sponsors. Ce sont des deux-pièces que nous louons à des tarifs abordables pour nos membres. Chaque appartement dispose de sa terrasse individuelle. Et ceux qui ont une voiture disposent également d’un parking. »

Aides financières
Au-delà du divertissement et du combat mené pour améliorer la mobilité sur le territoire monégasque, cette association apporte bien sûr une écoute bienveillante et une aide psychologique aux jeunes et aux parents qui en expriment le besoin. « Nous pouvons également apporter des conseils. Une dame qui a été amputée des deux jambes par exemple est venue nous demander de l’aide pour l’aménagement de son intérieur sans pour autant adhérer à l’association, rajoute Annie Olivi. Quant aux personnes âgées handicapées qui sont à leur domicile, nous leur rendons visite. Nous les amenons si besoin chez le docteur, ou nous les aidons à faire leurs courses. »
L’aide peut être également financière, notamment pour financer les fauteuils électriques qui coûtent des sommes astronomiques et qui ne sont que très peu pris en charge par les caisses sociales. « Le dernier que nous avons acheté coûtait 17 000 euros. Un autre 22 000 euros. Dans ces cas-là, nous montons des dossiers et nous sollicitons l’aide financière de sponsors ou bien de la Croix-Rouge monégasque. L’association verse également une partie »
(1) L’association avec cette dénomination actuelle a été créée en 1972. Avant cela, en 1969, il s’agissait d’une filiale de l’association des paralysés de France.



