Nathan Mesiano n’a que 18 ans, mais il affiche déjà un parcours hors du commun. Vice-champion du monde en catamaran chez les moins de 25 ans, ce jeune navigateur de la région a un nouvel horizon : la Mini Transat 2027, une traversée de l’Atlantique en solitaire. Un défi sportif colossal… et une revanche sur la vie.
Passionné par la mer depuis sa plus tendre enfance, Nathan commence la voile à 6 ans dans le club nautique de Beaulieu-sur-Mer. En 2018, il s’engage dans le sport-étude à Antibes, puis se spécialise en catamaran à Saint-Laurent-du-Var, où il navigue encore aujourd’hui. Mais à 15 ans, sa vie chavire. Des problèmes familiaux, un moment de désespoir… Nathan est percuté par un train à la gare de Nice dans une tentative de suicide où il perd son bras droit. Contre toute attente, à peine trois mois après l’accident, l’adolescent reprend la mer. Il décide de transformer sa rééducation en préparation physique pour le championnat de France de voile, qui aura lieu deux mois plus tard. « J’ai dit aux médecins : on arrête tout, je veux me concentrer sur cet objectif », a-t-il raconté à L’Obs’. Cinq mois après le drame, il est sur la ligne de départ en Nacra 15, la série olympique jeune. Une performance hors norme, mais aussi une renaissance personnelle.
Objectif : Mini Transat en 2027
Depuis, il enchaîne les succès avec son équipe en catamaran S16. C’est dans cette discipline qu’en 2023, ils terminent 3ème au championnat d’Europe. En 2024, ils sont sacrés vice-champions du monde jeunes. Les jeux paralympiques en voile n’existent plus. Nathan concoure donc contre des gens valides. « J’ai toujours voulu prouver que j’étais autant capable que les autres et lorsque je fais de mauvaises performances, ce n’est pas à cause de mon bras, c’est que j’ai été mauvais », insiste-t-il. Aujourd’hui en terminale, il suit ses cours à domicile, ce qui lui permet d’être également moniteur au club de voile. Une façon de transmettre sa passion, mais aussi de financer son projet phare : participer à la Mini Transat en 2027. Une course transatlantique en solitaire, qui relie la Bretagne et la Guadeloupe avec une escale aux Canaries. La traversée se fait sans assistance ni contact avec la Terre. « On a une radio qui nous sert uniquement en cas de danger, et pour nous annoncer la météo et le classement », précise Nathan.
Une cagnotte en ligne
Pour y participer, le jeune homme doit réunir 120 000 euros : 50 000 euros pour l’achat d’un bateau d’occasion, et 70 000 pour deux ans de préparation, les déplacements, le matériel, la nourriture, les pièces de rechange… « J’ai lancé une cagnotte en ligne, il y a eu beaucoup d’engouement : 1 460 euros réunis en quelques jours. Mais je sais que ça ne suffira pas ». Il démarche donc des sponsors et rêve d’un partenariat qui ai du sens. « Une entreprise locale, qui partage mes valeurs, ce serait l’idéal. Si c’était une société qui fabrique des prothèses par exemple ce serait très cohérent », lance-t-il.
Déterminé, humble et résolument tourné vers l’avenir, il s’entraînera à Marseille, au sein d’un centre spécialisé, pour apprivoiser la navigation en solitaire. Avec sa volonté farouche et malgré son jeune âge, Nathan Mesiano incarne un message d’espoir, de résilience, et de dépassement de soi. Un parcours à suivre de près.


