mercredi 15 avril 2026
plus
    AccueilEnquêtesDans les coulisses de la première école privée anglaise de la Principauté

    Dans les coulisses de la première école privée anglaise de la Principauté

    -

    Située au 8 avenue de Fontvieille au sein de l’immeuble Le Méridien, The British School of Monaco est la première école privée anglaise de la Principauté. A l’heure actuelle, 35 élèves âgés de 5 à 11  ans suivent le programme britannique dispensé entièrement en langue anglaise. Frais de scolarité : 35 000 euros l’année.

    Est-ce le prix de la réussite… ? On le sait, les écoles privées ne sont pas à la portée de toutes les bourses. Et The British School of Monaco — ouvert il y a tout juste un an dans le quartier de Fontvieille — n’échappe pas à la règle. Pour y scolariser leurs enfants, les parents doivent débourser la coquette somme de 35 000 euros par an… Et ce, quel que soit le niveau, qui va de la grande section de maternelle au CM2 (de “Year 1 à Year 6”). Comment expliquer alors une telle somme ? « Il s’agit d’une école entièrement financée de manière privée. Et nous n’avons pas de subvention du gouvernement, expliquent les deux fondateurs, l’Ukrainienne, Olena Sullivan Prykhodko, et son mari, le Britannique, Luke Sullivan. Il y a le coût des locaux et le coût des enseignants qui est également très élevé. » Cette école privée anglaise qui promet de fournir un « apprentissage d’excellence », accueille surtout des élèves dont les parents sont de nouveaux résidents monégasques. « Trouver une école appropriée pour ses enfants est très souvent la raison principale pour une famille de s’installer dans un pays, rajoutent-ils. Nous sommes ainsi ravis que The British School of Monaco s’inscrive pleinement dans le programme d’attractivité de la Principauté pour faciliter l’accueil des nouveaux résidents. Nous travaillons d’ailleurs avec Extended Monaco. »

    5 à 6 élèves par classe seulement

    Premier atout non négligeable : ici, pas de classes surchargées. Loin de là. Cette jeune école compte seulement six classes. Et dans chacune d’elle, il n’y a, actuellement, qu’entre 5 ou 6 élèves. De quoi assurer un enseignement sur mesure. « A l’ouverture, l’année dernière, nous avions accueilli 7 enfants. Aujourd’hui, nous en avons 35 », précise encore Olena Sullivan Prykhodko. Au total, cet établissement de 660 m2 sur deux étages espère accueillir à terme jusqu’à 96 élèves, avec une limite de 16 élèves par classe. « J’ai eu l’opportunité au cours de ma carrière de travailler dans de grandes et de petites écoles. J’en suis venu à penser qu’il y a quelque chose de vraiment spécial dans un petit environnement scolaire, rajoute de son côté le directeur de l’établissement, Stuart Bradley. Ce sont des endroits où les individus comptent et qui encouragent le développement. Vous pouvez prêter attention aux détails. »

    Une offre complémentaire ?

    Alors qu’il existe d’ores et déjà l’International school of Monaco (ISM), en quoi ce nouvel établissement — qui applique le programme scolaire britannique — était-il nécessaire en Principauté ? « Dès 2016, nous avons travaillé avec beaucoup de familles internationales qui s’installent à Monaco, au travers de tutorat et d’accompagnements pédagogiques personnalisés. Nous nous sommes rendu compte qu’il y avait une place pour un troisième cursus à Monaco, estiment les fondateurs. Il y a d’un côté, un excellent système scolaire public, puis, l’école internationale qui est bilingue, surtout dans le cycle primaire, et nous, désormais, qui sommes monolingue, bien que nous dispensions aussi des cours de français tous les jours à nos élèves. » Si l’école est 100 % privée, cela n’empêche pas l’éducation nationale monégasque de garder un œil attentif à l’enseignement qui y est dispensé. « Le projet a pris un peu de temps à se mettre en place car le gouvernement voulait s’assurer de la qualité de l’offre. Et c’est très bien qu’il y ait une approche si exigeante. Nous faisons des points réguliers avec l’éducation nationale. Nous soumettons aussi la liste des enseignants et nous sommes très transparents. » Côté enseignants justement, la communauté éducative de la British School of Monaco est aujourd’hui composée de six institutrices (une par classe d’âge) et de professeurs supplémentaires pour des matières particulières comme le français ou encore le sport. « Lors du recrutement de nos professeurs, nous avons veillé à ce qu’ils aient au minimum 5 ans de carrière dans le cycle primaire et qu’ils soient titulaires d’un master, soit d’un PGCE, post graduate certificate in education. »

    British School Monaco Ecole privée anglaise Principauté
    The British School of Monaco ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Les deux fondateurs souhaitent étendre cette école (aujourd’hui uniquement primaire) aux classes du secondaire (de year 7 à year 13) pour accueillir des élèves âgés de 11 à 18 ans. © Photo Valeria Maselli / British School of Monaco

    Un établissement cosmopolite et l’uniforme obligatoire

    Quant aux élèves, le moins que l’on puisse dire c’est qu’ils sont d’origines très variées. 17 nationalités différentes sont en effet présentes actuellement au sein de l’école.  « Nous avons des élèves anglais, américains, russes, kazakhs, ou même australiens. » Et tout est fait pour que les élèves non-anglophones puissent se mettre à niveau. « Souvent, nous avons des enfants qui ne parlent pas du tout anglais, mais puisque l’école est encore petite, ils se rattrapent très vite car le programme est intense. Ce qui est le plus important pour nous, c’est que les élèves maîtrisent la langue anglaise à partir de la troisième année. » Autre particularité : tous les élèves doivent obligatoirement porter un uniforme, mais aussi des chaussures noires et aucun signe extérieur de “richesse”… « Les montres, par exemple, ne sont pas autorisées », nous indique-t-on.

    De 11 à 18 ans : une extension au secondaire ?

    The British School of Monaco ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Les deux fondateurs souhaitent étendre cette école (aujourd’hui uniquement primaire), aux classes du secondaire (de year 7 à year 13) , c’est-à-dire de la sixième à la terminale, pour accueillir des élèves âgés de 11 à 18 ans. « Nous allons déposer un dossier au gouvernement, expliquent les fondateurs. Notre objectif est de rester toujours dans l’esprit d’une petite école et d’accueillir une centaine d’élèves supplémentaires, avec toujours une classe par niveau. »

    La récréation externalisée

    Trouver une aire de jeux extérieure pour enfants n’est pas chose aisée en Principauté. Si l’école est située au sein de l’immeuble Le Méridien au 8 avenue de Fontvieille, la cour de récréation, elle, est ailleurs. Les élèves sont en effet accompagnés dans d’autres locaux situés au 11 rue du Gabian. Il s’agit de l’ancienne crèche de la SBM Offshore, au troisième étage, où se situe une grande cour extérieure. Cette école britannique propose aussi une cantine le midi avec entrée, plat et dessert. Le prestataire est l’enseigne A Roca qui a conçu un menu spécifique pour ces élèves.

    -

    Les dernières news

    L’Observateur de Monaco

    Créé en 2005, L’Observateur de Monaco s’est progressivement imposé comme un rendez-vous mensuel d’information et d’analyse consacré à la vie de...

    Plongée nostalgique dans le Monaco des années 50 à 70

    C’est une immersion dans le Monaco d’hier. À travers un document baptisé Florilège d’actualités monégasques filmées par TMC, la plateforme de l’Institut audiovisuel de Monaco a exhumé des mini-reportages tournés entre 1956 et 1974 par Télé Monte-Carlo.

    Sécurité, projets pour le Devens, salles de prières, relations avec Monaco… Les propositions des candidats aux municipales de Beausoleil

    De la sécurité au réaménagement du Devens, en passant par la question des lieux de prière, les candidats aux municipales de Beausoleil déclinent leurs priorités et leurs propositions.

    La Sélection

    Jeunes diplômés à Monaco : voici les secteurs qui recrutent

    Créée en 2010, la Commission d’insertion des diplômés (CID) aide la jeunesse de la Principauté — et désormais celle des communes limitrophes — à trouver un stage, une alternance, ou un premier emploi à Monaco. Comment ces jeunes lycéens et étudiants sont-ils accompagnés dans le grand bain de la vie active ? Quels sont les secteurs d’activité qui recrutent et ceux qui embauchent peu en Principauté ? Et quel est l’intérêt des entreprises monégasques à collaborer avec cette commission ? L’Obs’ vous dit tout.

    Activités immobilières à Monaco : le grand ménage législatif

    Avec plus de 160 agences immobilières, une surreprésentation de marchands de biens, et une multitude d’intermédiaires non autorisés, une concurrence féroce et parfois déloyale se joue. Pour professionnaliser et encadrer ce secteur central de l’économie monégasque, deux textes de loi ont récemment émergé avec des mesures clés : obligation d’une résidence effective à Monaco, fin des prête-noms, mandat écrit obligatoire, ou encore carte professionnelle et formation continue. Voici ce qu’il faut retenir.

    Monaco veut défendre son image à l’international face aux critiques

    Face à des articles de presse considérés comme « dévalorisants », le gouvernement monégasque et le Conseil national souhaitent mettre en place une communication plus proactive à l’international pour défendre l’image de la Principauté.