Inspiré du « violentomètre » français, cet outil, dont une édition est dédiée aux adultes et une autre aux jeunes, permet d’évaluer le degré de violence d’une relation amoureuse ou amicale et oriente vers les dispositifs d’aide existants sur le territoire.
Ce matin, la direction de la communication et le comité pour la promotion et la protection des droits des femmes ont présenté à la presse un outil pour mesurer les violences dans un couple et dans les relations entre jeunes. Baptisé « échelle des violences », il présente des scènes de vie concrètes du quotidien sur une sorte de thermomètre gradué permettant aux personnes de situer la toxicité d’une relation. Il existe depuis 2018 en France sous le nom de « violentomètre », mais le gouvernement tenait à avoir son propre outil, réfléchi et élaboré par des professionnels du sujet travaillant à Monaco. Deux supports ont été élaborés : un à destination des adultes (et en particulier des femmes), l’autre à destination des jeunes. Le second utilise le tutoiement et un vocabulaire plus adapté. Les deux ont été traduits en anglais.
Violences de tous ordres
Chacun est divisé en trois parties. Pour les jeunes : cyberviolences, violences psychologiques et violences physiques et sexuelles. Pour les adultes les cyberviolences sont remplacées par les violences économiques et administratives, les deux autres catégories sont identiques. Concrètement, la première partie de l’échelle liste des comportements normaux présents dans une relation saine. Pour les jeunes, « tes échanges en ligne sont sereins », « tu ne te sens pas jugé sur ton apparence » ou encore « ton intimité et ton consentement sont respectés ». Pour les adultes, « vous gérez librement votre budget » « vous décidez seul de votre apparence » ou encore « vos désirs et votre consentement sont respectés ».
Des signes d’alerte
Les actes répertoriés ensuite (en violet pour les jeunes, en orange pour les adultes) doivent être perçus comme des signes d’alerte. Par exemple, pour les jeunes, « tu reçois des appels ou messages hostiles », « tu es rabaissé en public » ou « tu te sens menacé par des attitudes agressives ». Pour les adultes, « votre partenaire vous demande de justifier vos dépenses », « vous fait des remarques sur votre apparence », « frappe dans les murs ou casse des objets »… Enfin, les comportements listés en rouge sont dans la catégorie « danger » : « votre partenaire vous confisque vos papiers, vous insulte et vous frappe ou vous oblige à avoir des relations sexuelles ou des pratiques que vous ne voulez pas… Pour les jeunes, diffusion de vidéos intimes, insultes, coups et relations sans consentement sont mentionnés.
Apprendre à identifier les comportements violents
Tout ceci peut évidemment sembler logique, mais il faut comprendre que certaines personnes ne savent pas identifier les comportements violents et/ou problématiques. Il a souvent été montré que certaines jeunes femmes par exemple, ont tendance à minimiser certains comportements de jalousie ou de possessivité, les considérant comme des preuves d’amour. L’idée est donc aussi de mettre les choses au clair, et de les écrire noir sur blanc. « Dans la lutte contre les violences, j’ai compris au fil de mon parcours que nous n’en faisions jamais trop en matière d’information », a expliqué Céline Cottalorda, déléguée interministérielle pour les droits des femmes.
Distribuées dans le secondaire en novembre
A la fin des brochures, qui ont été conçues en format de poche pour être « facilement dissimulables », sont inscrits les numéros d’aide et d’urgence. 20 000 supports ont été édités. Elles seront offertes à tous les professionnels travaillant sur ces sujets : DASO, AVIP, Sûreté Publique, CHPG, Palais de Justice et Direction de l’Éducation Nationale de la Jeunesse et des Sports (DENJS). L’outil sera aussi distribué aux élèves de tous les collèges et lycées de la Principauté au mois de novembre, en complément d’autres initiatives organisées dans le cadre du mois contre le harcèlement. « Par la suite, nous espérons que cette échelle deviendra un outil grand public », a assuré Céline Cottalorda. En France, le violentomètre a pendant un temps été affiché sur les emballages des boulangeries ou encore des pharmacies.
La déléguée interministérielle a par ailleurs profité de l’événement pour annoncer que le manga créé l’année dernière dans le cadre de la campagne contre le cyberharcèlement avait connu un franc succès, et que le gouvernement envisageait de le traduire en anglais pour tenter de l’exporter, notamment dans le cadre de l’expo universelle Osaka 2025.
