dimanche 12 avril 2026
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    Enfants ukrainiens scolarisés à Monaco : « La difficulté majeure a été, pour certains, le traumatisme d’avoir quitté leur pays précipitamment »

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    Depuis le début de l’invasion russe en février 2022, une cinquante d’enfants ukrainiens ont été scolarisés dans les établissements scolaires monégasques. Comment vivent-ils ce changement de vie aussi brutal que soudain ? Bénéficient-ils au niveau scolaire d’un programme personnalisé et de soutien psychologique ? Les réponses d’Isabelle Bonnal, commissaire générale, chargée de la direction de l’éducation nationale, de la jeunesse et des sports.

    Ils sont arrivés sur le territoire monégasque à la hâte, pour fuir les bombes russes… Depuis le début de la guerre, il y a un an jour pour jour, plus d’une cinquantaine d’élèves ukrainiens au total ont été scolarisés en Principauté, de la maternelle jusqu’au lycée. Mi janvier, Isabelle Bonnal qui chapeaute l’éducation nationale monégasque, nous dévoilait les principaux chiffres. « Sur 54 élèves , 15 ont déjà quitté Monaco, et 39 sont encore actuellement scolarisés. Le plus jeune est âgé de 3 ans. La plus âgée a 19 ans » (1)

    « Des liens privilégiés avec des élèves russophones »

    Jour après jour, épaulés par les équipes pédagogiques, ces enfants apprennent ainsi à s’adapter à cet environnement tout nouveau pour eux, et à se faire d’autres camarades . Selon les autorités monégasques, à ce stade, leur adaptation est plutôt « bonne » et leur intégration « réussie ». « On constate qu’ils sont parvenus à créer des liens avec les autres élèves. Ils entretiennent des liens privilégiés, en particulier avec d’autres élèves ukrainiens mais également avec des élèves russophones », observe encore Isabelle Bonnal. 

    « Changement brutal d’environnement »

    Cela n’empêche évidemment pas que, pour plusieurs enfants, la transition fut difficile.  La difficulté majeure ayant été, pour certains, le traumatisme d’avoir quitté leur pays  précipitamment. « Pour la majorité d’entre eux, les problématiques les plus souvent rencontrées ont été le changement brutal d’environnement et la non-maîtrise de la langue française », rajoute l’éducation nationale. Pour les aider à s’adapter, les équipes pédagogiques ont donc été particulièrement vigilantes et bienveillantes. « Nous avons fait en sorte que leur adaptation à la scolarité monégasque se déroule dans les meilleures conditions possibles. »

    Isabelle Bonnal Directrice Éducation Nationale, jeunesse et des sports
    « On constate qu’ils sont parvenus à créer des liens avec les autres élèves. Ils entretiennent des liens privilégiés, en particulier a vec d’autres élèves ukrainiens mais également avec des élèves russophones. » Isabelle Bonnal, commissaire générale, chargée de la direction de l’éducation nationale. © Photo Iulian Giurca / L’Observateur de Monaco

    Des supports numériques pour aider les élèves

    Concrètement, qu’est-ce qui a été fait ? Comment ces enfants parviennent-ils à suivre des cours dans une langue qui n’est pas la leur ? L’éducation nationale rappelle tout d’abord que près de 140 nationalités sont représentées sur le territoire monégasque. « Les équipes pédagogiques ont donc l’habitude d’accueillir et de s’adapter aux besoins des élèves non francophones », rappelle Isabelle Bonnal. Pour aider ces enfants à mieux comprendre les notions abordées en classe, les enseignants s’appuient ainsi sur des supports visuels et l’utilisation de tableaux numériques interactifs. « En outre, le gouvernement a doté d’un ordinateur portable chaque collégien et lycéen scolarisés dans les établissements publics. Ce qui leur permet également, individuellement, d’accéder aisément à des supports numériques imagés », rajoute la commissaire générale.

    Des cours de français spécifiques

    De plus, pour s’affranchir de la barrière de la langue, des cours de français leur sont régulièrement dispensés. Et ce, quel que soit leur niveau scolaire. En primaire par exemple, un professeur des écoles russophone a été recruté. Sa mission : évaluer le niveau des élèves à leur arrivée à l’école, pour ensuite leur dispenser des cours.  Au collège Charles III, les élèves non francophones qui arrivent en Principauté sont déjà scolarisés dans des classes spécifiques, pour faciliter leur apprentissage de la langue française. Les élèves ukrainiens ont donc été inscrits dans ces classes appelées “FLE“ pour “français langue étrangère“. Ils ont pu ainsi bénéficier de cours de français spécifiques à la place des cours de français traditionnels. Au collège FANB, au lycée Albert Ier et au lycée technique et hôtelier, des dispositifs spécifiques ont aussi été créés pour les élèves ukrainiens. Avec un double objectif : qu’ils puissent maîtriser les rudiments de la langue française le plus rapidement possible, tout en apprenant en parallèle les notions abordées dans leurs domaines disciplinaires. « Pour ce faire, des heures supplémentaires ont été allouées à certains professeurs », rajoute Isabelle Bonnal.

    Lire aussi : Guerre en Ukraine, un an après : le témoignage bouleversant de la résidente monégasque Tatiana Brico

    Une cellule psychologique pour les « blessés psychiques »

    Quid alors de la prise en charge psychologique ? Difficile en effet de laisser place à l’insouciance lorsque son pays est en guerre. Selon l’éducation nationale, les psychologues scolaires ont donc  été particulièrement attentifs à la santé psychologique de ces élèves déplacés. Avec l’accord de leurs parents, certains d’entre eux ont été reçus par les psychologues scolaires pour des entretiens individuels. Ces professionnels ont ensuite réalisé, si nécessaire, des liens avec les services de soins partenaires de l’éducation nationale. Et notamment avec la cellule d’urgence médico-psychologique (CUMP) du CHPG. « Cette cellule permet une prise en charge médico-psychologique précoce des “blessés psychiques“ (enfants et adultes) victimes de catastrophes, d’accidents collectifs ou d’attentats. Ce dispositif sanitaire, préexistant, a été particulièrement utile et efficace pour répondre aux besoins des enfants et des adultes ukrainiens déplacés, traumatisés par la guerre », conclut Isabelle Bonnal. A noter enfin que « pour éviter toute difficulté d’ordre financier », les frais inhérents à la scolarité (cantine, tenues de sport…) ont été pris en charge par le gouvernement au cours de l’année 2021-2022 pour toutes ces familles. « Depuis la rentrée de septembre 2022, une aide ciblée est apportée aux familles, après l’analyse individuelle de chaque situation par les assistantes sociales des établissements scolaires », indique l’éducation nationale.

    (1) Les enfants ukrainiens déplacés sont scolarisés de la petite section de maternelle, à la 1ère, dans différents établissements : six sont à l’école maternelle (école des Carmes, école Stella, école du parc et Cours Saint‑Maur), 14 en école élémentaire (école de Fontvieille, école Saint-Charles, école des Révoires et école de la Condamine), 14 en collège (collège Charles III et collège François d’Assise Nicolas Barré) et 5 en lycée (lycée Albert 1er et lycée technique et hôtelier de Monaco). Chiffres à mi janvier 2023.

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