Stéphane Valeri a dévoilé les résultats de l’exercice 2023-2024 de la Société des Bains de Mer (SBM). Avec un chiffre d’affaires et un résultat opérationnel en progression, le groupe monégasque affiche une santé financière plus robuste que jamais. Dans le détail, l’immobilier se révèle être le pilier de la rentabilité du groupe alors que des défis persistent dans les secteurs des jeux et de l’hôtellerie-restauration.
C’est avec une certaine satisfaction que Stéphane Valeri a présenté les résultats de la Société des Bains de Mer pour l’exercice 2023-2024, fin mai, devant la presse. Et pour cause, sa première année complète à la tête du mastodonte monégasque affiche des chiffres record dans l’histoire du groupe. Le chiffre d’affaires, en hausse de plus de 6%, a atteint 704 millions d’euros (contre 667 millions d’euros l’année précédente). Le résultat opérationnel, qui donne une vision plus réaliste de la rentabilité de l’entreprise, est lui aussi en légère progression : 73,5 millions d’euros (vs 72 millions d’euros en 2022-2023). A ces résultats opérationnels, il faut ajouter une trentaine de millions d’euros de résultats financiers. Le Président-délégué précise que l’année écoulée a aussi été celle de la fin des dettes pour la SBM, qui a terminé de rembourser l’intégralité de ses crédits.
L’immobilier est le grand pourvoyeur de revenus opérationnels
Les trois secteurs d’activité du groupe ont vu leur chiffre d’affaires augmenter : +6 millions pour les jeux, + 20 millions pour l’hôtellerie-restauration et + 10 millions pour l’immobilier locatif. Mais c’est ce dernier qui est, selon les mots de Stéphane Valeri, « le grand pourvoyeur des revenus opérationnels » et « le très bon élève du groupe ». En effet, « l’immobilier ne représente que 19% du chiffre d’affaires du groupe, mais 100% des résultats opérationnels », a-t-il souligné. Il a été notamment porté par l’indexation des baux locatifs, et par les loyers que commence à percevoir la SBM pour les commerces du nouveau Café de Paris.
« Nous avons dû refuser de très gros clients »
Dans les autres branches, le bilan est plus mitigé. « Pour être clair nous perdons 5 millions d’euros dans l’exploitation des Casinos et 18 millions dans l’exploitation des hôtels et restaurant sur l’exercice », a fini par lâcher le Président-délégué. Côté jeux, avec des règles internationales de compliance de plus en plus drastiques, le groupe a dû « refuser de très gros clients qui ne correspondaient plus aux normes (…), notamment en provenance des pays de l’Est et du Moyen Orient », a-t-il souligné, précisant s’être ainsi privé de plusieurs dizaines de millions d’euros de chiffre d’affaires. Une perte en partie compensée par les impayés très importants qu’a été cherché le groupe. Stéphane Valeri affirme que la SBM est désormais plus stricte sur les prêts et exige des dépôts de garantie plus importants.
« Nous perdons de l’argent sur la restauration »
La branche hôtellerie a enregistré de bons résultats, notamment grâce au prix moyen des chambres, revu à la hausse. « Nous les avons fait augmenter de 8% cette année et nous continuerons l’année prochaine si le service suit. Nous avons encore une marge importante mais pour cela il faut viser l’excellence, continuer à augmenter la qualité du service et investir dans le personnel ». « Là où nous perdons de l’argent, c’est sur la restauration », déplore Stéphane Valeri, qui précise que pour l’heure, tous les restaurants du groupe ne sont pas rentables. En cause, le coût de l’effectif qui a été renforcé « pour diminuer la pression sur les salariés », et les dépenses conjoncturelles liées aux ouvertures du nouveau Café de Paris et d’Amazonico. Le Président compte améliorer les bénéfices des restaurants grâce au recrutement d’une nouvelle directrice des achats très expérimentée, qui a notamment fait ses armes au sein du groupe ACCOR. « Nous sommes convaincus que nous pouvons avoir la même qualité (ndlr de produits) à des prix inférieurs », a-t-il assuré.
Des perspectives prometteuses
Les perspectives sont réjouissantes pour l’exercice à venir. Il bénéficiera en premier lieu des retombées du Grand Prix. « Je peux vous dire que le Grand Prix 2024 a été un grand cru. La performance de la SBM a été à la hauteur de la victoire de Charles Leclerc. Amazonico et le Café de paris en particulier ont fait des chiffres exceptionnels », a déclaré Stéphane Valeri. Par ailleurs, les nouveautés et réouvertures devraient porter leurs fruits. La nouvelle version du restaurant Elsa a déjà du succès et le directeur a « bon espoir que Marcel Ravin en fasse un nouveau restaurant étoilé pour la SBM ». Le 31 mai, la Vigie réouvrira également le midi, mais aussi le soir, pour combler un manque identifié l’année dernière. Citons aussi le Coya, rénové, qui compte quarante places supplémentaires. Et puis il y aura le nouveau concept de restaurant japonais de Yannick Alléno, l’Abysse, qui ouvrira au sein de l’Hermitage en juillet. « Il nous fait le plaisir de nous envoyer son grand chef japonais, celui qui a obtenu ses deux étoiles à Paris », se réjouit Stéphane Valeri. Très attendus par les Monégasques, le New Moods dans sa nouvelle version avec music live et comedy club devrait aussi être un succès. La SBM veut continuer d’y pratiquer des tarifs bon marché pour qu’il reste un lieu populaire fréquenté par la jeunesse locale, mais compte gagner de l’argent en le privatisant lors des gros événements comme le Yacht Show, le Rolex Monte-Carlo Masters ou le Grand Prix.
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Des projets sur les terrasses du Casino et au Méridien
La suite est également prometteuse sur le segment immobilier déjà performant. Les gains relatifs aux loyers vont être de plus en plus conséquents avec l’ouverture prochaine de Tag Heuer, Chopard et Arije. Par ailleurs, la SBM a un projet sur les terrasses du Casino, même s’il ne pourra démarrer que lorsque la banque Rothschild sera relogée. Le groupe est également candidat pour reconstruire un complexe au Méridien, qui sera à la fois hôtelier et immobilier. « Même si nous avons une partie du terrain, c’est l’État monégasque qui est le principal propriétaire et qui décidera de l’attribution de ce marché dans les prochaines années », a expliqué Stéphane Valeri qui considère que « la SBM a quelques atouts pour convaincre ».
D’où viennent les clients des hôtels SBM ?
Stéphane Valeri a profité de la présentation des résultats pour dresser un portrait de la clientèle des hôtels de la SBM sur l’année 2023. Les Américains et les Canadiens sont en première position, représentant 17,1% du chiffre d’affaires de la branche hébergement. Juste derrière, la clientèle française constitue 11,7% du chiffre d’affaires. Un chiffre en léger recul, à égalité désormais avec le Moyen-Orient qui, lui, est en progression. Puis viennent le Royaume-Uni et Irlande (10,3% du CA) et la Suisse (6,8%).

