vendredi 1 mai 2026
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    Quelles sont les destinations les plus prisées des résidents monégasques ?

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    Quelles sont les tendances actuelles en matière de tourisme ? Les destinations les plus prisées et les pays à éviter ? Comment se portent les agences de voyage classiques face à la concurrence d’Airbnb, Expedia et autre Booking ? L’Observateur de Monaco a fait le point avec Maurizio Spinetta, directeur de Jet-travel Monaco, une agence installée à Fontvieille depuis vingt ans.

    Vous êtes à la tête de l’agence Jet Travel depuis 2004 et organisez aussi bien des séjours de loisirs que des voyages d’affaires. Quelles sont les destinations les plus prisées actuellement ?

    Sans surprise il y a Dubaï. Cette destination a été complètement prise d’assaut après le Covid, d’autant qu’en 2021 le pays accueillait l’Exposition universelle. Actuellement, ça se calme un peu, mais il y a toujours beaucoup de demandes. L’Arabie Saoudite est aussi très demandée. Le pays est en train d’investir massivement dans le tourisme et va être une destination intéressante pour 2025. Ensuite il y a toutes les îles de l’océan Indien : l’île Maurice, Zanzibar, les Maldives et les Seychelles. Les Etats-Unis sont également toujours très prisés. Depuis l’année dernière, on vend aussi énormément le Japon, surtout en ce moment puisqu’au mois d’avril-mai les arbres sont en fleurs. C’est magnifique. C’est leur saison touristique. L’Asie en général est très appréciée ces derniers temps : Bali, la Thaïlande, le Vietnam, le Cambodge… Quant à l’Amérique centrale, elle était en déclin mais est de nouveau à la mode : la Colombie, le Pérou ou encore le Brésil. L’Italie proche nous est par ailleurs souvent demandée à Monaco. Actuellement, c’est aussi la période des stations de ski mais avec le manque de neige, c’est compliqué. Et puis il y a Paris. Disneyland a très bien marché cette année avec la réouverture, après rénovation, du Disneyland Hôtel.

    A l’inverse, quelles destinations ne sont jamais demandées ou impossibles d’accès ?

    En ce moment, pour des raisons géopolitiques et de conflits, certaines régions du monde sont déconseillées comme Israël, la Russie, l’Afghanistan, la Corée du Nord. L’Égypte était toujours beaucoup demandée jusqu’à présent, malheureusement, à cause de la guerre, ce n’est plus le cas. Ce n’est pas fermé ni à risque, mais les clients ont peur. Jusqu’à il y a six mois, le Chili et le Pérou aussi étaient déconseillés mais la situation s’est améliorée. En revanche, la Colombie, contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce n’est pas vraiment risqué.

    Nous n’avons pas beaucoup parlé de l’Afrique. Qu’en est-il ? Le continent est moins demandé que les autres ?

    Le Rwanda pour les gorilles, Zanzibar pour ses plages, La Tanzanie, l’Afrique du Sud, la Namibie et le Kenya pour les safaris, ce sont des zones qui marchent très bien. En Afrique du Nord, on vend beaucoup le Maroc, la Tunisie modérément. En revanche, en effet, en Afrique centrale, on fait surtout les voyages d’affaires, pas du loisir, pour des questions de sécurité.

    Quels formats de voyage sont les plus tendance ?

    On reprend beaucoup la vente de la croisière. Cela fait partie des formats les plus intéressants niveau rapport qualité/prix. C’est presque toujours du l’All inclusive. Il y en a pour tous les goûts, les âges et les budgets, du tarif de base à l’ultra luxe. Il y a de plus en plus de demandes d’endroits isolés aussi, tranquilles, loin de tout, sans bruit… Les clients cherchent à se ressourcer.

    Maurizio Spinetta Jet Travel voyage agence
    « En passant par l’agence de voyages, pour quelques euros de plus, vous gagnez en tranquillité et en confort. On peut avoir des meilleures chambres, des exclusivités, on a le taux de remplissage des vols en temps réel, on peut insister pour trouver de la place quand c’est affiché complet sur Internet parce qu’on connaît les hôtels et on a des rapports privilégiés avec eux. Et surtout, on est certains de la qualité des hébergements ou activités proposées. » © Photo Jet-Travel

    A Monaco, le secteur du voyage est-il concurrentiel ?

    Oui, très concurrentiel. Il y a beaucoup d’agences, auxquelles il faut ajouter des indépendants qui vendent des voyages. Au total, cela représente une grosse vingtaine d’acteurs. Pour la place monégasque, c’est beaucoup. Quand j’ai démarré en 2004, nous n’étions « que » 11.

    Le Covid a frappé de plein fouet le secteur du tourisme. Savez-vous s’il y a eu des faillites et des licenciements massifs pendant la crise sanitaire dans les agences de voyage ?

    Le marché s’est arrêté pendant 1 an et demi. Il y a donc forcément eu des licenciements, mais pas chez nous. Un peu comme dans le secteur de la restauration, il y a eu des reconversions. Pas à Monaco car c’est toujours un cas à part, mais en France et de manière globale, beaucoup d’agents de voyages sont allés dans l’immobilier parce qu’ils avaient perdu leur boulot et que le secteur immobilier, à l’inverse, a explosé à cette période. Quand l’activité a repris, la difficulté a été de retrouver des employés. Aujourd’hui encore, nous recherchons deux personnes expérimentées et espérons les attirer par le dynamisme de Jet-travel. La crise sanitaire a été un coup dur, mais le secteur du voyage se porte désormais très bien, même mieux qu’avant : les chiffres montrent une croissance de 20 à 30 % du tourisme par rapport à 2019.

    Ces dernières années les agences de voyages ont dû faire face à l’arrivée des OTA (Online Travel Agency) : Airbnb (en 2008), Expedia ou encore Booking… Considérez-vous cela comme une concurrence ?

    Oui, c’est une réelle concurrence. Il peut sembler facile de réserver un voyage sur Internet… Mais cela ne nous empêche pas de voir le chiffre d’affaires de Jet-travel augmenter tous les ans depuis l’ouverture de l’agence. Là où l’on peut être un peu déçus, c’est quand un client vient faire un devis et nous met en concurrence avec ces sites Internet ou simplement reprend nos itinéraires et conseils mais refait tout lui-même. Parfois, ils le font une fois, mais l’année d’après, ils reviennent à l’agence parce qu’ils se rendent compte de notre plus-value. Quand il y a un problème, on le gère. Seuls, ils n’ont pas de SAV et peuvent rester une heure au téléphone sur un numéro payant par exemple… En passant par l’agence de voyages, pour quelques euros de plus, vous gagnez en tranquillité et en confort. On peut avoir des meilleures chambres, des exclusivités, on a le taux de remplissage des vols en temps réel, on peut insister pour trouver de la place quand c’est affiché complet sur Internet parce qu’on connaît les hôtels et on a des rapports privilégiés avec eux.

    Et surtout, on est certains de la qualité des hébergements ou activités proposées puisque l’on s’appuie sur les voyages que l’on a faits (tout notre personnel teste continuellement les destinations afin de mieux conseiller) et sur les retours de nos clients. Cela nous donne une expertise intéressante et des astuces précises : on sait qu’il faut aller pêcher dans cette île plutôt que dans l’autre, que ces zones-là sont plus typiques, moins touristiques, etc. Beaucoup pensent que sur Internet on a la réponse immédiate à des prix intéressants, mais les robots ne trouvent pas toujours la meilleure solution. Nos agents de voyages proposent des devis entièrement à la carte, des voyages très haut de gamme, « cousus main », entièrement sur mesure que vous ne trouverez pas sur Internet. Quand on planifie un voyage à l’autre bout du monde, que c’est vos seules vacances ou bien le voyage d’une vie, n’est-il pas plus sûr de faire appel à des experts ?

    Le saviez-vous ? Vous ne pouvez pas aller aux Etats-Unis si vous avez voyagé à Cuba

    Les ressortissants d’une quarantaine de pays, dont Monaco et la France, sont exemptés de visa pour des voyages touristiques ou d’affaires de moins de 90 jours aux États-Unis. Il leur suffit de faire une demande d’autorisation de voyage électronique (Esta) avant le départ. Mais attention, son obtention dépend de votre historique de voyages. Si votre passeport contient un tampon de Cuba, l’Iran, l’Irak, la Libye, la Somalie, le Soudan, la Syrie ou le Yémen, vous n’y êtes plus éligibles car ces pays sont sur la liste noire américaine des pays soutenant le terrorisme. La seule solution, à l’heure actuelle, est de renouveler son passeport. Une faille qui ne devrait bientôt plus exister avec la dématérialisation de tous les titres sécurisés.

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