Prêt à dompter cet immense territoire sauvage ? A trois heures de route de la Principauté, on quitte l’ultra-urbanisation pour se ressourcer dans les marais salants et les traditions ancrées d’une Camargue intacte. Bon et beau voyage dans les pas de l’Obs…
Un pays dans le pays. Un monde à part où la nature et les traditions ont été précieusement conservées. A mi-chemin entre les départements des Bouches-du-Rhône et du Gard, l’espace camarguais se découvre au fil de ses petites routes départementales, de ses canaux et de ses plages. Les animaux endémiques — les emblématiques flamants roses et taureaux — sont omniprésents. Le territoire a su se préserver et offrir de très beaux et grands espaces de découverte. A l’image du parc ornithologique du Pont de Gau (Bouches-du-Rhône) en plein cœur du parc naturel de Camargue. Ici, on soigne tous les volatiles blessés. Lieu refuge de colonie de flamants roses, on peut les observer vaquer à leurs occupations dans des étangs démesurés. A quelques encablures, on profite d’une visite pédagogique pour mieux comprendre la sociologie et la reproduction de ces individus. Si la parade nuptiale se déroule en hiver, c’est en plein cœur de l’été qu’on peut assister à un événement unique : la naissance de bébé flamant rose.
Réserve naturelle du Scamandre
Pour voir d’autres individus à plumes, il faut se rendre au centre de découverte du Scamandre (Gard) où plusieurs étangs ont été aménagés afin de permettre un parcours où les jumelles sont grandement recommandées. Vaste de 130 hectares, cette réserve naturelle sur pilotis a la particularité d’offrir des sentiers libres d’accès. Et constitue l’un des lieux les plus emblématiques de la Camargue et de sa biodiversité. Une visite guidée offre des paysages somptueux et la possibilité d’observer des oiseaux protégés. Comme les Ibis qui ont trouvé au Scamandre leur site français fétiche. La visite en plein air doit se poursuivre vers la pointe de l’Espiguette sur la commune du Grau-du-Roi. Unique en Europe, il s’agit d’un vaste massif dunaire situé sur le littoral méditerranéen. 10 kilomètres de sable et des couchers de soleil à couper le souffle. A pied ou à cheval, l’escapade vaut le détour.

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© Photo L’Obs’ – Anne-Sophie Fontanet 
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Qui dit Camargue, dit traditions. Les fêtes votives ne seront peut-être pas toutes maintenues cet été. Mais si vous en apercevez une sur votre chemin, ne faites surtout pas demi-tour
La gaze du Grau-du-Roi
Qui dit Camargue, dit traditions. Les fêtes votives ne seront peut-être pas toutes maintenues cet été. Mais si vous en apercevez une sur votre chemin, ne faites surtout pas demi-tour. L’esprit camarguais se niche dans les détails de ses abrivados et de ses bandidos, l’un indiquant la conduite des taureaux depuis les pâturages jusqu’aux arènes sous la surveillance de gardians et puis leur retour. L’ambiance y est de feu. Toutes les générations se retrouvent pour perpétuer la tradition. On se presse autour des taureaux lâchés en pleine rue. Mais à cause de la multiplication d’incidents de parcours plus ou moins graves, de nombreuses communes ont fait le choix de barricader leurs rues avec des barrières afin d’empêcher les taureaux de s’échapper. Seuls les gardians, juchés sur leurs chevaux, accompagnent les bêtes. Chaque commune de Petite Camargue a sa fête et ses afficionados : Saint-Laurent d’Aigouze, Vauvert, Le Cailar, Aimargue. Jusqu’au Grau du Roi où la spectaculaire gaze, durant laquelle les taureaux traversent un ruisseau, attire des milliers d’amateurs chaque année.
Gardiane de taureau et vignoble bio
De l’histoire aussi, mais bien plus ancienne, avec la citadelle fortifiée d’Aigues-Mortes. Ses remparts ont été érigées par Saint-Louis. Visite obligatoire quand on traverse la Camargue. Entre vignes, canal et marais salant, le paysage est digne d’une carte postale. Les petites rues pavées, l’air du Sud et la mémoire font le reste. Des mini-croisières sont possibles au pied de la cité. Elles démarrent dans le port d’Aigues-Mortes, lèchent les marais, autorisent l’observation des manades (lieux d’élevage de taureaux et de chevaux de Camargue) et débouchent sur la mer Méditerranée. La visite touristique de la Camargue passe aussi par une découverte gustative. A manger et à boire, la Camargue regorge de mets délicats et régionaux. On n’hésite pas à tenter la gardiane de taureau avec un petit verre de rosé de Costières de Nîmes. L’arrêt dans l’une des caves de Gallician égaiera vos papilles. Pour observer le travail de la vigne, l’Obs’ vous recommande enfin l’exploitation du Château Beaubois, à Franquevaux, certifiée en agriculture biologique. Fanny et François Boyer, frère et sœur, sont la 4ème génération établie sur ce vignoble. Le partage, la générosité et le soleil feront le bonheur de ce voyage si éloigné mais pourtant si proche de Monaco.
