lundi 18 mai 2026
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    Casino de Monte-Carlo : les gagnants et les perdants célèbres

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    La Belle Otero, Winston Churchill, Sarah Bernhardt, ou beaucoup plus récemment, Benjamin Castaldi ou le footballeur Neymar, ont vibré et parfois perdu gros autour des tapis verts. Retour en anecdotes sur les joies et les déconvenues de ces joueurs célèbres.

     

    Lorsque le Casino de Monte-Carlo est inauguré au printemps 1863 par le fondateur de la Société des Bains de Mer, François Blanc, les jeux d’argent étaient interdits dans pratiquement toute l’Europe… Voilà pourquoi,  rapidement, l’établissement monégasque va attirer une société cosmopolite. Aristocrates, artistes, hommes d’affaires, ou encore têtes couronnées s’y pressent, et y dépensent leur argent sans compter. Plusieurs grands joueurs sont d’ailleurs restés dans la légende.

    Ruinée par le jeu 

    C’est le cas de la Belle Otéro. Tour à tour chanteuse, danseuse et courtisane, dès l’âge de 18 ans, elle se passionne pour le jeu, galvanisée, après avoir gagné trois fois de suite au casino. «Cette grande joueuse se rendait régulièrement au Casino de Monte-Carlo au bras de ses soupirants qui mettaient généreusement la main à la poche pour éponger ses pertes parfois colossales, raconte la SBM. Elle n’a guère d’estime pour la gent masculine: “Quand un homme est riche, il n’est plus laid”, a-t-elle l’habitude d’affirmer». En 1915, alors qu’elle est au sommet de sa gloire, la quadragénaire quitte les planches pour laisser d’elle le souvenir d’une femme encore jeune et désirable. Elle s’installe à Nice, et acquiert un manoir, qu’elle ne parviendra cependant pas à conserver. Le démon du jeu la gagne à nouveau et La Belle Otéro dilapide des sommes faramineuses à Monaco. «Elle passe son temps au Casino, accumule les pertes et sombre dans la ruine. A partir de 1951 et jusqu’à sa mort, la Société des Bains de Mer verse à Caroline Otéro une allocation annuelle», raconte le groupe. L’histoire raconte en effet que son avocat sollicite une aide à la SBM. Une aide qui lui permet de payer le loyer de son appartement qu’elle occupe dans le quartier de la gare à Nice. L’ancienne maîtresse de nombreuses têtes couronnées décède à 86 ans d’une crise cardiaque, dans le plus complet dénuement, seule et sans un sou.

    Caroline Otéro
    « Caroline Otéro passe son temps au Casino, accumule les pertes et sombre dans la ruine. À partir de 1951 et jusqu’à sa mort, la Société des Bains de Mer lui a versé une allocation annuelle. » © Photo Monte-Carlo Société des Bains de Mer

    Sarah Bernhardt, sauvée par un ami 

    Autre femme ayant marqué l’histoire du casino en Principauté et de l’Hôtel de Paris (où elle avait ses habitudes) : l’actrice Sarah Bernhardt. Elle fut la première vedette à se produire à l’Opéra Garnier le 25 janvier 1879. Un soir, elle entra au casino de Monte-Carlo avec 100 000 francs or dans son sac. C’est tout ce qui lui restait. Mais trois heures plus tard, la malheureuse n’avait plus rien. « Sarah Bernhardt retourna à l’Hôtel de Paris et prit une forte dose de somnifères. Elle fut heureusement découverte et sauvée par un ami, qui lui prêta l’équivalent de la somme perdue. De ce jour, l’actrice ne retourna plus jamais dans un casino », rappelle la SBM.

    La dette levée de Churchill 

    Une des personnalités les plus emblématiques de l’histoire du casino de Monte-Carlo est également Winston Churchill. L’histoire raconte qu’au début de l’année 1939, cet habitué de la Principauté a fait une partie perdante. Il disait alors qu’il reviendrait se refaire. Mais entre-temps, la Seconde Guerre Mondiale éclate, et l’homme d’État britannique n’est revenu jouer qu’en octobre 1945. En s’asseyant à une table de jeu, il aurait déclaré « Messieurs les croupiers, reprenons la partie là où nous l’avions laissée ! ».  Malheureusement ce soir-là, il perdit encore 1,3 million de francs. Il régla alors ses dettes par chèque mais le directeur du Casino refusa de l’encaisser. Le chèque a été gardé en souvenir. Une façon pour la Société des Bains de Mer de rendre hommage à ce héros de la Seconde Guerre Mondiale. 

    Et les autres… 

    Autre personnalité ayant marqué l’histoire de la SBM : le roi Farouk d’Égypte. Ce fidèle des tables de jeux monégasques, adepte du baccara, mettait en jeu des sommes astronomiques. Même après avoir perdu son trône, il poursuivait sa passion frénétique du jeu. En octobre 1950, il perdit tout de même 6 millions de francs. Guillaume II d’Allemagne quant à lui ne fit un qu’un passage éclair à Monaco. L’empereur est venu incognito au casino monégasque pour essayer le système de martingale qu’il espérait infaillible et qui s’est révélé finalement plutôt infructueux puisqu’il perdit 100 000 francs. L’histoire raconte qu’il ne remit jamais plus les pieds en Principauté. Un prince du Népal a également marqué les salons de jeux monégasques. Sa particularité : sa religion ne l’autorisait à jouer que 5 jours par an. L’homme se consacrait donc à sa passion sans relâche, durant 5 jours et 5 nuits, épuisant son entourage, dans des salons privés restés ouverts spécialement pour lui.

    Benjamin Castaldi a raflé 750 000 euros à Monaco

    Il y a quelques années, l’ancien animateur de TF1, Benjamin Castaldi, a avoué avoir gagné une somme colossale au casino de Monaco. « Effectivement, ce soir-là, je ne sais pas ce qu’il s’est passé, tout ce que je mettais sur le tapis, rentrait. J’ai vécu un truc de fou. J’ai gagné 750 000 euros en 45 minutes ! », a-t-il confié sur un plateau de télévision.

    Grosse tête et surtout grosses pertes pour Philippe Bouvard

    En 2015, le journaliste Philippe Bouvard a publié son sixième roman, Gaston et Gontran, dont l’intrigue se déroule principalement en Principauté, et notamment au casino. Un univers que l’homme de télé et de radio, aujourd’hui âgé de 92 ans, a pu parfaitement décrire, puisqu’il a été lui-même gagné par la frénésie du jeu. Il s’est même fait interdire de casino par volonté personnelle et avoue avoir frôlé plusieurs fois « la catastrophe financière. »

    Une perte de trois millions d’euros… en une heure

    La perte fut aussi rapide que vertigineuse… En 2016, un joueur aux très gros moyens mais très malchanceux a perdu trois millions d’euros en une heure au casino de Monaco. Il s’agissait d’un premier million en cash et de deux autres millions en crédit alloués par la Société des Bains de Mer. Cette anecdote a été rapportée par Jean-Luc Biamonti, le président-délégué de la SBM, lors d’une assemblée générale ordinaire des actionnaires.

    Neymar Casino Monte-Carlo
    © Photo Monte-Carlo Société des Bains de Mer

    25 000 euros de moins sur le compte de Neymar

    En mai dernier, après un marché contre Strasbourg, le joueur brésilien du PSG, Neymar, a participé à Monaco à l’European Poker Tour de Pokerstars, un de ces sponsors. Au final, celui qui ambitionne de devenir joueur de poker professionnel après sa carrière, a perdu 25 000 euros ce soir-là. Pas de quoi affoler toutefois les finances de ce joueur, qui est l’un des mieux payés de la planète. 

    Les douanes (aussi) ont raflé la mise

    Un Niçois de 38 ans a vécu une soirée très singulière au casino de Monaco… Tout commence très bien pour lui puisque ce joueur de poker empoche tout d’abord la coquette somme de 180 000 euros. Il rejoue ensuite dans la foulée, mais perd cette fois-ci  la somme de 20 000 euros au black jack. Jusque-là, tout allait plutôt bien pour cet habitué des casinos, jusqu’à ce qu’il tombe sur les douanes, pendant son trajet retour en France. L’administration lui reproche alors de ne pas avoir déclaré la somme qu’il avait gagnée quelques instants plus tôt  en entrant sur le territoire français. Une obligation dès que l’on transporte plus de 10 000 euros. Après plusieurs tentatives (infructueuses) de transactions amiables, c’est finalement devant le tribunal correctionnel que l’affaire s’est dénouée en octobre 2021. L’homme, qui avait déjà huit mentions dans son casier judiciaire,  a été condamné à une amende de 80 000 euros, soit 50% de la somme dissimulée, pour « transfert non déclaré de sommes ».

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