L’IMSEE a dévoilé en novembre les chiffres du produit intérieur brut (PIB) de Monaco pour l’année 2021. Celui-ci s’élève à 7,27 milliards d’euros, contre 5,90 milliards en 2020 et 6,60 milliards en 2019. La conclusion est sans appel : l’économie monégasque semble avoir (déjà) retrouvé le sourire après la pandémie
C’est toujours un indicateur précieux pour les autorités monégasques qui attendent ces résultats avec un peu d’angoisse. Toutefois, certainement moins à Monaco que du côté d’autres pays voisins quand on voit le dynamisme de l’économie actuelle. « La page de la crise économique liée à la pandémie de la Covid semble tournée », se félicite le gouvernement qui préfère rester prudent. Jean Castellini, conseiller-ministre de gouvernement aux finances, a arboré sur Monaco Info un grand sourire. « Nous nous sommes rendu compte avec la saison estivale 2022 que l’économie monégasque tournait à plein régime. » Côté chiffres, l’an dernier, le PIB monégasque a atteint 7,27 milliards d’euros. Il s’élevait à 6,60 milliards en 2019 et 5,90 milliards en 2020. « Après une forte baisse de 13 % en 2020, il croît en 2021 de 21,6 %, et surtout de 5,8 % par rapport à 2019 (en volume, correction faite de l’inflation). Autant dire que l’économie de la Principauté a repris sa tendance à la croissance, avec une moyenne annuelle de +4,4 % enregistrée sur la décennie », commente encore le gouvernement à travers un communiqué de presse. En cause : la levée des restrictions et la reprise des échanges mondiaux de biens qui ont eu un effet positif sur les économies. Le PIB mondial 2021 a lui aussi repris du poil de la bête en augmentant de 5,8 % et celui de la zone euro de 5,4 %.
L’hébergement et restauration toujours impacté
Ce niveau de PIB fait dire au gouvernement monégasque que l’indicateur est en train de reprendre sa tendance de croissance des dernières années. « Le rebond est spectaculaire par rapport à 2020. La pandémie en matière économique est vraiment derrière nous. On voit un pays prospère, des finances publiques saines, une économie qui redémarre, des pouvoirs publics aux côtés des acteurs économiques. Je pense que nous ne pouvons que nous en féliciter », réagit Jean Castellini. C’est devenu une habitude en principauté mais cette bonne nouvelle est toutefois à nuancer car les performances sectorielles montrent de fortes disparités. Les trois secteurs économiques majeurs représentant à eux seuls près de 47,3 % de la richesse produite totale. Il s’agit des activités scientifiques et techniques, services administratifs et de soutien qui sont toujours le premier contributeur du PIB de la Principauté avec un poids représentant plus d’un cinquième du PIB total. Mais aussi les activités financières et d’assurance qui repartent à la hausse en affichant un PIB 7,1 % supérieur à celui de l’an passé. Ainsi que du commerce de gros qui devance même la construction et les activités immobilières. Pendant que quatre grands secteurs d’activités n’ont eux toutefois pas retrouvé leur niveau pré-pandémique. Le secteur le plus impacté par la crise sanitaire restant l’hébergement et restauration. L’administration, enseignement, santé et action sociale (-4,4 % par rapport à 2019), les activités immobilières (-6,5 %), et le transport et entreposage (-11,9 %) complètent le tableau des moins bons élèves.
Un PIB par salarié record
Enfin, une des dernières données judicieuses que nous apprend le rapport de l’Imsee concerne le PIB par salarié. « Un indicateur pouvant être utilisé comme élément de mesure et de comparaison de la productivité économique », explique l’Imsee. En 2021, celui-ci s’élève à 125 121 euros, « soit son plus haut niveau historique. » Après avoir chuté de 9,9 % en 2020, il progresse de 17,0 % en volume, et il est en hausse de 5,4 % par rapport à 2019. « Historiquement, le PIB par salarié à Monaco a toujours été supérieur à celui de la France. En 2021, l’écart se creuse et double par rapport à 2020 (+28 099 euros en faveur de la Principauté, soit +32,4 %). Ceci en fait l’écart observé le plus important, devant le précédent maximum atteint en 2016 avec 21 504 euros », ajoute le rapport de l’Imsee. « Aux côtés de nos résidents, nous avons cette force de travail qui vient chaque jour de France et d’Italie et qui contribue à la prospérité monégasque. Un chiffre que je tiens à saluer car il témoigne de cette communauté de destin », souligne Jean Castellini. On notera enfin que le PIB “per capita”, qui se calcule en tenant compte de la présence d’une population non salariée sur le territoire « compte tenu de son poids économique et de sa participation quotidienne à la création de richesse » est au beau fixe. Lui aussi s’élève à un niveau record de 81 710 euros et progresse de 17,5 % en volume par rapport à 2020 et de 3,9 % en comparaison avec 2019. Que diront les chiffres l’an prochain ? Au vu de la saison touristique et de la reprise forte du secteur de la construction, le conseiller de gouvernement aux finances se montre déjà assez optimiste.
