La Principauté envisage-t-elle à court, moyen, ou long terme d’instaurer une durée du temps de travail de 35 heures par semaine comme son voisin français ? Le gouvernement monégasque a aussitôt tranché. La réponse est clairement non. L’Exécutif s’en est expliqué lors d’une conférence de presse ce matin.
Depuis sa mise en place progressive à partir de l’an 2000, les 35 heures ont été l’un des sujets les plus controversés en France, suscitant des débats enflammés. Avancée sociale majeure pour les uns, aberration économique pour les autres, cette mesure mise en place sous Lionel Jospin avait un objectif bien précis : créer des emplois supplémentaires et améliorer la qualité de vie des travailleurs. Alors que le gouvernement monégasque souhaite attirer un maximum de candidats à Monaco pour répondre à une pénurie de main d’œuvre dans plusieurs métiers en tension, l’Exécutif serait-il prêt à opérer un changement structurel en matière de durée du temps de travail, fixée, rappelons-le en Principauté, à 39 heures par semaine ? Interrogé par l’Observateur de Monaco, le gouvernement a clairement pris position : « Concernant la durée du temps de travail, il n’est pas envisagé d’évoluer sur ce point en Principauté, a tranché sans l’ombre d’une hésitation Christophe Robino, conseiller-ministre aux affaires sociales et à la santé. Il n’est pas certain d’ailleurs que le modèle français soit le meilleur modèle à suivre. Cette mesure avait notamment pour objectif de créer de l’emploi. Cela n’a pas forcément été le cas. Quand les 35 heures sont passées en France, j’étais à l’époque en poste à l’assistance publique des hôpitaux de Paris. Cela a plutôt été un grand bazar qu’un grand succès. Dans les établissements qui travaillent 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, cela a été un vrai problème. Cela a probablement participé à la dégradation du système de santé public français. Nous sommes donc assez frileux d’aller dans ce sens. » Une prise de position aussitôt partagée par le ministre d’État, Pierre Dartout, présent à ses côtés.
