Après plusieurs décennies de recherche, les autorités monégasques et la Société protectrice des animaux (SPA) ont enfin trouvé un terrain à Peille pour créer un nouveau refuge. La livraison de ce bâtiment flambant neuf est prévue en fin d’année 2023.
C’est acté… Après des décennies d’attente et d’espoir déchus, les bénévoles et salariés de la SPA voient enfin leur projet se concrétiser. Un nouveau refuge accueillant les animaux abandonnés de Monaco et des villes voisines sera bel et bien construit. Où sera alors ce nouveau lieu de vie ? Les chiens et chats prendront de la hauteur puisqu’ils seront abrités sur la commune de Peille, à une trentaine de minutes de la Principauté. Pour marquer symboliquement la naissance de ce lieu, le prince Albert et la princesse Charlène (nommée d’ailleurs présidente de la SPA monégasque) ont posé la première pierre le 12 septembre dernier. Et le moins que l’on puisse dire c’est que le besoin était réel. L’actuel refuge (L’abri), situé à Eze aux Serriers, était non seulement (et depuis très longtemps) exigu mais aussi vétuste. « Il y a eu au total 14 projets successifs. Ici à Peille, c’est le quinzième qui aboutit enfin. C’est une grande satisfaction. Il faut le voir pour le croire… Nous étions arrivés à un stade où nous nous demandions si on le verrait un jour », nous confie un membre de la SPA.
Pas d’habitation autour
Car la création de ce refuge fut un véritable parcours du combattant. Durant pas moins de quatre décennies, près de quinze terrains avaient été identifiés, mais aucun n’avait pu accueillir le nouveau bâtiment. La cause ? Soit les maires des villes limitrophes n’en voulaient pas sur leur territoire, soit les terrains n’étaient pas constructibles, soit, les problèmes de voisinage mettaient à mal toute velléité… « Pour pouvoir construire un refuge pour animaux, il faut réunir beaucoup de conditions , rappelle le gouvernement monégasque. Le site recherché devait disposer d’un terrain d’environ 1 hectare, de préférence plat, et ne pas comporter d’habitations aux alentours sur une distance d’au moins 500 mètres. »
Un terrain d’accueil de près de 2500 m2
Et c’est en mars 2018, que la situation s’est enfin dénouée. Le maire de Peille et la préfecture des Alpes-Maritimes ont proposé à la Principauté un terrain d’accueil de près de 2500 m2. « Pour créer un refuge animalier, il faut avoir une certaine distance avec les autres habitations , et d’autres règles. C’était le seul endroit où tout arrivait à matcher. C’était visiblement le terrain de la dernière chance », avance le maire de Peille, Cyril Piazza. Après avoir d’abord mené plusieurs études préalables (concernant l’assainissement, ainsi que sur la faune et la flore) puis obtenu l’ensemble des autorisations administratives, l’acte d’acquisition des parcelles a été conclu entre la commune de Peille et la Société immobilière domaniale, le 16 décembre 2021. La direction des travaux publics a de son côté démarré les terrassements en janvier 2022 et la phase de gros-oeuvre en septembre.
Nuisances sonores ?
Les porteurs du projet l’assurent : toutes les phases de construction de ce refuge feront l’objet d’un suivi environnemental rigoureux. « L’impact sur la faune et la flore est neutre, la construction est éco-responsable, et les bâtiments s’inscrivent dans une démarche de développement durable, a rajouté le maire de Peille. La porosité des revêtements des accès et de l’espace de stationnement permettront à l’eau de se ré-infiltrer dans le sol.» Quant aux éventuelles nuisances sonores, elles ont été visiblement prises en compte, « avec une double enceinte grillagée et en pierre, ainsi qu’un positionnement des box en vis-à-vis, pour éviter les aboiements de stress.» La livraison de l’opération est prévue pour la fin de l’année 2023.
Projets : 40 ans de déconvenues
Ils ont connu de bien nombreuses déconvenues… Les membres de la SPA, et tout particulièrement le conseil d’administration, ont dû faire preuve d’une redoutable ténacité pour trouver un terrain capable d’accueillir les animaux abandonnés de Monaco et des villes avoisinantes. Un des premiers projets remonte tout de même à l’année 1972 au Mont Gros, sur la commune de Roquebrune-Cap-Martin. En 1983, autre piste, autre échec. C’était au Fort de la Revère au-dessus du village d’Èze. Il s’agissait alors d’un établissement militaire, mais l’armée n’avait donné son accord que pour un bail précaire d’un an… Plus récemment, c’est à Blausasc que les autorités monégasques espéraient trouver un terrain disponible. Sauf que leprix et les conditions d’achat de ce terrain agricole avaient été qualifiés de « délirantes » par le gouvernement lui-même. Face à ces obstacles multiples, la création d’un chenil urbain à Monaco, dans le quartier du Jardin exotique, avait même été étudiée mais rapidement balayée par le gouvernement, notamment en raison du coût de construction.
