Plusieurs élus du Conseil national ont déploré la dégradation du stade Louis II. Le gouvernement s’est défendu en rappelant que de nombreux travaux ont déjà été entrepris.
Ils n’y sont pas allés de main morte. Lors des derniers débats budgétaires, les élus du Conseil national ont clairement exprimé leur inquiétude par rapport à la « dégradation » devenue, selon eux, « insupportable » du stade Louis II. Aux yeux des conseillers nationaux, ce bâtiment datant de 1985 n’est plus à la hauteur du prestige monégasque, notamment vis-à-vis de l’AS Monaco, un club de football qui devrait pouvoir évoluer dans un cadre « correspondant aux meilleurs standards européens ». L’élu Marc Mourou y est allé aussi de son petit commentaire par rapport à l’accueil du public : « Pour les personnes qui viennent voir le match de football dans les gradins, c’est assez délabré. Les buvettes sont dans un état assez pitoyable », a-t-il regretté. Néanmoins, selon le ministre d’État, Pierre Dartout, le jugement des élus sur le stade est « bien trop sévère. »
Les travaux déjà entrepris
Le gouvernement soutient qu’il n’est pas resté les bras croisés et que de nombreux travaux ont déjà été entrepris. Notamment sur les deux entités autonomes du stade Louis II, à savoir le centre nautique et la salle omnisport. « Nous avons également renouvelé la pelouse, la piste d’athlétisme, les loges VIP ou encore l’éclairage du stade. Il y a effectivement encore beaucoup de travail à faire notamment pour les gradins. C’est la partie la plus compliquée, a reconnu le conseiller-ministre à l’intérieur, Patrice Cellario. Restructurer un bâtiment de cette importance ne peut se faire en quelques mois ou en quelques années, quelle que soit la volonté que l’on peut y mettre ». Selon le gouvernement, si les travaux sont complexes à mener c’est aussi parce que de nombreuses entités sportives sont présentes et actives dans le stade, sans oublier les scolaires qui investissent souvent les lieux. « On ne peut pas imaginer supprimer l’activité du basket, du football, de la natation, du judo, ou de l’escrime dans ce bâtiment. »
Mettre aux normes sportives
Au-delà des rénovations nécessaires, le gouvernement a rappelé que la maintenance du bâtiment est aussi une priorité et que depuis 1985, il a fallu mettre à jour les infrastructures aux nouvelles normes sportives : « En 1985, l’exigence d’éclairage de la piste d’athlétisme du stade Louis II et de sa pelouse était de 1 200 lux. Aujourd’hui, cette exigence est passée à 2 200 lux. Pour la salle omnisports, les exigences étaient deux fois moindre par rapport à aujourd’hui. Tout ceci nécessite d’importants travaux de mise à niveau », a expliqué Patrice Cellario. Les travaux – commencés en 2017 – vont donc devoir se poursuivre pendant encore plusieurs années.
Des supporters agacés
Dans un communiqué, Les Ultras Monaco 1994, ont également regretté la lenteur de ces rénovations : « Nous avons appris que la reconstruction du stade Louis II se ferait sur une dizaine d’années. Doit-on attendre 10 ans pour avoir des sièges rouges et blancs, des buvettes dignes d’un stade de football, de l’animation autour du stade, un foodtruck en bas de pesage qui servirait de lieu de vie et de rassemblement aux avant matchs des supporters monégasques ? Une salle de basket en trois mois, un commissariat de police en 4 mois mais 10 ans pour un stade. Le football n’a toujours pas l’air d’être une priorité à Monaco visiblement », ont-ils déploré.
