mardi 21 avril 2026
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    Monaco Boost : Un tremplin pour entrepreneurs monégasques

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    Pour aider les Monégasques à se lancer dans le grand bain de l’entrepreneuriat, plusieurs initiatives ont vu le jour en principauté.

    La dernière en date : la création de Monaco Boost à Fontvieille. Ce business center domanial accueillera, dès le mois d’avril prochain, des nationaux désireux de créer ou de développer leur entreprise. Et ce, à moindre coût.

    La Principauté a décidé de dérouler le tapis rouge aux entrepreneurs de nationalité monégasque… Pour les motiver à se lancer dans le grand bain de l’entrepreneuriat, l’État a créé — et entièrement financé — Monaco Boost à Fontvieille. Ce centre d’affaires domanial de 1 200 m2, flambant neuf, a pour vocation de proposer des bureaux exclusifs et des espaces de travail partagés à des tarifs très préférentiels. Qui pourra bénéficier de cette structure située au 6 avenue Albert II, dans la zone F, tout près de Monaco Tech ? Les bénéficiaires seront des nationaux qui souhaitent créer une entreprise à Monaco, ou développer une activité naissante. « Notre volonté est d’accueillir des entreprises qui se créent, ou qui ont peu d’existence. Elles doivent avoir moins de 5 ans. Si les entreprises doivent être jeunes, les entrepreneurs en revanche, peuvent être de tous âges », explique Laurence Garino, administrateur, qui chapeaute la structure. « Nous sommes curieux de voir ce qui nous attend ! » Les chefs d’entreprises en herbe intéressés sont a priori sur les starting-blocks. Sauf contre-temps de dernière minute, l’appel à candidature devait être publié à la fin du mois de janvier (le dernier vendredi du mois) au Journal officiel (1). Et les candidats auront un mois pour déposer leur dossier de présentation. Fin mars, une commission d’attribution (2) aura choisi les heureux élus. Ils pourront alors intégrer les locaux début avril.

    Monaco Boost Business Center équipe
    © Photo Michael Alesi / Direction de la Communication

     « Dans cette structure, on peut être dans du partage, dans l’échange d’informations et d’expérience. On peut imaginer que des liens commerciaux se créent. Chaque entrepreneur peut être la valeur ajoutée de l’autre. »

    « Nous retiendrons des projets viables économiquement »

    Quels sont alors les profils recherchés dans cette pépinière d’entreprises ? « Nous porterons une attention particulière aux projets qui seront générateurs d’emplois demain, qui ont un sens et une cohérence avec le marché monégasque, répond Laurence Garino. Nous retiendrons bien sûr aussi des projets viables économiquement. » L’implication du porteur de projet et son expérience dans son secteur d’activité sont également des points importants. Quant à la nationalité des entrepreneurs, c’est bien « la priorité nationale » qui prime. Une ouverture à d’autres nationalités est assez peu envisagée. « Ouvrir la pépinière à des résidents étrangers, à ce stade, je ne peux pas vous répondre. Ce seront prioritairement des Monégasques qui seront choisis. Après, nous verrons selon le nombre de candidatures que nous recevrons, si l’on peut ouvrir ce business center à d’autres. Mais, il est important pour nous de ne pas faire de concurrence aux centres d’affaires classiques. Ce n’est pas le but, souligne encore Laurence Garino. Pourquoi pas également accueillir des start-ups de Monaco Tech qui ne sont plus au stade de l’incubation. MC Boost pourrait être la branche qui leur permettra de s’envoler… » Quant aux formes juridiques, ce seront, très classiquement, des SARL et des activités en nom propre qui seront accueillies.

    Monaco Boost Business Center
    © Photo Michael Alesi / Direction de la Communication

    « Nous porterons une attention particulière aux projets qui seront générateurs d’emplois demain, qui ont un sens et une cohérence avec le marché monégasque. Nous retiendrons des projets viables économiquement »

    Pléthore de candidatures ?

    Reste à voir, si dans ce contexte si singulier de pandémie, les candidatures monégasques vont ou non pleuvoir. « Va-t-on recevoir beaucoup de dossiers au premier trimestre ? Je ne parie sur rien, répond, prudente, Laurence Garino. En créations d’entreprises purement portées par des Monégasques, la tendance n’est malheureusement pas la hausse, car aujourd’hui, le contexte est très compliqué. » Celle qui chapeaute également le très sollicité Welcome office, estime toutefois que plusieurs profils d’entrepreneurs pourraient être intéressés par cette pépinière.  « Grâce au Welcome office, nous avons un peu de visibilité. Nous voyons aujourd’hui des Monégasques dans des bureaux du secteur privé, qui paient un peu trop cher leur loyer, et qui ont moins de 5 ans d’existence. Ils seront peut-être intéressés par le MC Boost. » Autre profil potentiel : les Monégasques qui ont domicilié gratuitement leur activité chez eux (voir encadré), et qui souhaitent monter en puissance.  « Certes, cette formule a des avantages économiques certains, mais c’est tout de même compliqué de travailler seul chez soi, sans interaction. Au domicile, vous ne pouvez pas non plus recevoir de clients, ni embaucher du personnel. Au MC Boost, un entrepreneur peut recevoir des clients, des partenaires et des fournisseurs. Il peut embaucher 1 à 3 employés mais aussi présenter ses produits et ses services dans des salles de réunion. Ce sera aussi plus générateur de liens et d’opportunités d’affaires. »

    Monaco Boost Business Center
    © Photo Michael Alesi / Direction de la Communication

    « Il est important pour nous de ne pas faire de concurrence aux centres d’affaires classiques. Ce n’est pas le but »

    « Chacun peut être la valeur ajoutée de l’autre »

    Car l’autre avantage du Monaco Boost, au-delà des locaux à petits prix, c’est cette possibilité de rencontres et d’interaction entre entrepreneurs de divers horizons. « Dans cette structure, on peut être dans du collaboratif, du partage, dans l’échange d’informations et d’expérience. Chacun peut être la valeur ajoutée de l’autre. On peut imaginer que des liens commerciaux se créent et que chacun dans un domaine puisse contribuer au domaine de l’autre. » Autre question qui se pose : les entrepreneurs choisis auront-ils une obligation de réussite pour pouvoir rester dans ces locaux ? A priori pas de pression outre-mesure, mais les chefs d’entreprises devront tout de même prouver la viabilité économique de leur projet et une réelle implication et présence au sein de la pépinière. Du côté du gouvernement, ce projet d‘État n’a, de fait, pas d’objectif de rentabilité. En revanche, « la pression de bien faire » est bien là.

    (1) Fin janvier 2021, devrait être lancé l’appel à candidature pour les bureaux individuels exclusivement, en vue d’une installation des premiers entrepreneurs en avril 2021, selon un processus similaire à l’appel à candidature pour les locaux professionnels domaniaux.

    (2) La commission d’attribution est présidée par le conseiller-ministre aux finances et à l’économie, Jean Castellini. Elle est composée également de deux représentants du Conseil national, et de membres de l’administration des domaines, de la direction de l’expansion économique, et de la SAM Monaco Boost.

    Une durée — pour l’instant — limitée à 5 ans

    Combien de temps les entrepreneurs pourront rester dans les locaux de Monaco Boost ? Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’État monégasque laisse du temps à ses nationaux pour se développer et prendre leurs marques. « La durée est limitée à 5 ans. C’est le temps pour l’entreprise de bien grandir. Mais, peut-être, envisagerons-nous plus tard, et avec du recul, de limiter la durée à 3 ans », répond Laurence Garino. Un délai plus court qui permettrait aussi d’accueillir de façon plus fréquente de nouveaux entrants.

    Combien d’entrepreneurs pourront être accueillis ?

    En théorie, 108 entreprises pourraient être accueillies au sein de Monaco Boost. Mais en pratique, ce chiffre dépendra du nombre d’employés (1 à 3 maximum) que les chefs d’entreprises auront sur place. De même, la jauge pour les opens spaces va nécessairement diminuer en raison du Covid-19. « La direction du travail et la direction de l’action sanitaire réfléchissent actuellement pour évaluer ce qu’il est possible de faire avec le mobilier choisi à une époque où il n’y avait pas de Covid… », précise Laurence Garino.

    Les entrepreneurs peuvent-ils avoir des employés sur place ?

    Les entrepreneurs qui ont choisi d’être en espaces de travail partagés ne pourront pas avoir d’employés. Ils pourront en revanche bénéficier des salles de réunion, accueillir des clients, et profiter du matériel mis à disposition. En revanche, un chef d’entreprise qui choisit un bureau exclusif peut faire le choix d’y être seul, ou bien avec un à trois employés maximum. Les espaces sont modulables et suffisamment grands.

    Des aides supplémentaires sont-elles prévues ?

    Un entrepreneur monégasque qui créé pour la première fois son entreprise et qui n’a pas d’autres sources de revenus, peut-il solliciter tout de même l’aide à l’installation professionnelle ? « C’est en discussion au département des finances et de l’économie, répond Laurence Garino. Nous étudions aussi la possibilité d’accueillir au MC Boost le gagnant du concours de créations d’entreprises organisé par la Jeune chambre économique. » À noter que des formations comptable ou encore juridique devraient également avoir lieu pour mieux sensibiliser les entrepreneurs aux subtilités monégasques.

    Quels sont les tarifs ?

    Le MC BOOST propose des tarifs très attractifs pour les entrepreneurs monégasques. Dans le détail : pour un bureau privatif à usage exclusif, sans employé, la location est à partir de 375 euros par mois. Pour un bureau plus grand qui peut accueillir un collaborateur : à partir de 413 euros par mois. En ce qui concerne les espaces partagés, le montant est situé à 80 ou 200 euros (hors taxe) par mois selon les formules proposées.

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