vendredi 10 avril 2026
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    Horlogerie d’occasion
    Un marché en plein essor

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    Originaire de Berlin, Sergej Kruglikov a créé en 2012 Monaco Watch Company.

    Dans cette petite boutique du boulevard des Moulins, on y achète et vend des montres de luxe d’occasion. Un segment d’activité où d’énormes plus-values peuvent être réalisées.

    Si vous êtes propriétaire d’une montre de luxe et que vous pensez qu’il est temps de vous en débarrasser, ou si vous êtes collectionneur à la recherche d’une nouvelle pièce rare, vous pouvez vous rendre dans la petite boutique de Sergej Kruglikov située au 36 boulevard des Moulins. Depuis fin 2012, cet Ukrainien de naissance mais qui a grandi en Allemagne, a créé Monaco Watch Company. Le concept ? Ce commerçant, achète et revend des montres modernes de luxe, mais uniquement d’occasion. Un business qui s’est avéré de plus en plus florissant et lucratif au fil des années. La preuve ? Depuis l’ouverture de sa boutique il y a 8 ans, ce père de deux enfants assure avoir vendu presque 6 000 montres, sur internet et à Monaco… « Le marché du neuf à Monaco est déjà saturé avec plusieurs boutiques autour du Carré d’or. Voilà pourquoi j’ai plutôt opté pour le marché de l’occasion. Dans ce segment d’activité, il y a également une plus grande liberté. C’est nous qui prenons la décision d’acheter ou non telle ou telle montre. Nous pouvons également négocier plus librement les prix », explique Sergej Kruglikov dans un français parfait, langue qu’il a apprise dès son arrivée à Monaco.

    Subtilités culturelles

    Dans sa boutique, ce commerçant — qui ne se dit pas nécessairement « passionné » par les montres mais, assurément, « amoureux de ces objets » — voit défiler essentiellement une clientèle résidente à Monaco. Majoritairement française, italienne et anglaise. Il y a ceux qui sont de purs collectionneurs à la recherche d’une pièce rare, d’autres qui souhaitent tout simplement changer de montres, et d’autres encore qui ont des visées plus spéculatives, les montres de luxe étant un segment d’activité qui peut rapporter gros… Ce chef d’entreprise qui évoluait dans ce secteur d’activité avant même son arrivée à Monaco, a d’ailleurs pu noter les subtilités culturelles dans les habitudes d’achat. Exemple : la clientèle originaire du Moyen-Orient, des pays de l’Est, d’Ukraine, de Russie, ou encore de Chine, ne veut acquérir que des biens neufs. Pas question pour eux d’envisager de la seconde main, quand bien même cette seconde main vaut son pesant d’or…  « Culturellement, il n’est pas assez prestigieux pour eux d’acheter d’occasion. Les Européens ou les Américains, au contraire, y compris les plus aisés, sont heureux de pouvoir faire des bonnes affaires, même si c’est d’occasion », note-t-il.

    Un business très lucratif

    Si la plupart de ceux qui portent une montre à leur poignet le font à titre utilitaire, certains s’y intéressent davantage en tant qu’investisseurs. Et pour cause. Dans ce secteur spécifique, d’énormes plus-values peuvent en effet être réalisées. « Pour de nombreux particuliers, la vente et l’achat de montres est effectivement devenu un vrai business, indique Sergej Kruglikov. Investir dans une montre peut rapporter beaucoup plus que si l’argent dort dans une banque. Même si vous achetez des produits financiers classiques, vous n’aurez jamais les revenus que vous pourriez avoir avec l’achat et la revente de certaines montres de luxe qui peuvent augmenter de 15 à 50 % par an. » Le marché de l’horlogerie de luxe est donc très actif. Et la demande ne cesse d’augmenter. « Certaines montres prennent de la valeur sans arrêt, et ce, quelle que soit la conjoncture internationale. La production de montres n’est pas forcément adaptée à la demande qui est très forte. C’est ce qui explique aussi cette montée des prix. » Une montre Rolex Daytona avec 10 ans d’ancienneté rachetée à cette époque neuve environ 9 000 euros peut ainsi être revendue aujourd’hui le double sur le marché des montres d’occasion.  « Certaines montres d’un montant beaucoup plus important ont même triplé de valeur en moins de 10 ans », note ce commerçant. Voilà comment dans ce secteur d’activité, il arrive parfois que les prix atteignent des montants vertigineux. « Cela nous arrive d’avoir des pièces très rares et très recherchées. Dans la plupart des cas, les montres les plus chères sont celles de marques Rolex, Richard Mille, Patek, et Audemars Piguet », détaille Sergej Kruglikov. La montre la plus chère que ce commerçant ait vendue s’est chiffrée, tout de même, à 840 000 euros, pour un client situé à Hong Kong… Selon lui, sur ce marché, des montres peuvent même se vendre jusqu’à 10 millions d’euros aux enchères lorsque, par exemple, elles ont appartenu à des personnes très connues comme des acteurs d’Hollywood ou des pilotes de voitures de courses. Même constat pour des pièces uniques pavées de diamants…

    Sergej Kruglikov directeur de Monaco Watch Company
    Sergej Kruglikov directeur de Monaco Watch Company ©Sabrina Bonarrigo / L’Obs

    « Même si vous achetez des produits financiers classiques, vous n’aurez jamais les revenus que vous pourriez avoir avec l’achat et la revente de certaines montres de luxe qui peuvent augmenter de 15 à 50 % par an »

    Pas de crise durant la crise

    Et manifestement, ce secteur d’activité n’a pas du tout subi les effets néfastes de la crise sanitaire. Ce commerçant a même réalisé des ventes records en ligne, pendant le confinement et après. Au point qu’il a dû racheter tout un tas de nouvelles montres d’occasion pour reconstituer ses stocks. « Les clients ne pouvaient pas aller au restaurant ou voyager, peut-être ont-ils fait des achats compulsifs de montres, plaisante-t-il. Dans tous les cas, même si c’est un achat compulsif, au final c’est aussi un achat rationnel dans la mesure où la montre va prendre de la valeur. Dans la plupart des cas, on gagne de l’argent. »

    Gare aux contrefaçons

    Avant de racheter une montre d’occasion, ce commerçant doit toutefois avoir un œil très alerte sur plusieurs points. Premièrement : est-ce une montre endommagée ? Auquel cas, certains défauts peuvent être gommés dans un atelier de révision. Deuxièmement : Est-ce une montre contrefaite ? « Cela arrive que l’on nous présente des fausses montres. Certains ne le savent pas et se rendent compte sur l’instant qu’ils ont été victimes d’une arnaque à l’étranger. D’autres prennent conscience que c’est un coup de leur ex-mari ou ex-femme. D’autres encore savent qu’ils ont une contrefaçon entre les mains mais tentent le coup… », résume Sergej Kruglikov. Avec le temps et l’expérience, ce commerçant assure qu’il arrive plutôt bien à repérer les contrefaçons, bien que certaines soient des répliques parfaites. « Les montres connues comme Rolex ou encore Audemars Piguet sont très contrefaites, spécialement en Asie. Il faut être très vigilant car on peut se faire avoir très vite, rajoute ce commerçant. Il existe des machines, aujourd’hui, qui font des finitions incroyables et tellement précises comme pour de vraies marques. Au premier coup d’œil, on ne peut pas soupçonner qu’il s’agit d’une contrefaçon. Il faut démonter la montre, vérifier certains points spécifiques et regarder à la loupe. »

    Le risque d’acheter une montre volée

    Autre risque à prendre en compte : s’assurer qu’il ne s’agit pas d’une montre volée. Pour éviter ce piège, ce commerçant demande un certain nombre de documents à ses clients : la pièce d’identité, les documents d’origine de la montre, le certificat, ou encore une facture d’achat.  « On part aussi de la bonne foi du vendeur et l’on reste vigilant sur son profil, son âge et son comportement. » Il existe également des sites sur lesquels sont mentionnées les montres signalées perdues ou volées. « Nous effectuerons des recherches sur chaque montre qui arrive chez nous sur www.thewatchregister.com. Mais il ne s’agit évidemment pas d’un registre exhaustif. Malheureusement, il n’y a pas une base de données unie comme cela existe pour les voitures par exemple », conclut Sergej Kruglikov.

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