Dans une interview accordée au journal économique Les Echos début août, Pierre Dartout a fait un point sur l’ensemble des mesures prises par la Principauté en matière de lutte contre le blanchiment et le financement du terrorisme. Le ministre d’État a notamment rappelé que fin juin, l’Autorité monégasque de sécurité financière (AMSF), a été créée. Cette structure qui succède au SICCFIN, et désormais autonome, va être dotée de pouvoirs accrus. « Elle se substituera à partir de la rentrée au ministre d’État pour prendre des décisions de sanctions », a-t-il rappelé. Pour répondre aux exigences du comité Moneyval, les effectifs vont également être renforcés. « Plus d’une soixantaine d’emplois vont être créés pour renforcer les effectifs dédiés à ces questions, que ce soit pour l’AMSF, les services de l’État, les services judiciaires, ce qui est substantiel pour une administration modeste comme celle de la Principauté », a-t-il indiqué. Le ministre d’État a également fait un point sur les conséquences de la guerre en Ukraine à Monaco et notamment sur les grandes fortunes russes. « Depuis le premier jour de la guerre, Monaco applique toutes les sanctions qui ont été décidées au niveau européen. Au début du conflit, la Principauté comptait environ 850 résidents d’origine russe, mais ceux qui ont vu leurs avoirs gelés dans les banques monégasques se comptent sur les doigts d’une main. Le prince souverain et son gouvernement ont toujours fermement dénoncé l’invasion russe en Ukraine. Il n’y a jamais eu de laxisme de la part de l’État », a rajouté Pierre Dartout, tout en assurant qu’il n’y a pas eu de répercussion négative de la guerre et des sanctions russes sur l’économie monégasque, la baisse de la clientèle russe ayant été compensée par la clientèle d’Amérique du Nord et du Moyen-Orient.
