Fermeture des frontières, absence de croisiéristes, effondrement des réservations dans les hôtels… Le secteur touristique a été touché de plein fouet à Monaco comme partout ailleurs dans le monde. Quelle stratégie a été mise en place pour sauver la saison estivale ? Quelles sont les perspectives de réservation dans les hôtels de la Principauté ? Les réponses de Guy Antognelli, à la tête de la Direction du tourisme et des congrès (DTC).
Le 15 juin dernier, la plupart des pays de l’Union européenne ont levé les restrictions aux frontières intérieures européennes. La France a également fait savoir qu’elle rouvrira progressivement ses frontières extérieures à l’espace Schengen à partir du 1er juillet. Peut-on espérer, de ce fait, une reprise progressive du tourisme à Monaco cet été ? Etes-vous globalement optimiste ?
Bien évidemment, la levée des frontières intérieures de l’espace Schengen était un préalable indispensable pour envisager une fréquentation touristique cet été. C’est donc une très bonne nouvelle. Etant au sud de l’Europe, Monaco est cependant également tributaire de vols à destination de l’aéroport de Nice Côte d’Azur, et la reprise progressive du programme des compagnies aériennes est essentiel. Et là aussi, les nouvelles sont plutôt bonnes. Il faut cependant comprendre que la fréquentation européenne ne représente, l’été, qu’une partie. Les clients à très forte contribution, à savoir russes, américains et moyen-orientaux, ne nous rejoindront sans doute pas avant la fin de celui-ci. Plus que globalement optimistes, nous pouvons être raisonnablement optimistes.
Pensez-vous que la Principauté et la Côte d’Azur en général seront, malgré ce contexte, des destinations prisées ?
Les éléments qui nous parviennent des hôtels et des acteurs professionnels en ligne nous confirment que la Côte d’Azur, et plus particulièrement Monaco, sont effectivement des destinations recherchées et interrogées par les clients. Mais il me semble difficile de faire la moindre prévision. Cette année, la flexibilité des séjours sera la clé. Et on peut s’attendre à encore plus de réservations de dernière minute qu’habituellement.
Au niveau du taux d’occupation des hôtels cet été en Principauté, quelles sont les données dont vous disposez ?
Au 30 juin, l’occupation prévisionnel des hôtels sur la Principauté pour la première quinzaine de juillet atteint presque les 30 %. Mais comme je vous le disais, ce chiffre pourra grandement varier – à la hausse nous l’espérons – en fonction des prévisions météos, des transports disponibles et de la situation non pas pays par pays, mais région par région. Nous sommes également en contact avec des agences de voyage en ligne qui, même si elles représentent un faible pourcentage des réservations de la Principauté habituellement, sont en retard sur juillet d’environ 50 %, mais déjà en avance pour août, et au-delà. Nous savons que cette crise aura un impact sur les comportements des clients et sur la distribution de produits touristiques. Ces éléments peuvent en être un premier indicateur. Une de nos tâches principales dans un proche futur sera de comprendre l’ensemble des mutations qui vont affecter la distribution afin de permettre à Monaco de rester au plus haut des destinations préférées.
Quels sont les arguments que la Direction du tourisme et des congrès (DTC) a mis en avant pour faire revenir les touristes à Monaco ?
La DTC capitalise et communique tout d’abord sur tout ce qui a été fait en Principauté pour préserver la santé de tous. Les mesures mises en place par le gouvernement princier et le label à venir qui viendra valider les mesures de protection dans chaque établissement de la Principauté, sont des éléments positifs que nous portons à la connaissance du public et des professionnels du tourisme.
Au-delà de l’aspect sécurité sanitaire, le glamour et le luxe sont toujours mis en avant ?
Ce qui est promu reste bien sûr le Monaco dont nos clients rêvent. Un lieu qui se réinvente, où il fait bon vivre et où les maîtres-mots sont l’excellence et le sur-mesure. Nous sommes bien évidemment aidés en cela par le dynamisme de la destination. L’Hôtel de Paris et la place du Casino ont été remis à neuf. Et plusieurs hôtels – et pas seulement des 4 et 5 étoiles — ont réalisé des transformations dans les toutes dernières années pour rester au plus niveau de la satisfaction clientèle.
Pas de Monaco au rabais donc…
Il faut être très pragmatique. L’offre commerciale de la Principauté cet été est parfaitement traduite par la campagne de relance de la DTC intitulée For more (Désirez plus). On vient à Monaco parce qu’on veut plus : plus d’expérience, plus de qualité, plus de sérénité, et non pas parce que l’on veut payer moins. Cet été, les partenaires donneront donc encore plus aux clients. Les conditions d’annulation sont extrêmement flexibles, certains établissements permettant l’annulation le jour même de l’arrivée prévue. Le service, même adapté aux mesures actuelles, permettra au client de se sentir encore plus choyé. C’est ce message que la DTC porte dans toutes ses communications sur les marchés européens, et qu’elle portera sur les marchés plus lointains dès lors qu’il fera sens d’y avoir un message commercial.
