Mi-mars, la Direction du Tourisme et des Congrès a dévoilé son traditionnel bilan annuel. Les chiffres de l’année 2024 confirment la bonne santé du secteur. Mais il reste des marges de progression selon les professionnels du secteur : la conquête du marché asiatique et la valorisation de l’offre touristique en période hivernale.
La Principauté affiche-t-elle une santé touristique toujours aussi robuste ? A en croire les chiffres récemment dévoilés par la Direction du tourisme et des congrès (DTC), la réponse est oui. En 2024, Monaco enregistre un taux d’occupation hôtelière de 59 %, en hausse de trois points par rapport à 2023. « Trois points, c’est 6 % de chambres vendues en plus. Cela représente précisément 27 696 chambres supplémentaires », détaille Guy Antognelli, directeur du Tourisme. Autre performance historique : le prix moyen par chambre atteint 529 euros, soit le plus élevé jamais enregistré sur une année. Le mois de mai 2024 – boosté par un Grand Prix exceptionnel – a même frôlé des sommets avec 917 euros en moyenne. Quant au revenu par chambre disponible (RevPAR), indicateur clé pour les professionnels du secteur, il grimpe lui aussi de 11 %, pour atteindre 314 euros en moyenne annuelle. « Là encore, une première historique », ajoute Guy Antognelli. Malgré ces bons résultats, les professionnels du secteur en sont convaincus. Ils peuvent encore faire mieux. En particulier durant l’hiver.
« Des taux d’occupation parfois inférieurs à 50 % durant l’hiver »
Si l’été reste le pilier du tourisme monégasque, Monaco veut que les hôtels soient bien plus remplis durant la période hivernale… « Avec des taux d’occupation parfois inférieurs à 50 %, l’hiver est un enjeu fort de développement », confirme Guy Antognelli. De plus, à la différence de nombreuses stations balnéaires de la Côte d’Azur qui s’éteignent en hiver, Monaco ne s’endort jamais durant les mois froids. Les établissements hôteliers, la programmation culturelle, la gastronomie et les équipements bien-être sont en effet accessibles douze mois sur douze. « Contrairement à de nombreuses destinations balnéaires, l’excellence de l’offre est disponible toute l’année en Principauté. Ceci doit nous permettre de dépasser le carcan dans lequel la Côte d’Azur est parfois enfermée depuis l’entre-deux-guerres, continue le directeur du tourisme monégasque. Nous ne sommes pas qu’une destination estivale. L’offre gastronomique, l’offre de bien-être, l’offre culturelle doivent, aujourd’hui et demain, être les leviers qui nous permettront d’accroître la fréquentation l’hiver. Ceci contribuera à créer des richesses et de l’emploi. »

D’autres prix et d’autres clientèles ?
A ce stade, la DTC n’a pas vraiment dévoilé une feuille de route précise pour booster la saison creuse. Elle en a tout de même décrit les grandes lignes : « Si nous nous diversifions l’été, nous devons pouvoir nous diversifier encore plus l’hiver. Pas sur les mêmes atouts, sans doute pas aux mêmes prix, sans doute pas avec les mêmes clientèles, mais nous avons des éléments différenciants qui doivent nous permettre d’aller chercher ces points supplémentaires en plein hiver, tout en conservant, ce qui fait notre force l’été », confirme Guy Antognelli. Car c’est bien en juillet et août que la Principauté fait encore et toujours le plein. La preuve par les chiffres : 26 % des nuitées et 30 % du chiffre d’affaires annuel sont concentrés sur les deux mois de haute saison.

