Le Monégasque, Christophe Blanchy, photographe animalier, a réalisé en Principauté de nombreux clichés d’espèces d’oiseaux rares et protégés que seuls des yeux bien avisés arrivent à repérer en pleine ville. L’Observateur de Monaco vous propose d’en découvrir quelques-uns.
La biodiversité se niche vraiment partout. C’est le constat que nous livre Christophe Blanchy, un Monégasque passionné de nature. Ancien adjoint technique et responsable des collections du Jardin animalier de Monaco pendant huit ans, il a réalisé son rêve en devenant photographe animalier. Les sublimes clichés qu’il a bien voulu mettre à la disposition de l’Observateur de Monaco en témoignent. « Je me sers du beau pour que les gens se rendent compte de ce qui vit autour d’eux. Tous ces oiseaux fréquentent la Principauté. Ce ne sont que des images réalisées sur notre territoire », assure l’homme. Alors qu’il passe une partie de ses semaines en pleine montagne vers Beuil, il a observé une présence accrue d’espèces d’oiseaux protégés en plein centre urbain. Dans un livre paru il y a trois ans Un autre sud, il ambitionnait de « valoriser la richesse que l’on a autour de nous ». Force est de constater que d’un point de vue faunistique, cette richesse a de quoi surprendre dans un territoire aussi urbanisé que la Principauté. Parce que son amour pour la nature est intense, il a choisi de franchir une nouvelle étape en créant avec trois autres personnes l’association Label Biodiversité : sa fille Chiara-Luna Blanchy et ses amis René-Georges Panizzi, ancien conseiller auprès du ministre d’État en charge du protocole, et Yann Bricoux, ancien sous-directeur du Jardin exotique.




In fine, la création d’un label
« Notre idée est de constituer un groupe de passionnés pour l’étude et le suivi d’espèces animalières ou de la flore. L’idée, c’est de montrer les variations entre mer et montagne pour mieux protéger encore », explique le président. Cela passera par exemple par l’élaboration d’inventaires, par l’étude et le suivi spécifique de certaines espèces patrimoniales monégasques, par de la sensibilisation et de l’éducation liées à la richesse de la faune et de la flore et par l’aide au maintien et au renforcement des espèces menacées et réintroduites qui font l’objet de programmes régionaux, nationaux et européens. Par ces différentes actions, un objectif ultime reste poursuivi : celui d’une meilleure protection de l’environnement.




« Je souhaite mettre à profit la passion d’un réseau d’admirateurs de la nature pour avoir de nombreux observateurs sur le terrain. Car plus on cumule les observations, mieux on connaît les espèces », pense Christophe Blanchy. A terme, la logique voudrait qu’un label soit mis en place. D’où le nom de l’association. « Nous aurons vraiment réussi notre mission le jour où il y aura un label mis en place de type biodiversité. » De nombreux contacts ont d’ores et déjà été pris avec plusieurs institutions monégasques afin de faire connaître l’initiative nouvelle. Ce qui pourrait donner lieu dès 2024 à une exposition photographique dans la galerie du parking des Pêcheurs.




Une richesse naturelle phénoménale
« On veut sensibiliser au sens large du terme afin de faire évoluer les mœurs », défend Christophe Blanchy. Ce que veut aussi montrer l’association, c’est la « richesse phénoménale » de la biodiversité ici. « Il n’est pas incompatible d’être un adorateur de la nature et de vivre dans un univers ultra urbanisé. Il nous faut expliquer cette richesse car à Monaco, il y a plein de choses à faire autour d’espèces parlantes », insiste Christophe Blanchy qui s’occupe depuis 10 ans du suivi du couple de faucons pèlerins qui niche dans la falaise du Rocher.




Durant les prochains mois, l’association va organiser divers événements pour lancer officiellement ses activités via des programmes de sensibilisation, étude et perfectionnement. « En mars, nous avons rayonné sur le littoral pour inventorier les cormorans. Au mois de mai, nous proposerons de venir découvrir les orchidées, littoral et montagne. En juin, nous procèderons à une sensibilisation sur les chamois et bouquetins de nos montagnes. Puis en août et septembre, les oiseaux migrateurs seront mis à l’honneur. Des journées d’observation et d’encadrement seront programmées pour chacun de ces thèmes. Programmes et inscriptions se feront via notre site », prévient Christophe Blanchy. Car il en est convaincu : les choses peuvent et doivent encore être améliorées. Et l’implication du plus grand nombre pour cette quête en reste la plus belle des manières.
Plus d’informations : https://labelbiodiversite.fr/
