Les immeubles traversent le temps mais sont aussi souvent des curseurs qui figent avec beauté les époques passées. Monaco n’échappe pas à cette règle. Parmi les centaines d’immeubles que compte la Principauté, l’Observateur de Monaco en a retenu deux. Par leur aspect, leur histoire et leur construction, ces édifices façonnent le paysage local. Découverte en photos.
Villa Riberi, reine de l’Art-Nouveau – 1908
Monaco regorgeait de ces villas-immeubles, témoignage d’une Belle-Époque vivifiante sur le Rocher. De style éclectique, mélangeant des décors Art-Nouveau et bow-windows (des fenêtres qui s’avancent sur la façade), la Villa Riberi porte le nom de son initiateur Paul Riberi. L’architecte qui l’a conçu au début du XXème siècle, Victor Isouard, s’imaginait-il que sa création offrirait une parenthèse harmonieuse dans un univers de verre et de béton ? En plein cœur du quartier de La Rousse, au 19 boulevard d’Italie, cet ensemble détone dans le paysage très contemporain qu’offrent les mastodontes qui l’entoure. A commencer par la Tour Odéon, réalisation édifiée plus de 100 ans plus tard. Avec la Villa Riberi, c’est une certaine idée pittoresque de Monaco que l’on retrouve. Les inscriptions des deux côtés de la façade « Grand entrepôt d’œufs volailles et fruits » donnent à cet immeuble un savant mélange d’histoire et de mémoire. Avec son toit en croupe et ses aisseliers en bois, la villa de Paul Riberi, qui abrite toujours plusieurs appartements, fait perdurer la flamme patrimoniale de la Principauté.
Villa Ispahan, beauté persane – 1910
Cette œuvre architecturale provient de la volonté du prince iranien Arfa Mirza Riza Khan. Issu d’une éminente famille de politiciens perses, l’homme est avant tout un diplomate. Lorsqu’il s’établit à Monaco en 1910, il fait aussitôt construire cette merveille. On parle alors de la Villa Danichga jusqu’en 1986, connue aujourd’hui sous le nom de Villa Ispahan. Avec ses mosaïques bleues, elle se veut une réplique architecturale de la mosquée d’Esfahan, troisième ville d’Iran, autrefois capitale de l’empire perse. Plus d’un siècle plus tard, au 57 boulevard du Jardin Exotique, la construction sidère le visiteur. Exceptionnellement bien conservée, cette réalisation s’avère typique de l’architecture mauresque de la période Belle Époque sur la Côte d’Azur. Elle se caractérise par ses minarets bleus, sa façade composée de faïences colorées, et ses inscriptions perses. Ajoutez à cela des fresques aux scènes de vie latines parant les murs et des vitraux multicolores filtrant la lumière naturelle. Ainsi que deux arabesques symbolisant le lion solaire, emblème de la Perse impériale, et vous voilà transportez dans l’Iran millénaire en pleine principauté.





