Jusqu’à la fin de l’année 2021, le musée océanographique plonge le visiteur à la rencontre d’espèces emblématiques qui peuplent le plus grand écosystème corallien de la planète, situé en Australie, grâce à une expérience immersive, interactive et collective.
“Par leur importance dans les écosystèmes globaux, les coraux doivent aujourd’hui plus que jamais être au cœur de nos stratégies.” Président d’honneur de l’Institut océanographique, le Prince Albert II décrit avec précision l’engagement de nombreux acteurs locaux en faveur des récifs coralliens. Depuis plusieurs années, pour accompagner les autres initiatives, le musée travaillait à l’élaboration d’une exposition évènement qui aurait dû débuter en avril. Covid oblige, l’exposition a dû être décalée. A la mi-juillet, c’est avec plaisir que l’établissement culturel a ouvert les portes de son premier étage, dans la salle de la Baleine, à ce petit exploit numérique. Immersion est en effet un dispositif multimédia inédit qui a vocation à rendre hommage “à la majestuosité de la Grande barrière de corail en mêlant le spectaculaire et l’engagement, avec un niveau d’interaction démultiplié et un sentiment d’immersion inégalé”. Niché dans l’État du Queensland, au nord-est de l’Australie, cet espace souffre de plus en plus de l’activité humaine et de ses conséquences sur le changement climatique.
“Émouvoir et interroger”
L’exposition s’inscrit dans le cadre du programme thématique 2020 de l’Institut océanographique consacré aux récifs coralliens et est complété par un parcours de visite sur l’intégralité du site, de l’aquarium aux salles patrimoniales. “Nous souhaitons offrir une sélection des plus beaux moments de plongée en un temps record, pour émouvoir et interroger sur le futur de ces écosystèmes en danger”, rapporte Eva Muller, cheffe du service exposition. Une expérience à vivre en trois temps. D’abord avant de pénétrer sur le site de l’immersion. Une chercheuse en biologie marine et guide pour le Great Barrier Reef Marine Park Authority, Kirsty Whitman, apparaît sur écran pour briefer les apprentis plongeurs aux particularités de cet espace sauvage. “Ce lieu appartient à l’humanité entière”, insiste-t-elle.

Après cet éden de vie préservée de l’activité humaine, le public va transiter par un sas où il va prendre conscience des menaces réelles qui pèsent sur le corail
Interactions plus vraies que nature
Il est ensuite temps de se propulser au cœur du récif… sans masque ni tuba! Sur la quasi-totalité du volume de la pièce—10 mètres de haut, 50 mètres de périphérie et 250 m2 au sol—la projection offre un très vaste panorama. Le but étant de provoquer des interactions plus vraies que nature. A l’image de ces barracudas qui se dirigent à toute vitesse vers les visiteurs, ces bénitiers géants qui se referment, ces seiches qui changent de camouflage. L’action des spectateurs est aussi source de mouvement. Par le simple fait d’évoluer dans l’espace consacré, une bioluminescence de plancton est activée, le requin tapis, lui, cherche à se dissimuler avant de se jeter sur une future proie. “Immersion n’est pas qu’une exposition. C’est une véritable expérience immersive au service d’un message de sensibilisation pour la préservation de notre planète bleue et de son incroyable biodiversité”, se réjouit Bernard Reilhac, directeur du développement.
“Un meilleur équilibre entre l’Homme et la nature”
La dernière étape se nomme le sas de décompression. Après cet éden de vie préservée de l’activité humaine, le public va transiter par un sas où il va prendre conscience des menaces réelles qui pèsent sur le corail. Le blanchissement de celui-ci étant une des répercussions les plus flagrantes. La fondation Prince Albert II, le centre scientifique de Monaco autant que les Explorations de Monaco sont mobilisés au côté de l’Institut océanographique dans ce combat de longue haleine. A travers la préservation d’espèces ou le développement d’aires marines protégées. “Immersion marque également un certain renouveau, dans une année tout à fait particulière […]. Beaucoup se demandent quelles doivent être les conséquences de cette crise. Nous participons à cette recherche et souhaitons contribuer à l’émergence d’un meilleur équilibre entre l’Homme et la nature”, souligne pour sa part Robert Calcagno, directeur général de l’Institut océanographique.
