Photographe et voyageur au long cours, Jacques Borgetto a posé son objectif sur ce pays d’Asie pour à la fois en montrer la sérénité, le quotidien et le spirituel, les traditions persistantes et la modernité approchante. Et ce à travers cette immensité du ciel qui « semble évoquer la question du territoire nié, telle une forme de résistance céleste », décrypte le musée de la photographie qui accueille son travail pour plusieurs mois. Le résultat de sept voyages d’une durée de cinq à six semaines engagés depuis 2007. Des moments pendant lesquels il partageait le quotidien des nomades des hauts plateaux et des moines. « Si ces voyages ont toujours été pour lui une expérience spirituelle, ils lui ont permis également de découvrir un peuple exceptionnel, aujourd’hui menacé dans son identité », complète le musée. C’est essentiellement en noir et blanc que Jacques Borgetto, né à Paris mais originaire du Sambuco, petit village du Piémont, s’exprime. « Son noir et blanc semble vouloir exprimer la forte spiritualité du Tibet et, au même temps, la nostalgie pour un monde qui risque, au moins en apparence, de s’effacer lentement sous les contraintes. Mais il semble également traduire la puissance de la pensée bouddhiste, pensée faite réalité, identifiée et identifiable en un pays, qui, seul, semble résister à la violence, aux turbulences et à la globalisation qui régissent le reste du monde », explique Laura Serani, la commissaire d’exposition.
À Nice. Musée de la photographie Charles Nègre, 1, place Pierre Gauthier. Jusqu’au 26 mai 2020 tous les jours de 10h à 18h sauf le lundi. Attention, fermetures exceptionnelles le dimanche de Pâques et le 1er mai. Renseignements : +33 (0)4 97 13 42 20.
