L’orage épidémique de coronavirus s’approche de la région Paca. Au CHPG, on estime que le pic pourrait être atteint entre ce dimanche 28 mars et le mercredi 15 avril. « Notre souci, c’est de savoir si on est suffisamment préparés pour accueillir un certain nombre de patients, explique le docteur Christophe Perrin, chef du service pneumologie. Nous avons eu le temps de nous préparer et d’avoir de nombreux ventilateurs. » Pour ce spécialiste, le confinement décidé en Italie, puis en France et à Monaco nous protège. « Le but du confinement, c’est d’aplanir le pic épidémique de façon à ce que l’hôpital ne soit pas submergé », éclaire le praticien hospitalier.
Masques : deux à trois semaines de stocks
Mercredi, le CHPG a reçu une livraison de 40 000 masques chirurgicaux et 10 000 masques FFP2 provenant de la réserve sanitaire française. « Nous y avons droit car nous sommes intégrés au schéma sanitaire français. Nous sommes donc correctement dotés », estime Benoite de Sevelinges, directrice de l’hôpital monégasque. Cela pourrait représenter deux à trois semaines de stocks en fonction de l’utilisation élargie des masques. Par contre, le CHPG l’assume : il n’y aura pas de dépistage massif. « Il faut tester à chaque fois que c’est nécessaire mais le moins possible. Car sinon, on induit un délai trop long pour obtenir les résultats des gens hospitalisés dont on a besoin de savoir rapidement ce dont ils souffrent », défend Benoite de Sevelinges. « C’est une fausse sécurité le dépistage massif », pense le docteur Christophe Perrin. Trois automates sont déjà positionnés pour effectuer ces tests. « Ce qui manque, ce sont les réactifs. On attend la validation des autorités françaises et européennes prévue entre le 8 et le 15 avril pour cela », répond la directrice du CHPG.
5 soignants du CHPG contaminés
D’autre part, si la chloroquine est bien utilisée au centre hospitalier monégasque, ce produit n’est introduit dans le traitement qu’« après une décision collégiale et multidisciplinaire », insistent les docteurs Perrin et Claessens, chef du service des urgences. « L’efficacité n’est pas démontrée. Les travaux du professeur Raoult donnent une orientation thérapeutique mais ne démontre en rien l’efficacité de ce produit », déclare le docteur Perrin. Il détaille sa vision en évoquant le principe de balance bénéfice/ risque pour le patient. Pour ceux qui présentent peu de symptômes, il y aurait selon lui « plus de risques d’effets indésirables que de bénéfices ». Pour les patients « plus précaires » par contre, recevoir le produit peut être un bénéfice. Mais avec, à chaque fois, « une décision collégiale ». Depuis le début de l’épidémie, on compte dorénavant 5 soignants du CHPG contaminés. Ils sont tous à domicile et suivis par leurs collègues du service ORL (oto-rhino-laryngologie). Huit personnes sont hospitalisées à cause du Covid-19. Dont une personne en réanimation. Au nom du secret médical, le CHPG n’a pas souhaité divulguer ni l’âge ni la situation précise de santé de ce patient. Alors que le CHPG s’apprête à vivre dans les prochains jours le fameux pic épidémique, le docteur Perrin fait sienne les paroles de soignants de l’Est de la France : « Nous sommes au travail pour vous. Donc restez chez vous pour nous ».
