mercredi 15 avril 2026
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    Tournant à l’USM : fin de mandat pour Christophe Glasser

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    C’est un tournant pour l’Union des syndicats de Monaco… Christophe Glasser a décidé de ne pas se représenter au poste de secrétaire général après cinq années de mandat.

    Celui qui est également adjoint au maire de Roquebrune-Cap-Martin nous explique les raisons de ce retrait, et dresse un bilan de douze années passées au sein de cette organisation.

    Vous étiez secrétaire général de l’USM depuis 2016. Vous avez décidé de vous retirer de ce poste et de ne pas vous représenter comme candidat le jeudi 25 mars lors des prochaines élections. Pourquoi avoir fait ce choix après cinq années de mandat ?

    Cela fait 12 ans que j’ai rejoint l’USM. C’était en 2009. J’étais alors en charge de l’accueil et de la gestion des locaux. J’ai ensuite été élu secrétaire général adjoint en 2013, tout comme Olivier Cardot, puis secrétaire général en 2016. J’ai donc eu une belle évolution. Ce fut une expérience très importante et très enrichissante, aussi bien au niveau intellectuel qu’humain. Je suis très attaché à l’USM et j’ai toujours fait mon travail avec sincérité.  Je pense toutefois qu’un certain renouvellement est désormais nécessaire. Je ne veux pas être un secrétaire général qui conserve ce titre uniquement pour rester dans un certain confort. Je ne souhaite pas faire une carrière entière à ce poste et prendre le risque de manquer de lucidité, de m’épuiser, et de devenir, dans quelques années, un mauvais dirigeant. A mon sens, l’USM doit être à l’image de la société, en mouvement.

    Avez-vous des projets personnels qui motivent aussi ce retrait ?

    Je précise tout d’abord que je me retire de la fonction de secrétaire général mais que, pour l’instant, je reste salarié de l’USM. Je vais continuer à conseiller – sur le plan juridique, technique, et organisationnel – plusieurs syndicats, comme c’est le cas aujourd’hui pour les jeux européens, les banques, le CHPG, les personnels de la Direction de l’Aménagement Urbain (DAU), l’Orchestre philharmonique et d’autres.  A 38 ans, j’aimerais également, effectivement, découvrir d’autres horizons et probablement démarrer des projets plus personnels.  En parallèle, je vais continuer à m’investir pour Roquebrune-Cap-Martin, ville pour laquelle j’ai un amour inconditionnel.

    Justement, depuis juillet 2020 vous êtes adjoint au maire à Roquebrune-Cap-Martin, une municipalité de droite (Les Républicains). Cette étiquette politique n’a-t-elle pas été problématique pour les adhérents de l’USM, qui est une fédération plutôt marquée à gauche ?

    Certains syndicats n’appréciaient pas cette ambivalence et considéraient effectivement que je ne pouvais pas cumuler les deux fonctions. D’autres estimaient au contraire que cette étiquette politique n’était pas problématique, du moment que la mairie n’appartenait pas à un parti des extrêmes.   Toutefois, je ne voulais pas créer de conflit et de malaise au sein de la fédération. C’est aussi l’une des raisons pour lesquelles j’ai décidé de me retirer. 

    Avant d’être adjoint au maire, vous étiez déjà (depuis mars 2008) conseiller municipal délégué au sein de cette mairie de droite. Pourquoi, tout à coup, cette appartenance politique a-t-elle pu créer une crispation plus forte ?

    En devenant maire-adjoint, cela prend une dimension supplémentaire. Je deviens véritablement le représentant du maire. Certains rares syndicats n’appréciaient donc pas cette ambivalence. Toutefois, je tiens à préciser une chose. Au-delà de cette étiquette politique, j’ai toujours expliqué aux adhérents de l’USM que je suis avant tout au service de l’intérêt général. Certes, c’est une mairie de droite et l’USM est plutôt marquée à gauche.  Mais à Roquebrune-Cap-Martin, nous menons surtout une politique locale de proximité. En tant que secrétaire général, j’ai également défendu cette politique de proximité au service des salariés.  

    Comment a réagi Olivier Cardot à votre annonce ?

    Je crois qu’Olivier aurait souhaité que je reste secrétaire général car notre binôme fonctionnait très bien. Chacun a beaucoup apporté à l’autre. Bien que nous avions des appréciations différentes sur certains points, nous avons toujours eu une grande complémentarité qui s’est renforcée au fur et à mesure des années.  Olivier représente beaucoup plus l’action de terrain, et à ce sujet il est proactif. J’étais pour ma part davantage axé sur tout ce qui relève de la gestion politique et technique. Nous avons donc formé, à mon avis, un parfait tandem.

    Le 25 mars, lors d’un comité général, Olivier Cardot va présenter sa candidature pour devenir à son tour secrétaire général (voir encadré). Pour le moment il est le seul candidat à ce poste. S’il est élu, que va-t-il apporter selon vous à l’USM ?

    Olivier est quelqu’un de très solide sur lequel on peut véritablement s’appuyer. C’est un combattif. Le seul dirigeant de l’USM présent le 1er janvier 2021 avec les grévistes de l’hôtellerie sur la place du Casino, c’est lui. C’est inscrit dans son ADN.  Olivier est inébranlable tant sur ses convictions que sur sa force de tempérament. J’ai totalement confiance en lui.

    « Plusieurs combats sociaux que nous avons menés avec force n’ont malheureusement pas encore abouti. Je pense au licenciement sans motif, à l’encadrement de l’intérim, ou encore au maintien des retraités à la CCSS. Tout ceci me déçoit bien entendu. Il n’y a toujours pas non plus de législation sur le travail de nuit, ni sur l’encadrement du CDD. »

    Il semble toutefois avoir un caractère plus tranché que le vôtre. Il ne cache pas non plus ses affinités politiques très à gauche : cela ne va-t-il pas crisper et rendre plus difficile le dialogue avec les interlocuteurs monégasques ? 

    Olivier sera peut-être plus craint que moi par nos opposants. Il a parfois une personnalité plus tranchée que la mienne. C’est sans doute vrai. Mais cela permettra aussi aux salariés et aux interlocuteurs monégasques de bien comprendre ce qu’est l’USM. C’est un syndicat qui ne négocie pas la régression sociale et qui ne se laisse pas faire. Il représente sans doute plus que moi l’Union des syndicats.

    Qu’avez-vous apporté à cette fédération syndicale en cinq années de mandat ?

    Sur le plan de l’organisation interne, j’ai essayé de professionnaliser davantage la structure. Je crois que nous avons réussi sur ce point. Nous avons désormais une communication ancrée dans son temps. Nous avons aussi dynamisé nos moyens d’information, notamment en modernisant nos tracts et en lançant l’application USM. Dans un autre registre, j’ai aussi beaucoup œuvré pour renforcer nos liens intergénérationnels avec l’Union des Retraités de Monaco.

    Quels sont les moments marquants que vous retenez de votre mandat ?

    La première chose qui me vient intuitivement c’est le lien très fort que j’ai créé avec de nombreux militants. Puis l’année 2019 qui a été une très belle année d’actions pour l’USM. Nous avons célébré les 75 ans de l’USM avec, a minima, 5000 personnes au Devens. Il y a eu également le premier forum des retraites. Dans le même temps, nous avons réalisé 18 distributions de tracts et trois actions interprofessionnelles. Ce fut donc une année très particulière et chargée en émotions. D’un point de vue plus personnel, je retiens le combat mené en 2013 pour la Single Buoy Mooring. Les salariés touchés par ce premier plan social ont accepté que je sois leur conseil. J’ai dû prononcer un discours devant 800 personnes à l’Espace Léo Ferré. Un moment très intense.  Le dernier combat qui m’a marqué est bien sûr le plan social à la SBM contre lequel j’ai beaucoup œuvré. Une de mes fiertés est d’avoir réussi à recréer l’unité entre les 18 syndicats de ce groupe.

    Cette unité n’a toutefois pas duré très longtemps…

    Il y a eu effectivement à un moment donné des divergences de point de vue. Mais ce fut tout de même historique de rassembler à l’USM ces 18 syndicats sur un délai aussi long. J’ai été l’une des chevilles ouvrières de cette unité qui, selon moi, perdure encore, et laissera des traces très positives.  

    Au niveau des combats sociaux menés par l’USM, avez-vous des regrets ?

    Plusieurs combats sociaux que nous avons menés avec force n’ont malheureusement pas encore abouti. Je pense au licenciement sans motif, à l’encadrement de l’intérim, ou encore au maintien des retraités à la CCSS. Tout ceci me déçoit bien entendu. Il n’y a toujours pas non plus de législation sur le travail de nuit, ni sur l’encadrement du CDD. Actuellement, il y a tout un débat sur l’annualisation du temps de travail qui est une véritable régression sociale.  Le Conseil national vient également de nous saisir pour donner un avis sur la rupture conventionnelle du contrat de travail.  Cela donne le sentiment que les autorités s’affairent bien plus à accrocher un nouveau wagon alors que nous avons sérieusement besoin de remettre à niveau notre locomotive.

    Il y a également un autre constat : vous n’avez jamais réussi à vous entendre avec le syndicat concurrent, la F2SM…

    Selon moi, avoir créé une deuxième fédération syndicale, c’est la division du salariat. J’ai une expérience assez forte dans ce domaine pour être convaincu de ce que je dis.  Au CHPG, il y a par exemple quatre syndicats différents. Lorsque je vois ce que signent les syndicats qui ne sont pas affiliés à l’USM, je me dis que le pluralisme syndical peut être dangereux en dehors d’un seul collectif. C’est la division du salariat. 

    Vous considérez donc que l’USM doit avoir le monopole dans ce domaine ?

    Je ne dis pas ça. Je dis que pour la défense des salariés, la seule chose qui est efficace, c’est d’être représenté par une seule organisation à l’intérieur de laquelle, bien sûr, il y a du débat. On assiste à une régression sociale mondiale. Pour lutter contre cela, il ne faut pas d’un côté une organisation molle et moins chère, et de l’autre une organisation dure et plus onéreuse. Il faut une seule organisation.

    Olivier Cardot USM Monaco
    Olivier Cardot © dr com usm

    « Olivier est quelqu’un de très solide sur lequel on peut véritablement s’appuyer. C’est un combattif. Le seul dirigeant de l’USM présent le 1er janvier 2021 avec les grévistes de l’hôtellerie sur la place du Casino, c’est lui. C’est inscrit dans son ADN. »

    Olivier Cardot, le successeur ?

    C’est un moment important qui se profile demain, jeudi 25 mars, au cours de l’assemblée générale annuelle de l’Union des syndicats de Monaco. A cette date, aura lieu l’élection de la nouvelle direction qui élira ensuite son plus haut dirigeant. Olivier Cardot, actuel secrétaire général adjoint, se présentera comme (seul) candidat au poste de secrétaire général. Bruno Augé et Karim Tabchiche se présenteront quant à eux aux postes de secrétaires généraux adjoints.

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