C’était un secteur florissant, fauché net par la pandémie. Le tourisme est l’un des secteurs les plus touchés par la crise sanitaire. A Monaco, cet été, la clientèle majoritairement européenne, s’est faite, sans surprise, beaucoup plus rare.
La chute du nombre de visiteurs en raison de la crise sanitaire pénalise de très nombreux pays et villes touristiques dans le monde. La Principauté de Monaco ne fait pas exception à la règle… Pour mesurer les dégâts causés par la Covid-19 sur le tourisme cet été, il suffit d’observer les taux d’occupation dans les hôtels qui est, sans surprise, en chute libre. « Sur le mois de juillet, nous avons eu un taux d’occupation de 40% dans les hôtels contre 79% en temps normal. Sur le mois d’août, nous avons eu 56,5 % de taux de remplissage contre 80% habituellement », détaille le directeur du tourisme Guy Antognelli. Malgré ces chiffres en berne, l’homme redoutait un scénario bien plus chaotique : « En juillet et en août, nous avons eu un niveau de fréquentation bien supérieur à celui que l’on craignait au moment du déconfinement », admet-il. Quelques miracles hôteliers ont même eu lieu : sur quelques – très rares – journées au mois d’août, plusieurs hôtels en même temps ont affiché un taux de remplissage au-dessus de 95%…
Le Top 3 européen
Quelle est alors la clientèle qui a fait escale en Principauté cet été ? Sans surprise, elle est majoritairement européenne. Dans le top 3 on retrouve : la France, la Suisse et l’Italie. « Nous avons eu également pas mal de Britanniques jusqu’à ce que la quarantaine soit mise en place », rajoute Guy Antognelli. Restriction de déplacement oblige, la très dépensière clientèle originaire de Russie, du Moyen-Orient et des États-Unis n’était pas au rendez-vous. C’est aussi cette clientèle qui, habituellement, réserve des suites durant l’été.

Pas de Monaco au rabais
Si pour attirer des visiteurs en ces temps de crise, certains pays ont misé sur une baisse des prix dans les hôtels et des promotions, à Monaco, ce n’est pas, selon la DTC, la stratégie qui a été choisie. Certains hôtels ont même augmenté leur prix. « On ne brade pas la destination Monaco, car si l’on casse les prix cette année, la clientèle s’attendra à ce que l’on casse le prix les années suivantes, estime Guy Antognelli. Nous avons la chance d’avoir des groupes hôteliers qui ont conscience de la valeur du “ produit Monaco“. Ils se sont tous alignés sur cette même politique. » Reste à voir comment les hôtels de la Principauté vont vivre ces prochains mois ? Entre les annulations d’évènements en cascade et les conditions de voyage souvent chaotiques, les perspectives ne sont pas très réjouissantes pour l’heure. « The International Air Transport Association (IATA) qui est la fédération mondiale gérant le trafic aérien a des scenarii de reprise du trafic qui vont de 2023 à 2027 », a rappelé Guy Antognelli.
ENTREES/ Le Musée océanographique réalise une belle perf’
Cet été, si vous avez déambulé dans le quartier de Monaco-Ville, vous avez peut-être vu des files d’attente se former pour rentrer dans le musée océanographique. « Cela veut dire que les clients étaient-là », se réjouit Guy Antognelli. Selon ses chiffres, sur la première quinzaine d’août, le musée a enregistré 50 000 entrées contre 60 000 l’année dernière, soit 16% de baisse. Et ce, malgré une jauge limitée à 700 personnes en même temps dans le musée.
ESCALE – Le marché des croisières au point mort
Quand va-t-on revoir des bateaux de croisières faire escale dans le port Hercule ? Ce n’est pas vraiment pour tout de suite… Monaco a en effet interdit sur son territoire les croisières jusqu’au 31 décembre 2020. Quid de 2021 ? Pour l’instant, rien de vraiment sûr d’autant que le véritable début de saison à Monaco dans ce domaine, est en avril. Au-delà de la décision des autorités monégasques d’accueillir, ou non, des bateaux dans son port, ce domaine d’activité est aussi tributaire des compagnies de croisières qui décideront ou non de reprendre les circuits de navigation. « Nous ne sommes donc pas complètement maîtres », précise encore Guy Antognelli.
