C’est son petit-fils Joan Punyet Miró qui a fait la visite guidée de cette exposition éphémère du 23 septembre au 25 octobre 2020. Elle se tient à la Villa Paloma en collaboration avec le NMNM.
Ce jeudi 24 septembre, la Villa Paloma a accueilli le petit-fils du peintre espagnol Joan Miró. Joan Punyet Miró habite Majorque. Il était de passage à Monaco car il a offert une œuvre de son grand-père mise aux enchères pour le Monte-Carlo Gala for Planetary Health organisée par la fondation Albert II de Monaco. Cette initiative familiale symbolise avant tout l’engagement précoce de Miró en faveur de la protection de la planète, qu’il représentait à sa manière dans sa peinture. En 1978, il écrivait d’ailleurs pour expliciter une de ses toiles : « cet arbre est aussi vivant que les animaux. Il a une âme, un esprit. J’ai l’impression d’être une plante. Mes racines sont dans cette terre. La terre, rien que la terre. Quelque chose qui est plus fort que moi. »
Un homme libre
En parallèle de cet événement mondain et caritatif, Joan Punyet Miró et la galerie Gmurzynska, en collaboration avec la succession Miró et la fundación Mapfre ont souhaité regrouper cinquante tableaux, trois sculptures et un bel ensemble de collages et de dessins couvrant toute la carrière de l’artiste catalan. Une exposition imprévue dans le cadre raffinée et élégant de la Villa Paloma qui devrait ravir les amateurs d’un artiste hors du commun, « Catalan international », dont l’œuvre a indiscutablement marqué l’histoire de la peinture. « Je suis né à Majorque, j’ai partagé quinze années de ma vie avec mon grand-père. Lui qui a vécu le pire : la première guerre mondiale, la guerre civile, l’exil en France puis le début de la deuxième guerre mondiale. Il a passé 30 ans à lutter contre Franco. Quand les bombes nazies tombaient, il n’a jamais arrêté de peindre. C’était un homme libre qui luttait pour la liberté », raconte, dans un français parfait, Joan Punyet Miró.
« Assassinat de la peinture »
L’exposition débute sur l’œuvre qui a scellé la rencontre entre Miró et la Principauté. : une huile sur carton peinte en 1932 lors d’une collaboration avec les ballets russes de Monaco intitulée « Jeux d’enfants ». La thématique choisie ici est la peinture au défi. Elle a pour objet d’examiner « l’inlassable persistance de l’artiste à renouveler les moyens de la peinture picturale », détaille le Nouveau musée national de Monaco (NMNM). Raison pour laquelle une sélection d’œuvres plus « radicales » et « moins connues » des années 1960-1970 a été mise en avant. « C’est en 1928 que mon grand-père a entamé un assassinat de la peinture. Au-delà de la peinture figurative, il souhaitait une plongée dans l’action, une peinture plus spirituelle. C’est l’époque d’un Miró plus libre et expérimental », explique son petit-fils. Révolutionnaire, anticonformiste, et précurseur, la peinture de Miró ne laisse en tout cas pas indifférent.






