Révolutionner l’accès au monde de l’art, c’est le pari de la plate-forme en ligne Streetnet. Sans but lucratif, elle vise à offrir aux artistes émergents une vitrine numérique ouverte, sorte d’alternative aux circuits traditionnels souvent fermés aux jeunes talents.
Résidant entre Londres et Monaco, Paul Norman, investisseur immobilier et collectionneur, a fondé Streetnet, une plateforme web vouée à mettre en relation jeunes talents et collectionneurs (1). Lancée il y a deux ans, son initiative s’inscrit dans une volonté claire : rééquilibrer les règles du jeu dans une industrie de l’art pesant 65 milliards de dollars, mais favorisant souvent les artistes établis. Passionné d’art depuis ses 17 ans – âge auquel il a acheté ses premières toiles après avoir économisé tout un été – Paul Norman incarne une nouvelle génération de collectionneurs engagés. « Le talent ne doit pas être freiné par la situation géographique ou les connexions », affirme-t-il. Streetnet se veut ainsi un levier pour rendre le monde de l’art plus inclusif.
Aucune volonté de monétisation
C’est à Jérusalem, lors d’un séjour dans un quartier bohème abritant une résidence d’artistes, que Paul Norman a eu le déclic. « Sur un mur de pierre, des œuvres et les noms d’artistes locaux étaient affichés. J’ai pensé qu’Internet pouvait devenir ce mur, mais avec une visibilité mondiale, sans limite », raconte-t-il. De cette intuition naît Streetnet, une plateforme où les artistes peuvent se présenter, exposer leur travail et être découverts, sans barrières géographiques ni exigences commerciales. Alors que les galeries traditionnelles prélèvent jusqu’à 50 % sur les ventes et sélectionnent des personnes déjà établies, Streetnet se veut ouverte aux plus émergents et ne facture ni les artistes ni les collectionneurs. « Il n’y a aucune volonté de monétiser la plateforme. Le but est de soutenir ceux qui débutent et peinent à obtenir de la visibilité », insiste Paul Norman.
Une plateforme ouverte mais sélective
Toutes les disciplines relatives aux arts visuels peuvent être sélectionnées : peinture, céramique, photographie, verre, etc. Pour être présenté sur la plateforme, l’artiste doit remplir un formulaire sur le site et fournir un portfolio. Les critères de sélection ? La régularité du travail, un bagage théorique (notamment des études en histoire de l’art) et un engagement sérieux dans la pratique artistique. « Nous recherchons des artistes impliqués et avec une démarche authentique », explique le fondateur. Une douzaine de talents sont pour l’heure présentés, basés en France, en Angleterre, en Roumanie ou encore en Amérique latine, avec une certaine prédominance de l’art contemporain. À ce jour, aucune publicité n’a été faite autour du projet, qui avance discrètement mais sûrement avec déjà plusieurs centaines d’abonnés.

