Face à un trafic en constante progression et des infrastructures considérées comme « sous dimensionnées », l’aéroport Nice d’Azur a décidé d’étendre son Terminal 2. Si la promesse est celle d’offrir plus de confort aux passagers, le projet est loin de faire l’unanimité. Les opposants parlent d’un « projet climaticide » et dénoncent les nuisances sonores, la pollution atmosphérique, les nuisances olfactives, le risque d’un tourisme encore plus massif sur la Côte d’Azur et une saturation des routes et des transports en commun. Les professionnels du secteur de l’hôtellerie-restauration, eux, sont ravis. Outre l’augmentation du nombre de clients potentiels, ils y voient un levier essentiel pour renforcer le prestige de la destination Côte d’Azur, et par là-même sa compétitivité.
S’il y a bien un secteur qui se réjouit unanimement du projet d’extension de l’aéroport de Nice, ce sont les professionnels du tourisme et notamment de l’hôtellerie/restauration. Pour eux, l’éventuel développement du trafic aérien permis par l’extension de l’aéroport, représente avant tout une opportunité : l’augmentation de leur volume de clients, qu’il s’agisse de touristes de loisirs ou de voyageurs d’affaires. En réalité, le trafic aérien augmente déjà d’année en année sur la Côte d’Azur et particulièrement depuis l’ouverture des nouvelles lignes aériennes qui a eu lieu en 2024. « L’année dernière, nous avons accueilli de plus en plus de clients en provenance du Moyen-Orient, des États-Unis et de la Chine. C’est bien pour le volume de visiteurs et c’est d’autant plus intéressant pour nous que c’est une clientèle appréciée qui adore la Côte d’Azur et qui a un pouvoir d’achat important. C’est ce que l’on recherche », explique Noël Ajoury, Président de l’Union des Métiers et des Industries de l’Hôtellerie (UMIH) Nice Côte d’Azur.
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Plus de clients, plus d’emplois
Cela va se poursuivre selon lui avec l’extension de l’aéroport, créant au passage de l’emploi direct (au sein même de l’infrastructure) et indirect (dans les hôtels, restaurants, commerces et services annexes). « Si nous travaillons plus, nous embaucherons forcément davantage », explique-t-il, rappelant que l’année dernière, l’aéroport a contribué à hauteur de 5,8 milliards d’euros au PIB du territoire. Des dizaines de représentants hôteliers ont signalé leur enthousiasme dans l’enquête publique, à Nice, mais aussi de Cannes à Menton. « En tant que représentant de tous les professionnels du tourisme de l’Est du département (…), je tiens à exprimer mon soutien au projet d’extension du Terminal 2 de l’aéroport de Nice Côte d’Azur », a par exemple écrit Thomas Laurenti, Président de l’UMIH Menton Roya Riviera. « Au nom de l’ensemble des hôteliers de Cannes et du Bassin Cannois que je représente, je tiens à exprimer mon soutien plein et entier au projet d’extension de l’Aéroport (…), essentiel pour le renforcement de l’attractivité de notre région et pour garantir un essor durable de notre secteur touristique », s’est aussi réjoui Christine Welter, Présidente du Syndicat des Hôteliers de Cannes et du Bassin Cannois.
Améliorer le confort de l’aéroport pour que la destination reste compétitive
Tous s’accordent par ailleurs sur la nécessité d’améliorer la qualité des infrastructures et l’expérience des visiteurs au sein de l’aéroport pour que la destination Côte d’Azur reste compétitive face à la concurrence internationale. « La Côte d’Azur doit se battre en matière touristique contre des destinations beaucoup moins chères et nous devons tirer l’ensemble de l’offre vers le haut, y compris la qualité d’accueil dans notre aéroport, première et dernière vitrine de la Côte », a ainsi noté Michel Tschann, propriétaire de l’Hôtel Splendid à Nice. L’extension et la rénovation du Terminal 2 visent effectivement à améliorer la gestion des flux de passagers, notamment grâce à une circulation plus fluide et à des zones d’enregistrement et de contrôle optimisées. « Vous n’êtes pas sans savoir que la première et la dernière impression d’un séjour se font à votre arrivée et votre départ d’un aéroport », a également souligné Fred Ghintran, Président de la branche restauration au sein de la Fédération Hôtellerie Restauration Tourisme (FHRT) Nice Côte d’Azur, qui dit apporter un soutien « total et indéfectible » au projet d’extension. De son côté, Thomas Laurenti, Président de l’UMIH Menton Roya Riviera, salue l’intégration de technologies de pointe, telles que les systèmes d’enregistrement automatisés, les comptoirs d’enregistrement mobiles et les dispositifs de sécurité intelligents, qui marqueront selon lui « une véritable avancée vers l’aéroport du futur ».
Et le risque de surtourisme ?
A la question y aura-t-il la place dans les hôtels pour accueillir cet afflux supplémentaire de visiteurs ? Noël Ajoury répond oui. « L’été dernier, les hôtels de Nice étaient en moyenne à 95% de taux d’occupation et il est vrai qu’il y a des pics à 100% lors de certains événements, mais il y en a toujours quelques-uns avec de la place. De plus, la région attire de plus en plus d’entrepreneurs et de grandes enseignes hôtelières donc le nombre de visiteurs s’accompagnera probablement d’une augmentation du nombre d’établissements », affirme-t-il. Le représentant départemental de l’UMIH note par ailleurs que la plateforme Airbnb peut s’avérer utile pour compléter l’offre, répondant à un autre type de clientèle. Le risque, c’est peut-être que le surtourisme, du moins la congestion, finisse par affecter la qualité et le cadre de vie, à la fois pour les habitants et pour les touristes.
Mieux répartir les touristes ?
Sur ce point, Noël Ajoury croit à une meilleure répartition des touristes dans la région. « Il n’y a pas que la Croisette, le vieux Nice et le vieux Menton. C’est à nous, spécialistes du tourisme, d’attirer les visiteurs dans des lieux annexes tout aussi intéressants : dans les hauteurs notamment. La Région et l’Office de tourisme qui est d’ailleurs désormais métropolitain, fait beaucoup aussi pour amener les touristes en dehors des sites classiques bondés », explique-t-il. « Avec le projet du nouveau palais des expositions et des congrès qui doit sortir de terre d’ici 2028 au sein de la ZAC Grand Arenas, et les hôtels qui se créent autour, ça va redynamiser cette zone qui était un peu délaissée jusqu’à présent. Il y a aussi de plus en plus d’infrastructures autour du stade de Nice qui était un quartier lui aussi un peu déserté. Tout cela va progressivement permettre une meilleure répartition des personnes sur le territoire », poursuit le représentant de l’UMIH.
Que contiendra cette extension du Terminal 2 ?
• 23 058 m² de surface plancher supplémentaire
• 31 % de surface additionnelle pour les zones embarquement / débarquement de l’aéroport
• Une capacité théorique d’accueil portée à 18 millions de passagers par an (+ 28,5 %)
• 6 portes d’embarquement et de débarquement compatibles Schengen et Non-Schengen permettant des rotations avions simplifiées
• Des passerelles reliant les postes 56 à 58 évitant l’usage de bus de piste
• 36 nouvelles banques d’enregistrement
• 1 tri-bagage supplémentaire
• Les zones dédiées aux Postes d’inspection filtrage et au contrôle des passeports agrandies
• Refonte des commerces Non-Schengen avec la création d’un duty-free et de deux commerces food & beverage
• Création d’un nouveau salon VIP Non-Schengen


