Jusqu’au 31 octobre (1), n’hésitez pas à vous rendre au sein de la rue piétonne rénovée du Stade Louis II. Vous y trouverez une exposition qui met en lumière les premières fois ayant jalonné la vie de cette enceinte sportive depuis son ouverture en 1985 : le premier match de football, le premier défilé de haute couture, les premiers records du monde de natation et d’athlétisme, ou encore le premier concert… Une balade dans le temps et une plongée dans quarante ans de souvenirs.
C’est une immersion en images et en anecdotes dans l’histoire du Stade Louis II. Grâce à des articles de presse, des photos d’archives, des affiches et autres objets prêtés par les différents acteurs de la vie sportive monégasque, l’exposition baptisée Il était une première fois… au Stade Louis II propose une véritable balade dans le temps à travers quarante ans d’événements sportifs, culturels, techniques et institutionnels. Un parcours à la fois chronologique et thématique scénarisé par Ahmad Reshad. « On rentre dans l’histoire du sport, dans l’histoire du Louis II et dans l’histoire de Monaco. Je suis sûr que, quel que soit votre âge, en vous y baladant, vous y trouverez une accroche, un souvenir. Cela va forcément vous remémorer des choses, et vous toucher, explique avec enthousiasme Gérard Holtz, journaliste sportif et commissaire de l’exposition. Certains parents ou grands-parents, en venant accompagner leurs enfants et petits-enfants au sport, vont regarder ces photos et se dire : « Tiens, je suis sur cette photo ! Je me souviens de ce moment.” L’idée c’est vraiment de remonter le temps. »

Le tout premier match de football
Et en quarante ans d’exploitation, les premières fois sont forcément nombreuses. Parmi les moments qui ont marqué les esprits il y a le tout premier match de football. C’était entre l’AS Monaco et le RC Lens le 26 janvier 1985. L’affiche de cette rencontre est présentée au sein de l’exposition. « De mémoire, le résultat a été de 3-0 pour Monaco », indique le journaliste sportif. Sur l’inscription apposée à côté de la photo on peut aussi y lire une anecdote amusante : « Le préposé, n’ayant pas l’habitude de manipuler le tableau d’affichage, a d’abord inscrit le score de 30-0, avant de rectifier, suscitant l’hilarité des 6 386 spectateurs. »

Des légendes mondiales du sport à Monaco
Autres moments mémorables : les exploits sportifs. L’un des plus saisissants a été le record du monde en 1991 du très grand nageur russe (il mesure 2 mètres) Alexander Popov qui a battu le record du monde du 100 m nage libre en grand bassin lors de l’étape monégasque du Mare Nostrum en 48’’21, soit 19 centièmes de mieux que le record établi 6 ans plus tôt par Matt Biondi. En athlétisme, autre record du monde notable : le relais 4 x 100 m du Santa Monica Track Club de Carl Lewis avec Mike Marsh, Leroy Burrell et Floyd Heard en 37.79 ! « C’étaient les meilleurs de l’époque », se remémore encore Gérard Holtz. Dans l’exposition, on peut voir d’ailleurs qu’ils célèbrent leur victoire simplement vêtus d’un slip noir. En 1992, la salle omnisports du Stade Louis II a également été choisie par la Dream Team américaine de basket ball comme site de préparation en vue de la participation aux JO de Barcelone, où elle sera d’ailleurs sacrée championne olympique. C’est ainsi que Magic Johnson ou encore Michael Jordan ont séjourné plusieurs jours en Principauté.



Les évènements extra-sportifs
Le stade Louis II s’illustre aussi par ses événements extra-sportifs. En 2007, il accueille notamment le groupe de rock Muse alors en pleine tournée mondiale. En 2011, c’est au tour des Eagles de se produire à l’occasion du mariage du Prince Albert II et de Charlène Wittstock. Plus récemment, en 2021, la maison de couture Céline y dévoilait sa collection printemps-été. Plus inattendu encore, le stade s’est mué en abri d’urgence. En 2019, pris de court par une mer démontée, 800 croisiéristes en escale à Monaco y ont été hébergés pour la nuit, le temps de retrouver des eaux plus calmes.

Un siège cassé… et dédicacé
Ce siège n’est pas tout à fait comme les autres. C’est le tout premier de la salle Gaston Médecin à avoir été cassé pendant un match de basket. Le match en question ? Une rencontre d’Euroleague 2022 contre l’Étoile Rouge de Belgrade. Si les sièges endommagés lors des matchs de football sont légion, au basket c’est bien plus rare. Pour l’occasion, la Roca Team au complet l’a donc dédicacé, transformant ce siège en souvenir unique.
Histoire : une plaque singulière
Cette plaque commémorative est singulière à plus d’un titre. D’une part parce qu’elle célèbre les 40 ans de l’enceinte sportive, d’autre part car elle a été conçue d’une manière tout à fait particulière. Pour la réaliser, six sièges jaunes ont été broyés puis fondus dans la ville de Crest, ancien territoire du duché de Valentinois, aujourd’hui intégré au réseau des Sites historiques Grimaldi de Monaco.
Vintage : un bout d’histoire dans une vitrine
Cette vitrine rassemble quelques souvenirs emblématiques du Stade Louis II, dont les célèbres panneaux signalétiques d’époque, comme celui indiquant la “Rue piétonne”. On peut encore en apercevoir quelques-uns disséminés dans le stade aujourd’hui. « J’y tiens énormément – comme à mes fameux sièges jaunes. Même si, oui, je sais… bientôt, il faudra tourner la page, et la couleur va changer… », indique Sylvie Bertrand, directrice des lieux. Dans cette vitrine, vous trouverez également des objets plus techniques qui racontent une autre facette du stade : le tout premier système de chronométrage Omega utilisé pour l’athlétisme. En haut, une médaille de l’inauguration de 1985, et un téléphone de sécurité rouge, bien loin des outils numériques d’aujourd’hui, mais emblématique du quotidien du stade à l’époque.
JO : les flammes Olympiques passées par Monaco
Cinquante-six années séparent ces deux flammes olympiques… La première, celle de gauche, date de janvier 1968, dans le cadre des Jeux olympiques d’hiver de Grenoble. A cette date, la flamme olympique traverse Monaco mais sans la famille princière, alors en déplacement pour un rallye en Angleterre. Le prince Albert II s’est largement rattrapé depuis en ayant été relayeur de la flamme à onze reprises et notamment le 18 juin 2024, où la flamme des JO de Paris a fait étape en Principauté accueillie par le souverain la princesse Charlène et leurs enfants, Jacques et Gabriella. Le pilote de Formule 1 Charles Leclerc a été le premier relayeur du parcours.
(1) L’exposition pourrait être prolongée au-delà de cette date.




