Après des années de critiques de la part des supporters et des élus du Conseil national pointant du doigt la vétusté des lieux, un plan de rénovation du Stade Louis II a été initié et se poursuivra jusqu’en 2035, en trois phases. Lionel Beffre, conseiller de gouvernement-ministre de l’Intérieur, a récemment donné les détails de cette très coûteuse et longue restructuration.
Il est le théâtre des grandes heures de l’AS Monaco, et d’autres grands évènements sportifs. Inauguré en 1985, le Stade Louis II, n’échappe pas au poids des années… De nombreux supporters et élus monégasques dénoncent régulièrement la vétusté de cette infrastructure omnisports qui fêtera en 2025 ses 40 ans. Confrontées à des critiques récurrentes et conscientes que l’infrastructure n’entre plus vraiment dans les standards modernes, les autorités monégasques ont finalement mis en place un plan de rénovation en trois phases, étalé sur une décennie. Une première phase, déjà réalisée, a coûté la coquette somme de 90 millions d’euros. Elle a permis la réfection de la piste d’athlétisme, la rénovation du centre nautique, le remplacement de l’éclairage, ou encore la réfection complète de la pelouse.
Tribunes, gradins et buvettes
Une seconde phase de travaux débutera l’année prochaine et se poursuivra jusqu’en 2027. Son coût : 34 millions d’euros. Elle se concentrera sur trois aspects principaux. Tout d’abord, la tribune et les gradins qui seront rénovés pour créer des espaces plus confortables. « Il y aura des espaces grand public, des espaces business et des espaces VIP », a détaillé Lionel Beffre conseiller de gouvernement-ministre de l’Intérieur. En parallèle, les buvettes seront elles aussi totalement repensées. « Les buvettes seront totalement reconfigurées et modernisées pour mettre fin au système un peu hétéroclite que l’on observe aujourd’hui », a-t-il ajouté. Quant aux blocs sanitaires, ils seront « rénovés, agrandis, voire créés ». La raison de cette échéance de 2027 est claire : « Cette année-là, la Principauté accueillera les Jeux des petits États d’Europe, et il faut que le stade soit opérationnel dans cette nouvelle configuration », a encore précisé Lionel Beffre.
Des ambitions jusqu’en 2035
La troisième phase, la plus complexe et la plus coûteuse, s’étendra quant à elle jusqu’en 2035. « Nous sommes sur des sommes beaucoup plus importantes », a prévenu Lionel Beffre sans pour autant préciser de budget. Cette phase impliquera la rénovation des bureaux des fédérations, une mise à niveau de l’accueil du public, la rénovation des célèbres arches mais aussi des locaux dédiés aux amateurs. Au-delà de ces trois grandes phases, des travaux de maintenance réguliers sont nécessaires. « Ces travaux de maintien en condition sont aujourd’hui évalués à environ 42 millions d’euros. Ils concernent la plomberie, les écrans géants, la rue piétonne intérieure, la gestion technique centralisée, la mise à niveau du réseau de contrôle d’accès, ou encore les PC sécurisés », a-t-il précisé.
Activités : un manque d’animation et de foodtrucks autour du stade Louis II
Outre la vétusté du Stade Louis II, un autre problème est régulièrement pointé du doigt par les supporters : le manque d’animation autour de l’enceinte sportive. On est effectivement très loin de l’effervescence qui règne autour des grands stades. L’élu du Conseil national, Mikaël Palmaro a pointé du doigt ce déficit de vie. « Bon nombre d’abonnés se plaignent du manque d’activité autour du stade. J’ai bien conscience que contre des matchs où il y a beaucoup de spectateurs, comme la venue de l’Olympique de Marseille ou du Paris Saint-Germain, c’est compliqué pour des raisons de sécurité que je partage. En revanche, il y a un déficit au niveau des matchs contre des clubs moins prestigieux », a-t-il affirmé. L’une des activités que les supporters plébiscitent ce sont notamment les foodtrucks. Ce concept de restauration nomade est pour l’heure inexistant aux abords du stade. « Le gouvernement n’est pas opposé dans son principe à cette installation de food trucks, mais il faut que quelques conditions soient remplies », a précisé Lionel Beffre. Selon le gouvernement, trois contraintes principales doivent être prises en compte. « D’une part, respecter la libre circulation des spectateurs sur les trottoirs, surtout lorsqu’ils sont agglutinés lors des matchs. Deuxièmement, respecter les zones de filtrage et les zones de sécurité, et troisièmement, respecter les emprises liées aux retransmissions télévisées. » Dernier point : il ne faudrait pas que les foodtrucks en extérieur concurrencent les buvettes qui seront prochainement rénovées.



