Le 25 janvier 1985, le prince Rainier III inaugurait le Stade Louis II, symbole d’un pari audacieux : construire un stade omnisports sur une terre artificielle gagnée sur la mer. Retour en images et en anecdotes sur l’histoire de cette enceinte sportive.

Le Stade Louis II ne se résume pas à un simple terrain de football et à une piste d’athlétisme. C’est un véritable vaisseau multifonctions. Érigé sur trois hectares — soit 14 % du terre-plein de Fontvieille —, il a mobilisé, il y a quarante ans, 40 mois de travaux et un investissement de 594 millions de francs. Le résultat ? Une structure de 145 000 m². Mais au-delà de son implantation sur la mer, une autre singularité le distingue. À une époque où les stades tendent à devenir des arènes de plus en plus commerciales, le Louis II fait figure d’exception. Il reste fidèle à sa mission originelle : être une enceinte omnisport, capable d’accueillir du football, bien sûr, mais aussi du judo, de la natation, de l’escrime ou encore du basket.
« Le prince Rainier III disait qu’il n’y avait pas que le foot dans la vie. Lorsqu’il a fait détruire l’ancien stade pour en construire un nouveau, il voulait laisser de la place aux autres disciplines, rappelle Gérard Holtz, journaliste sportif. Aujourd’hui, la plupart des stades sont des enceintes dédiées à un seul sport et conçues aussi pour y accueillir des concerts par exemple. Le Stade Louis II, lui, a résisté à cette tendance. Il est resté un véritable stade omnisport, fidèle à sa vocation première. » En plus d’une vocation sportive, le Louis II a également la particularité d’accueillir des locaux administratifs, universitaires et commerciaux. « Il a été conçu avec plusieurs niveaux de parkings et des bureaux tout autour. En somme, c’est une véritable ville dans la ville », poursuit Sylvie Bertrand, directrice des lieux.
Une restructuration étape par étape
Pour autant, le temps a fait son œuvre. Et l’état du Stade Louis II après 40 ans d’existence mérite clairement une restructuration d’envergure. Celle-ci est déjà en cours depuis plusieurs années. « Cet été, les choses vont commencer à se voir, assure encore Sylvie Bertrand. Le stade va conserver son enveloppe extérieure, on ne prévoit pas de l’agrandir. L’agrandissement se fera plutôt de l’intérieur, en repoussant un peu les murs pour gagner de l’espace. Cela impliquera de prendre un peu sur les places de parking. Le stade restera donc tel qu’il est en termes de surface. Il occupe déjà 3 hectares au sol, ce qui est conséquent. » Une démolition du stade n’était dans tous les cas pas une option envisageable « car cela créerait un grand vide pour la population et poserait des problèmes pour toutes les compétitions. C’est pourquoi on restructure progressivement, de l’intérieur, morceau par morceau. Concernant les tribunes, nous procéderons de la même manière que cela a été fait dans d’autres stades, comme à Marseille. Au stade Vélodrome, les rénovations ont été effectuées tribune par tribune. Nous ferons la même chose au Louis II. »




