Après plusieurs décennies de recherche, la SPA monégasque a enfin trouvé un terrain à Saint-Martin de Peille pour espérer bâtir un nouveau refuge et accueillir les animaux abandonnés de Monaco et des environs. Deux ans de travaux seront nécessaires.
«On croise les doigts ! On ne sera rassurés qu’une fois le projet réalisé ! ». Ils ont connu tellement de déconvenues que les membres de la SPA ne se réjouiront que lorsque le nouveau refuge sera bel et bien construit… Après des décennies de recherche, un terrain a enfin été trouvé pour espérer bâtir le nouvel abri qui accueillera les animaux abandonnés de Monaco et des environs. Ce sera à Saint-Martin de Peille, à une vingtaine de minutes en voiture de la Principauté. Sauf coup d’arrêt dans la procédure d’obtention de l’autorisation de construire — ou autre chamboulement inattendu — les travaux devraient débuter à l’automne 2021 pour une ouverture espérée mi-2024. « Le gouvernement et le Conseil national ont bien voulu accorder les crédits et les moyens techniques pour que le projet soit réalisé, indique avec le sourire Jean-Michel Manzone, le secrétaire général de la SPA. C’est un beau projet d’architecte qui s’intègrera parfaitement dans la nature. »
Une cinquantaine d’animaux
Pour choyer au maximum ces animaux, la capacité d’accueil a été volontairement limitée à une cinquantaine de chiens et chats. De plus, étant donné que les communes limitrophes ont désormais l’obligation d’avoir un service de fourrière pour prendre en charge les animaux errants sur la voie publique, la SPA monégasque n’accueillera que les chiens et chats abandonnés par leurs propriétaires.
Sauf coup d’arrêt dans l’autorisation de construire, les travaux devraient débuter à l’automne 2021 pour une ouverture espérée mi-2024
Plusieurs étapes en amont
Pour pouvoir construire ce refuge pour animaux, de nombreuses étapes complexes ont dû être franchies en amont. Tout d’abord, obtenir l’aval de l’architecte des bâtiments de France (autorisation d’ores et déjà obtenue). Deuxième étape, encore en cours : obtenir un avis favorable de la Commission régionale de protection du patrimoine naturel. Pour cela, la SPA monégasque a fait appel à plusieurs bureaux d’études. Objectif : que ceux-ci diligentent toutes les études nécessaires pour évaluer l’impact du projet sur la faune et flore du terrain convoité. « Il s’agit d’une étude très poussée à mener sur plusieurs saisons compte tenu des floraisons et des nidifications. Dans la région, il y a notamment la nivéole de Nice qui est une plante très protégée. Il y a également un certain nombre d’animaux qui vivent sur le terrain et qui ne peuvent pas être déplacés. » Selon les membres de la SPA, le verdict pour l’autorisation de construire est attendu pour fin juillet, (sous réserve, bien sûr, de l’avis positif de cette Commission régionale du patrimoine naturel.)

« Nous avons étudié une quinzaine de sites »
Mais avant de trouver ce site à Saint-Martin de Peille, les membres de la SPA ont connu un véritable parcours du combattant… Une quinzaine de terrains potentiels avaient en effet été trouvés et étudiés, au fil des ans, sans jamais aboutir. Les causes ? Refus de maires, terrain non constructible, ou encore problèmes de voisinage… « Pour pouvoir construire un refuge pour animaux, il faut réunir beaucoup de conditions : que le maire soit d’accord, ainsi que le conseil communal. Il faut également que le terrain soit accessible par voirie, constructible, et viabilisable, énumère Jean-Michel Manzone. Pour éviter les problèmes de voisinage et de nuisances sonores, on veille également à ce qu’il n’y ait pas d’habitation à moins de 200 mètres autour du refuge. Il peut y avoir aussi de la faune et de la flore à protéger ainsi que des caractéristiques géologiques défavorables au niveau du terrain. » Ce combat pour construire un nouveau refuge, la SPA monégasque le mène depuis déjà plusieurs décennies.
« Pour construire un refuge, il faut que le maire soit d’accord, et que le terrain soit accessible par voirie, et constructible. Pour éviter les problèmes de voisinage, on veille également à ce qu’il n’y ait pas d’habitation à moins de 200 mètres autour du refuge »
Projets abandonnés
Le premier projet étudié date en effet de 1972, au Mont Gros, sur la commune de Roquebrune-Cap-Martin. Dix ans plus tard, en 1983, c’est le Fort de la Revère au-dessus du village d’Èze qui, grâce à l’implication du Prince Rainier III aurait pu servir de terrain. Mais là encore, le projet a dû être abandonné. « Nous avions obtenu un accord, mais cela n’a pas abouti car il s’agissait d’un établissement militaire. L’armée a donné son accord mais uniquement pour un bail précaire d’un an… », se remémore encore Jean-Michel Manzone. Plus récemment, c’est à Blausasc que la construction du refuge avait été envisagée, mais le prix et les conditions d’achat de ce terrain agricole avaient été qualifiés de « délirantes » par le gouvernement lui-même. Face à ces obstacles multiples, la piste monégasque avait même été étudiée.
Un projet de chenil urbain à Monaco
« Nous avions fait appel à des architectes anglais spécialistes dans la conception et réalisation de chenils urbains intra-muros. En Angleterre, il y en a eu plusieurs. Nous avions trouvé un terrain du côté du Jardin exotique, derrière le musée d’anthropologie. Ce sont des refuges fermés, généralement situés dans des immeubles. » Mais les coûts de construction étaient, là encore, trop importants. Entre 4 à 5 millions d’euros selon les membres de la SPA. « Tous ces projets ont demandé un véritable acharnement de la part du conseil d’administration qui a beaucoup de mérite de ne pas avoir lâché l’affaire… », conclut avec le sourire Pierre Verdino, le directeur du refuge L’abri à Èze. Cette ténacité va-t-elle (enfin !) payer ? Réponse dans les prochaines semaines…
