jeudi 16 avril 2026
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    Animaux abandonnés Le combat acharné de la SPA
    pour trouver un nouveau refuge

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    Pendant plus de 40 ans, à l’initiative de la Princesse Antoinette, la SPA de Monaco s’est battue sans relâche pour qu’un nouveau refuge pouvant accueillir chiens et chats abandonnés de la Principauté et des villes avoisinantes soit construit.

    Un long parcours du combattant émaillé par des conflits de voisinage dès les années 70, des refus successifs de maires, de conseils municipaux et des difficultés à trouver un terrain adapté. Heureusement, une piste concrète a enfin été trouvée : la future SPA monégasque pourrait être construite à Saint-Martin de Peille.

    Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils ont fait preuve d’une redoutable ténacité… Pendant plus de 40 ans, à l’initiative de la Princesse Antoinette, les bénévoles et les salariés de la Société Protectrice des Animaux et Abri de Monaco ont mené un combat sans relâche : celui de trouver un nouveau refuge pour abriter, dans des conditions dignes, les chiens et les chats abandonnés de la Principauté et des villes limitrophes. Car à la suite de nombreuses années — voire décennies — de fonctionnement, l’actuel refuge baptisé L’abri, situé sur la commune d’Èze, était devenu totalement vétuste. Comment en est-on arrivé à un point de dégradation et de saturation tel, qu’il a été longtemps impossible d’accueillir sur place des visiteurs et des familles adoptantes ? Les raisons sont multiples…

    Spa Monaco plaque
    © Sabrina Bonarrigo / L’Observateur de Monaco

    Durant de longues années, le refuge était donc plein à craquer du 1er janvier au 31 décembre. « Nous avons accueilli parfois jusqu’à 120 chiens et 75 chats en même temps »

    Un refuge plein à craquer toute l’année

    Tout d’abord, durant de nombreuses années, le refuge monégasque était la seule et unique structure entre Menton et Nice, ainsi que dans tout l’arrière-pays. « Nous étions les seuls et nous avons eu durant longtemps une double fonction : celle de refuge pour animaux abandonnés amenés par les anciens propriétaires, mais aussi une mission de fourrière pour animaux errants récupérés sur la voie publique, indique Pierre Verdino, directeur du refuge, et salarié de la SPA depuis 38 ans. C’est ce qui a entraîné un remplissage automatique de l’établissement. Il nous est même arrivé d’accueillir des oiseaux de la faune sauvage. Mais cette activité a dû être arrêtée car elle était très difficile à gérer. » Durant de longues années, le refuge était donc plein à craquer du 1er janvier au 31 décembre… Des chiffres « affolants » de remplissage étaient atteints. « Nous avons accueilli parfois jusqu’à 120 chiens et 75 chats en même temps », confirme ce salarié de la SPA. Des chiffres qui sont d’autant plus saisissants lorsqu’on les compare aux actuels. « Aujourd’hui, les chiffres varient en permanence car il y a beaucoup d’arrivées et de départs tout au long de l’année, mais je dirais que le refuge abrite aujourd’hui une trentaine de chiens et autant de chats », explique encore Pierre Verdino.

    Obligation d’un service de fourrière dans les communes limitrophes

    Comment expliquer alors que le nombre d’animaux recueillis ait été drastiquement réduit aujourd’hui ? Les raisons sont, là encore, multiples. Auparavant, les communes limitrophes n’avaient pas l’obligation d’avoir une activité de fourrière pour animaux errants. C’est désormais le cas depuis une poignée d’années. Une loi oblige toutes les communes, soit à payer une société privée qui fasse le travail de fourrière 24H/24, et ce toute l’année, soit à créer leur propre service de fourrière. Bien que toutes les communes limitrophes ne jouent pas le jeu, cette obligation légale a considérablement allégé la charge de la SPA monégasque et le nombre d’animaux accueillis au refuge. Autre raison avancée : le nombre d’adoption a explosé (106 en 2020 contre 15 l’année précédente) grâce notamment à une communication plus intense de l’association sur les réseaux sociaux.

    Spa Monaco personnel
    MEMBRES — Pierre Verdino, directeur du refuge L’abri, Alain Leclercq, trésorier de la SPA
    et Jean-Michel Manzone, secrétaire général de la SPA. © Sabrina Bonarrigo / L’Observateur de Monaco

    « Les conditions d’isolation thermique et phonique n’étaient pas optimales, mais nous nous sommes toujours occupés au mieux des animaux. Nous avons fait en sorte qu’ils soient toujours bien nourris, et bien soignés. Je ne pense pas qu’ils en aient souffert »

    Impossibilité de faire des travaux de rénovation

    Au-delà de la saturation du lieu, comment expliquer que le refuge se soit peu à peu grandement dégradé avec, entre autres, des problèmes d’isolation, phonique et thermique ou encore des dalles endommagées ? « Sur les 15 dernières années, nous n’avons pas pu effectuer de travaux notables pour maintenir le refuge à niveau », résume Jean-Michel Manzone, secrétaire général de la SPA. Le problème remonte aux années 1975.  « Nous avons commencé à avoir des problèmes de voisinage avec une villa voisine, qui a été construite avant l’arrivée du refuge. Ces voisins se plaignaient des nuisances sonores. Pour couper court à cette problématique, nous avons racheté cette propriété — la villa Baronne — de 180 m2 avec un terrain d’environ 2 000 m2. »

    Nuisances sonores et problèmes de voisinage

    Problème : d’autres propriétaires sont ensuite venus s’installer autour du refuge L’Abri. Probablement car les prix des terrains étaient plus avantageux… Bien que ces nouveaux propriétaires se soient installés en connaissance de cause, ils ont commencé, à leur tour, à se plaindre du bruit. Notamment auprès du maire. « De sorte que, petit à petit, la mairie a été réticente à nous donner des autorisations pour effectuer des travaux d’entretien. Car effectuer ces travaux étaient peut-être le signe que nous allions rester sur ce site pour du long terme… Or, le voisinage autour du refuge n’avait qu’un but : celui de nous voir partir », rajoute Jean-Michel Manzone. Ainsi, les années sont passées et le refuge s’est grandement dégradé.  « Jusqu’à un point tel qu’il devenait délicat de recevoir des personnes sur place pour l’adoption. »

    « Une situation qui n’était plus admissible »

    Mais il y a un peu plus d’un an, la situation s’est enfin décantée, et des travaux de rénovation ont pu enfin être effectués… « Le gouvernement monégasque a pris conscience que nous étions dans une situation qui n’était plus admissible. Madame le conseiller Marie-Pierre Gramaglia, a pris la peine de venir sur place pour constater elle-même la situation. Elle a obtenu, et le Conseil national a bien voulu jouer le jeu, le vote des crédits utiles pour que des travaux d’urgence et de remise en état soient effectués. Le Service de maintenance des bâtiments publics (S.M.B.P.) est intervenu pour faire réaliser ces travaux. Depuis un an, les familles peuvent donc revenir car l’état du refuge s’est amélioré. » Comment expliquer que, tout à coup, des travaux aient été autorisés au sein du refuge alors que pendant des décennies, rien n’a été fait ? Selon les membres de la SPA, il est possible que le maire d’Èze ait pu accepter ces travaux lorsque l’édile aurait eu la confirmation que le refuge allait bel et bien déménager ailleurs à brève échéance… Ces récents travaux vont en tout cas permettre de tenir deux années supplémentaires selon l’association. Le temps nécessaire pour construire le nouveau refuge à Saint-Martin de Peille, sauf coup d’arrêt dans l’actuel déroulement de la procédure d’autorisation de construire, ou autre chamboulement inattendu.

    Les animaux ont-ils souffert au refuge d’Èze ?

    Si aujourd’hui les conditions d’accueil du refuge situé à Èze sont acceptables, ce n’était pas le cas durant de très longues années. Les animaux abrités ont-ils alors souffert dans cet abri ?  « Les conditions d’isolation thermique et phonique n’étaient pas optimales, mais nous nous sommes toujours occupés au mieux des animaux. Nous avons fait en sorte qu’ils soient toujours bien nourris, et bien soignés. Ils ont toujours bénéficié de soins vétérinaires illimités. Je ne pense pas qu’ils en aient souffert », estime Jean-Michel Manzone. Concrètement, comment est conçu ce refuge ? Une partie du chenil est abritée avec une toiture. Une autre partie est à ciel ouvert avec une délimitation grillagée. Les chiens peuvent sortir dans cet espace délimité quand ils le souhaitent dès 7h30 du matin, jusqu’à 18h. Ils sont ensuite abrités dans des box pour la nuit, avec une gamelle et une couverture. « On les borde, assure Pierre Verdino, le directeur du refuge. Dans chaque box, soit les chiens sont seuls, soit à deux, quand ils s’entendent bien. On essaie de faire les bons mariages. » Malheureusement, la Spa de Monaco a été expropriée d’une partie de son terrain lorsqu’il y a eu la construction du tunnel descendant. L’aire d’ébat dans laquelle les chiens pouvaient être lâchés a donc disparu. Les membres de la SPA compensent ce manque d’espace par des sorties en laisse les après-midis.

    La Spa en chiffres

    Salariés : 5

    C’est le nombre de salariés (directeur du refuge compris) que compte L’abri à Èze. Un nombre indispensable pour assurer un travail annuel de qualité. Une présence en permanence sur place est nécessaire y compris les week-ends et les jours fériés.

    Subvention : 75 000 euros

    C’est le montant de la subvention annuelle versée par le gouvernement monégasque à la SPA. Celle-ci sert à payer le personnel et ce qui relève de l’administratif. Le reste est financé par des cotisations et des dons.

    Frais d’adoption : de 160 à 250 euros

    C’est le montant moyen des frais d’adoption : 160 euros pour un chat et 250 euros pour les chiens, compte tenu de la visite vétérinaire préalable et des vaccinations.

    Adoption : 106

    C’est le nombre d’adoption qui ont abouti en 2020. Ce chiffre a explosé puisqu’en 2019, la SPA n’a enregistré que 15 adoptions du fait d’une meilleure communication sur les réseaux sociaux.

    Durée : 1 mois

    Selon l’association, un animal reste en moyenne un mois maximum au sein du refuge.

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