Parce que « Monaco n’échappe pas à la crise énergétique », le gouvernement a pris des mesures d’économies similaires à la France. Via notamment la mise en place d’un bouclier tarifaire pour aider particuliers et entreprises à supporter les augmentations à venir.
Face à la hausse spectaculaire des prix de l’énergie, le gouvernement monégasque a décidé d’instaurer au 1er janvier 2023 – pour un an – un bouclier tarifaire en limitant l’augmentation des prix de l’électricité à 15% pour les particuliers et les petites entreprises (tarif bleu). Pour les entreprises bénéficiant du tarif jaune, ce bouclier sera de 35%. Enfin pour les tarifs verts – les plus gros consommateurs d’énergie à Monaco, dont l’administration ou la Société des Bains de Mer (SBM), le bouclier sera de 45%. « C’est un effort important. Sinon, il faudrait miser sur une augmentation de + 75% en moyenne, prévient Pierre Dartout, ministre d’État. Cette crise nous oblige à procéder à de nombreuses mesures avec deux objectifs difficiles à concilier : protéger les résidents et les entreprises pour réduire l’impact de leur facture énergétique tout en ménageant les finances publiques. » Le bouclier tarifaire n’entrera en vigueur qu’en 2023 car la Société Monégasque de l’Électricité et du Gaz (SMEG) avait réussi à sécuriser son approvisionnement en électricité en 2022. Toutefois, lors de sa mise en place en début d’année prochaine, ce bouclier tarifaire aura un coût d’un peu moins de 30 millions d’euros pour l’État monégasque.
Pas de patinoire cette année
Cette annonce était aussi l’occasion pour le ministre d’État Pierre Dartout, accompagné de Céline Caron-Dagioni, conseiller de gouvernement – ministre de l’Équipement, de l’Environnement et de l’Urbanisme, de présenter son plan de maîtrise de la consommation d’énergie. « Notre but est bien sûr d’aboutir à une baisse. Il est contraignant pour l’administration, qui doit faire preuve d’exemplarité, et incitatif pour les entreprises », précise Pierre Dartout. La sobriété énergétique passera donc par une stabilisation de la température du chauffage à 19 degrés avec une tolérance d’un à deux degrés (hors Centre hospitalier princesse Grace et écoles). Mais aussi par une extinction de l’éclairage des bâtiments publics et des abribus dès 22h. Le gouvernement appelle aussi à la fin des éclairages des enseignes commerciales dès 23h. Autre décision symbolique : celle de ne pas offrir de patinoire cet hiver à la place du stade nautique. « La mairie la remplacera par une piste de roller. Nous avons aussi demandé à la SBM de ne pas réaliser la patinoire envisagée sur la place du Casino », souligne Céline Caron-Dagioni. « Nous devons être collectivement conscients des efforts à faire. C’est une situation de crise. Nous ne sommes pas isolés », insiste Pierre Dartout.
Restriction pour les illuminations de Noël
Le conseiller Caron-Dagioni appelle tout simplement au bon sens en éteignant l’éclairage quand on n’est pas dans une pièce, renoncer aux très énergivores radiateurs d’appoint, éteindre les appareils en veille, favoriser la mobilité douce, acheter du matériel sobre en énergie. « Le bon sens, ce n’est pas la panique. Nous sommes préparés mais il faut que tout le monde y mette du sien », ajoute Pierre Dartout. Enfin, l’ultime décision concerne les illuminations de Noël. La moitié d’entre elles sera éteinte à partir de 23h. Pour l’autre moitié, comme elles sont branchées sur l’éclairage public, il n’est pas possible de les éteindre. Une dérogation a été accordée à la SBM qui pourra illuminer la façade du casino les 24 et 31 décembre 2022 jusqu’à 2 heures du matin. Aucun objectif de baisse n’a été relevé par le gouvernement. « Nous pensons déjà qu’avec ces premières mesures, il n’est pas nécessaire d’en prendre davantage », conclut le ministre d’État.
